8 juillet, 2009

08. L’autonomie

Classé dans : — unpeudetao @ 21:05

 

 
L’autonomie est une condition de maturité spirituelle. En réalité, ce qui a empêché par le passé des pays comme le Québec ou comme ceux de l’Europe de l’Est
d’atteindre l’indépendance, c’est le manque de confiance en eux-mêmes des citoyens, un manque de maturité spirituelle qui leur eût permis de prendre pleinement
leur vie en main. L’autonomie ne devient une réalité politique que lorsqu’elle est déjà installée au cœur des citoyens et qu’elle se traduit spontanément
par une prise de position exprimant cette attitude. Le Cœur spirituel est le lieu de l’autonomie. Ce n’est qu’après coup que celle-ci s’incarne dans des
coutumes, des manifestations des engagements ou des institutions publiques. Et cela ne peut se faire que dans la non-violence. Car on ne peut être mûr
en vivant ou en se battant contre quelque chose. La maturité n’est pas dans l’émotivité et la passion. En effet, si l’on devient autonome comme groupe,
ce n’est pas pour conquérir, écraser ou exterminer ceux du dehors.

 
Comme la liberté, l’autonomie évolue sur une corde raide. On perd son autonomie dès qu’on cède à ses instincts et passions, car la véritable autonomie c’est
être libre de toutes les forces qui empêchent d’être à l’écoute du Cœur. On ne déclare donc pas son indépendance pour faire à d’autres ce que nos colonisateurs
nous ont fait. La véritable autonomie mène naturellement vers la paix, vers un commerce pacifique avec les autres nations autonomes. Entre personnes, les
relations dominant/dominé menacent la croissance spirituelle, de même qu’entre une personne et un groupe qui soumet, materne et étouffe. Ces attitudes
vont à l’encontre de la croissance puisque toute croissance passe nécessairement par l’acquisition de l’autonomie, et de celle-ci à l’union avec plus grand
que soi. Jamais cela ne peut être une interdépendance, une dépendance de l’un vis-à-vis de l’autre, seulement une relation dans la liberté et l’égalité.
La vraie fraternité, c’est dans l’autonomie de chacun des frères qu’elle se pratique. Autrement, la liberté et l’égalité ne sont que des bruits de drapeaux
dans le vent.

 
Si l’autonomie individuelle demeure la condition pour qu’un individu soit vraiment libre, c’est aussi la vraie condition de la liberté d’un peuple. Cette
liberté devenant ensuite le socle permettant une véritable union avec d’autres peuples. Mais l’union entre nations ne suppose pas que l’on s’embrasse.
En fait, le vrai amour entre personnes n’exige même pas qu’on passe son temps à s’embrasser et il ne s’exprime pas que par le baiser ou le « je t’aime ».
Il s’exprime par le fait qu’on reconnaisse à l’autre le droit de vivre, de s’exprimer, de s’habiller, de penser comme il l’entend, et qu’à travers cette
reconnaissance on soit complètement en faveur de l’autre, de son aventure, de son destin, de son bonheur.

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