18 décembre, 2011

Noël, Paul Verlaine

Classé dans : — unpeudetao @ 10:18

 

Petit Jésus qu’il nous faut être,
Si nous voulons voir Dieu le Père,
Accordez-nous d’alors renaître

 

En purs bébés, nus, sans repaire
Qu’une étable, et sans compagnie
Qu’un âne et qu’un bœuf, humble paire ;

 

D’avoir l’ignorance infinie
Et l’immense toute-faiblesse
Par quoi l’humble enfance est bénie ;

 

De n’agir sans qu’un rien ne blesse
Notre chair pourtant innocente
Encor même d’une caresse,

 

Sans que notre œil chétif ne sente
Douloureusement l’éclat même
De l’aube à peine pâlissante,

 

Du soir venant, lueur suprême,
Sans éprouver aucune envie
Que d’un long sommeil tiède et blême…

 

En purs bébés que l’âpre vie
Destine – pour quel but sévère
Ou bienheureux ? – foule asservie

 

Ou troupe libre, à quel calvaire ?

 

Paul Verlaine (1844-1896).

 

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