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12 avril, 2012

Notre-Dame au Calvaire, Arnoul GRÉBAN

Classé dans : — unpeudetao @ 19:22

 

Mon fils, mon fils, je veux vous supplier,
mon doux enfant, mon bienheureux loyer,
est-ce bien fait de sa mère oublier

 

en telle manière ?
Regardez-moi, fils, je vous fais prière :
reconnaissez votre mère très chère
qui, pour vous, fait si très dolente chère

 

en pleurs piteux !
Jésus, mon fils, mon enfant gracieux,
mon ornement, mon trésor précieux,
va-t-il falloir nous départir tous deux

 

que mort nous lie !
Tout un sommes, vous ne l’ignorez mie :
un corps, un sang et une même vie
par une même mort requiert être ravie.

 

Ainsi sera :
fasse la mort du pis qu’elle pourra,
pende ton corps si haut qu’elle voudra,
ja séparer de toi ne me saura ;

 

c’est chose vaine !
Si ton corps pend en cette voie hautaine,
mon âme y pend par pitié qui m’y mène,
et n’as sur toi plaie tant soit gravaine

 

que je ne sente !

 

Fils bienheureux, fils charmant, fils aimé,
fils gracieux de vertus animé,
de tous vivants mortel le mieux formé,

 

ô beauté pure,
choix des humains, fleur de toute nature,
riche joyau, parfaite pourtraicture,
regard tant doux, très bénigne stature,

 

face sacrée,
face adorable et d’amour éclairée,
que te voilà, hélas ! défigurée,
blême des yeux, toute de sang pourprée !

 

Est-ce donc vous ?
Voyez mon deuil, mon tristable courroux :
sous votre croix dolente et à genoux,
fils, de vos yeux tant précieux et doux

 

regardez celle
qui vous conçut, pure vierge et pucelle,
qui vous nourrit de sa tendre mamelle,
donnez regard à sa douleur mortelle,

 

ô mon Jésus !

 

Arnoul GRÉBAN (vers 1420-1471).

 

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