1 février, 2017

Novembre, Jean LE SAGE

Classé dans : — unpeudetao @ 17:03

Sur les bois roux, sur les champs nus

Le ciel pleure, tout fait silence !

L’oiseau, vers des bords inconnus,

Vers le soleil, fuit, – et je pense

Aux jours d’avril, aux jours joyeux,

Aux chansons des vertes futaies,

Aux moissons d’or sous les beaux deux,

Aux doux nids cachés dans les haies.

Tout le long des jours et des nuits

Devant l’âtre où la flamme danse,

Les vieux tisonnent leurs ennuis,

Leurs rêves d’antan, – et je pense

À ma jeunesse, à mon amour,

À mes espoirs, si bleus, si roses,

À mon cœur donné sans retour,

À tes yeux, à tes lèvres closes.

C’est novembre, le temps des pleurs.

Le glas sonne le deuil immense.

Aux chers tombeaux portez des fleurs

Et des prières ; moi, je pense

À nos marins, à nos soldats

Couchés loin de leurs cimetières,

Aux oubliés qui n’auront pas

De fleurs, d’encens ni de prières !

Jean LE SAGE (XIXe siècle).

*****************************************************

 

Laisser un commentaire

Ilona, Mahée et Mila. |
Amour, Beauté, Paroles, Mots. |
Les Ailes du Temps |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | David Besschops
| professeur.de.français
| billierose