• Accueil
  • > Nuées, Théodore WEUSTENRAAD

28 mars, 2015

Nuées, Théodore WEUSTENRAAD

Classé dans : — unpeudetao @ 14:51

Terre ! Terre !

 

Salut ! charmants et doux nuages Qui visitez, du haut des cieux, Tant de climats et tant de plages Que ne verront jamais nos yeux;

 

Quel vent jaloux vous précipite De l’orient vers l’occident? Dites ! où courez-vous si vite, Toujours cherchant et regardant?

 

Quel doux spectacle vous attire Pour hâter ainsi votre essor? Quel mystère vous fait sourire Même à travers vos larmes d’or?

 

Connaissez-vous quelque rivage Où l’homme ignore la douleur, Où jamais l’éclair d’un orage Ne trouble la paix de son coeur?

 

Où jamais l’ombre de vos ailes, Traversant des cieux nus et morts, Ne flotte sur des champs rebelles Qui lui refusent leurs trésors?

 

Où le spectre de la Misère Ne mêle jamais ses sanglots Aux cris sauvages de la Guerre Tuant des peuples pour des mots?

 

Où jamais votre chaste image Ne se reflète dans des mers, Témoins de quelque grand naufrage, Même aux jours des plus longs hivers?

 

Où l’hymne heureux de la Sagesse Ne monte jamais jusqu’à vous, Que pour bénir dans sa tendresse Un seul Dieu protecteur de tous?

 

Ah ! si vous connaissez des rives Fières de tous ces dons du ciel, Tendez vos urnes fugitives, A leurs sources d’ambre et de miel.

 

Franchissant l’ombre et les distances, Rapportez-nous de leurs forêts Quelque baume pour nos souffrances, Filles des erreurs du Progrès.

 

Répandez-le dans vos rosées Sur nos esprits et sur nos coeurs, Pour que leurs forces épuisées Se raniment sous nos sueurs.

 

Perdus dans le bruit que soulève Le choc des Partis de nos jours, Nous poursuivons de rêve en rêve Un bonheur qui nous fuit toujours.

 

Qui sait ce que Dieu nous destine ! Tout est mystère autour de nous. Quelquefois le ciel s’illumine, Mais par la foudre et sous ses coups.

 

Nous voguons vers un autre pôle, Et depuis l’heure du départ, Hélas ! la sonde et la boussole Trompent la main ou le regard.

 

Pour soutenir notre courage, Oh ! laissez-nous de temps en temps, Des bords où tend notre voyage Respirer les parfums flottants;

 

Doux présages semés sur l’onde Qui révèlent aux matelots Qu’avec l’aurore un nouveau monde S’éveillera du sein des flots.

 

Théodore WEUSTENRAAD (1805-1849), néerlandais.

 

*****************************************************

 

Laisser un commentaire

Ilona, Mahée et Mila. |
Amour, Beauté, Paroles, Mots. |
Les Ailes du Temps |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | David Besschops
| professeur.de.français
| billierose