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20 juin, 2012

Or pour commencer tout en foi, Max ELSKAMP

Classé dans : — unpeudetao @ 19:51

 

I
Or pour commencer tout en foi,
à la façon des gens des bois
qui sont les pauvres de chez moi,

 

avant de dire, en joies ou peines,
mon pays tout d’eaux et de plaines,
voici fait mon signe de croix

 

en l’amour des sots et des sages,
car aujourd’hui c’est la chanson
des fenêtres de ma maison,

 

d’où les villes et les villages
et le plus beau des paysages,
bêtes, gens, arbres et nuages,

 

passent, rient, vivent et s’en vont
avec leur geste et leur langage
pour l’ornement des horizons.

 

Or, c’est lors mon coeur en voyage,
et, prête à la bonne espérance,
mon âme avec sa confiance,

 

qui s’en va sur terre aux agneaux
et sur mer suivant les vaisseaux
au hasard du vent et des eaux,

 

puis par les bois et par les routes
où chantent pour ceux qui l’écoutent
la simple Vie bonne entre toutes ;

 

et c’est ainsi qu’elle est chez moi
quand c’est matin sur tous les toits
avec la rosée goutte à goutte,

 

et voici ce qu’on dit chez moi,
à la façon des gens des bois,
quand c’est Marie-des-primes-routes.

 

II
ON DIT :

 

Marie, épandez vos cheveux :
voici rire les anges bleus

 

et dans vos bras Jésus qui bouge,
avec ses pieds et ses mains rouges,

 

et puis encor les anges blonds
jouant de tous leurs violons.

 

Or, c’est matin vert aux prairies
et, Marie, regardez la vie :

 

comme elle douce infiniment
depuis les arbres, les étangs

 

jusqu’aux toits loin qui font des îles ;
et, Marie, regardez vos villes

 

heureuses comme des enfants
avec leur cloche proclamant

 

les paix naïves d’évangile
du haut de tous les campaniles

 

dans l’aube en or aux horizons
que saluent, Marie-des-Maisons,

 

les miens des tâches coutumières
et dévoués tout à la terre.

 

Mais lors chantez, gais laboureurs
de mon pays où le meilleur

 

est Flandre douce aux alouettes
et dont les voix de Joie concertent,

 

et passez au loin, les vaisseaux
sur la mer qui rit aux drapeaux,

 

car Jésus tend ses mains ouvertes,
Marie, pour embrasser la fête

 

que fait le ciel au prime jour
ici de soie et de velours.

 

III
ET MARIE LIT UN ÉVANGILE..

 

Et Marie lit un évangile
avec ses deux mains sur son coeur,
et Marie lit un évangile
dans la prairie qui chante fleure,

 

et l’herbe, et toutes les couleurs
des fleurs, autour épanouies
lui disent la joie de leur vie
avec des mots tout en douceur.

 

Or, les anges dans les nuées
et les oiseaux chantent en choeur,
et les bêtes, têtes baissées,
paissent les plantes de senteur ;

 

mais Marie lit un évangile,
oubliant les heures sonnées
avec le temps et les années,
car Marie lit un évangile ;

 

et les maçons qui font les villes
s’en vont leur tâche terminée,
et les coqs d’or, sur les campaniles,
passent le vent et les nuées.

 

Max ELSKAMP (1862-1931), poète belge.

 

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