15 juillet, 2017

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Classé dans : Non classé — unpeudetao @ 10:28

https://www.youtube.com/watch?v=hrl56_vJMqI

 

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Jean SILEX : Le rêve

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 6:06

Toi dont l’aile m’emporte au séjour enchanteur

Où la souffrance n’est qu’une folle chimère,

Toi qui sèches mes pleurs sous tes baisers de mère,

Je t’aime et te bénis, Rêve consolateur !

Par Dieu tu fus créé pour épancher dans l’âme,

Tous les secrets espoirs, toutes les voluptés,

Pour mettre sur les fronts les divines clartés

D’un horizon limpide et d’une exquise flamme.

L’enfant que la misère et les deuils ont vaincu,

L’enfant dont l’âme est morte avant d’avoir vécu,

Trouve l’oubli des maux dans tes douces étreintes…

Tu le prends dans tes bras, le berces tendrement,

Et l’emportes, grisé, vers ce bleu firmament

Où se calment bientôt ses peines et ses craintes.

Jean SILEX (XIXe siècle).

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14 juillet, 2017

Isaac COTTIN : L’église de campagne

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 5:18

(À Mlle Marie-Antoinette M..)

Un souvenir heureux est peut-être sur terre

Plus vrai que le bonheur.

Alfred de MUSSET.

***

Parmi les souvenirs que mon cœur poétise

Un des plus gracieux est celui de l’église

Où nous allions prier un instant chaque soir.

Dans un rêve souvent je crois encor la voir,

Avec le charme exquis, mélancolique et sombre

Que lui donnait la nuit en y jetant son ombre.

Vous en souvenez-vous ? Quel silence imposant !

Régnait dans le saint lieu ! Quel repos bienfaisant

Et quel calme profond bien fait pour la prière !

Tout était noir ; pourtant devant le sanctuaire,

Une maigre veilleuse, en brûlant lentement,

Au-dessus de l’autel projetait par moment

Une petite flamme indécise et tremblante

Dont la lueur était à peine suffisante,

Dans les instants très courts de sa plus grande ardeur,

Pour faire sautiller sur les murs blancs du chœur

D’un candélabre éteint l’ombre allongée et noire.

Ah ! dans un tel silence on est heureux de croire !

Et l’on plaint ceux qui n’ont foulé les lieux sacrés

Que pour en admirer quelques lambris dorés,

Le ciseau d’un sculpteur ou le pinceau d’un maître,

De n’avoir vu que l’art, et de ne pas connaître

Ce qu’on trouve de beau, de simple et de touchant,

Au temps du crépuscule et du soleil couchant,

Dans une église pauvre au milieu d’un village.

Du calme du tombeau c’est la vivante image,

C’est la source où l’on puise un repos sans rival,

Une extase muette, un silence idéal,

Où notre cœur se plaît, où notre âme est ravie ;

Un port où l’on s’abrite un instant dans la vie

Quand l’orage soulève avec trop de fureur

Les flots des passions sur la mer de l’erreur.

Asiles sans lambris, simplicité que j’aime !

Rustiques murs blanchis et nus, preuve suprême

Que votre hôte puissant a la bonté d’un Dieu !

Dut-on trouver partout étrange cet aveu,

Je vous préfère encore aux vastes cathédrales.

Car lorsque dans un temple aux voûtes colossales,

Je songe au Créateur, mon cœur qui le conçoit

Dans un palais brillant rend hommage à son roi ;

Tandis que, sous le toit d’une simple chapelle,

Dans une vision plus touchante et plus belle,

Devant la modestie aimable du saint lieu

Il le voit dans sa crèche et l’aime comme un Dieu.

Isaac COTTIN (1873-1898).

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13 juillet, 2017

Germain CUGUILLIÈRE : Le désir de l’orpheline

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 5:31

ÉLÉGIE

Qui me rendra tes doux baisers, ô mère ?

Reviens à moi ! n’entends-tu pas mes cris ?

J’appelle en vain ; ma peine est bien amère :

La mort ne rend jamais ceux qu’elle a pris !…

Sur ta tombe à genoux devant la croix de chêne,

Je me plais à venir te conter mon malheur ;

Car mon amour à ton âme m’enchaîne,

Et là ma foi s’avive à ma douleur.

Je me souviens toujours, soutien de ma jeunesse !

Ton visage est gravé dans mon cœur : je te vois !

À mes côtés il me semble sans cesse

Entendre encor mon nom prononcé par ta voix !

Souvent, mère, en ce monde, où tu fus passagère,

La mort fait oublier les serments les plus doux,

Et ta mémoire offusque l’étrangère

Qui te remplace, hélas ! près de ton cher époux.

Elle n’a pas ta bonté, ta tendresse ;

Jamais sa voix n’ordonne avec douceur ;

Et, jalouse, elle observe une rare caresse

De mon père volée à leur fille, à ma sœur.

Nul ne me plaint, nul ne sèche mes larmes ;

De l’amitié j’ignore les attraits ;

À chaque instant redoublent mes alarmes

Depuis ta mort je garde mes secrets.

Mon cœur soupire après ma délivrance :

Je n’ai plus rien mon bonheur s’est enfui !

Ô Dieu puissant, achevez ma souffrance !

Je veux ma mère, achevez mon ennui !

Anges du ciel, avec vous sous vos ailes

Que je m’envole et vers ma mère et Dieu ;

Faites-moi voir ces splendeurs éternelles

Dont elle me parlait dans son dernier adieu !

Dans un cœur de seize ans le dégoût de la vie !

Déjà désespérer d’un meilleur avenir !

Plaisirs, fortune, hymen, que la jeunesse envie !

Ne sont que de vains mots auprès du souvenir

D’une mère, et Louise évoque sa présence

Au foyer, son amour qui se manifestait

Par des soins délicats, par cette clairvoyance

De désirs aussitôt satisfaits. Ah ! c’était

Le bon temps ! Aujourd’hui, Louise est délaissée ;

Fort jeune elle connaît l’amertume des pleurs ;

Et, dans ses sentiments, la pauvre enfant blessée

Compare et voit la mort pour guérir ses douleurs !…

Qu’elle serait heureuse au ciel avec sa mère !…

Son père pour l’absente eut bien quelques regrets,

Mais bientôt fatigué de vivre solitaire,

Des soucis du ménage, il s’éprit des attraits

D’une femme coquette, à l’altier caractère,

Dure et dissimulée, il lui donna sa main.

La paix de l’orpheline, hélas ! fut éphémère,

Une fille naquit de ce second hymen.

La marâtre devint alors plus exigeante :

La jalousie accrut sa sourde hostilité.

Louise est de sa sœur la bonne et la servante

À tout faire, elle est douce, elle est sans volonté,

Car il vaut mieux se taire, obéir sans se plaindre :

Le malheur avant l’âge a mûri sa raison :

L’ascendant d’une épouse envieuse est à craindre

Quant l’époux veut garder l’ordre dans la maison

Et lui plaire en choyant la nouvelle venue.

Quelle mère n’a pas l’égoïsme du cœur

Pour cet être si frêle, à la grâce ingénue,

Qu’elle étreint dans ses bras et contemple avec heur ?

Une rivale aurait les baisers de son père !

Cherche à frustrer ses droits ! prétend la supplanter ?

Cette audace inouïe indigne la mégère,

Et Louise comprend qu’elle a tort… d’exister.

Aussi qu’elle a changé pour ceux qui l’ont connue

Fraîche comme une fleur et gente en sa gaîté !

Contrainte aux durs travaux et mal entretenue,

Elle use chaque jour sa chétive santé.

Une toux sèche et rauque ébranle sa poitrine ;

Son visage a maigri ; ses yeux noirs sont bistrés,

Ses lèvres ont perdu leur couleur purpurine :

La phtisie implacable active ses progrès….

Dans la douleur son corps se tordait sur sa couche,

Et soudain un matin, dans un suprême effort

Pressant le crucifix tendrement sur sa bouche,

Vers sa mère et son Dieu son âme prit l’essor !..

Germain CUGUILLIÈRE (18..-19..).

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12 juillet, 2017

Louis DAUVÉ : Les larmes

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 5:55

(Au Docteur P. Lambry).

Ô Larmes ! qui coulez en jets capricieux

Sur sa peau de velours d’une finesse extrême,

Vous renfermez en vous plus d’un divin poème :

Vous êtes les brillants du Ciel de ses beaux yeux ;

Ô chères Larmes ! vous, faites de l’Amour même,

Vous êtes des présents pour nous venus des cieux :

C’est par vous qu’on promet d’aimer plus, d’aimer mieux ;

Après vous l’on ressent bien plus fort que l’on aime.

Ô Larmes ! bien souvent, vous êtes la douleur ;

Parfois lorsque périt un enfant, douce fleur,

Et vous êtes aussi bien trop souvent la Haine…

Mais pleurs de douleur, haine ou grand amour vainqueur,

Fruits bénis de notre âme ou navrée ou sereine,

Vous êtes des ruisseaux dont la source est au cœur.

Louis DAUVÉ (XIXe siècle).

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11 juillet, 2017

Émile TROLLIET : Encore tes lettres

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 5:04

Ce soir en les baisant j’ai voulu les relire

Ces pages qu’à ta main dicta ton noble cœur,

Ce livre où sont venus pleurer plutôt qu’écrire,

L’âme douce vaincue, et l’amour, doux vainqueur.

Dis-moi, qui t’enseigna ces accents ? qui t’inspire

Ce poème infini d’adorables douceurs ?

Oh ! comme en les lisant j’aurais voulu te dire,

Te crier dans la nuit : Ô ma sœur, ô ma sœur !

Ô ma sœur, c’est donc vrai que l’amour invincible,

Choisissant nos deux cœurs comme une douce cible,

Nous a percés du trait douloureux et sacré ;

Et que l’Ange témoin des invisibles flammes,

Pourra dire au Seigneur en présentant nos âmes :

« Pardonnez-leur beaucoup, ils ont beaucoup pleuré ! »

Émile TROLLIET (XIXe siècle).

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10 juillet, 2017

Gabriel VICAIRE : Cantique

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 4:27

Ô Dieu qui fis les fleurs, l’eau chaste, la nuit claire,

Et l’aube foisonnante et le soir triomphant,

Dieu que la terre adore et qui daignes te plaire

Aux refrains du vieillard et du petit enfant.

Toi qui fais sous ton porche entrer les hirondelles,

Seigneur miraculeux et doux, maître indulgent

Qui jettes l’espérance au cœur de tes fidèles

Comme une rose pourpre au ruisselet d’argent,

Notre Sœur l’alouette, au lever de l’aurore

Te salue et son cri plane au dessus des bois,

Quand vient le soir paisible, elle t’appelle encore ;

Rends-nous simples comme elle, et prête-nous sa voix.

Mon Dieu, nous ressemblons à la graine qui vole

Dans l’aire ténébreuse où l’on bat le froment :

Nous sommes le roseau, nous sommes l’herbe folle

Que les bœufs de labour écrasent méchamment.

Garde-nous du serpent à la langue dorée ;

Berger compatissant, souviens-toi que jadis

Tu guidais au bercail la brebis égarée ;

Permets que les chanteurs aient place au paradis.

Et vous dont le printemps en fleur dit les louanges,

Vous qui nous souriez dans les feux de l’été,

Reine de l’univers et maîtresse des anges,

Ô vierge gracieuse, ô dame de beauté,

Étoile de la mer, vase pur, tour d’ivoire,

Vous qui venez à nous sur les ailes du vent,

Vous, la source d’eau vive où les âmes vont boire,

Vous, la nue éclatante et le soleil levant,

Dans le bleu du matin tourterelle envolée,

Lis de candeur éclos dans le jardin des cieux,

Soutiens de l’innocent, Marie immaculée,

Laissez tomber sur nous un regard de vos yeux.

Vos pieds blancs sont posés sur l’océan qui gronde,

Votre front resplendit par delà le couchant.

Mais vous prenez pitié des misères du monde,

Et du rossignolet vous écoutez le chant.

Faites que nous gardions gaîment votre bannière

Et que, bons serviteurs fatigués de lutter,

Nous entendions encore à notre heure dernière,

Au clocher du village un Angélus tinter.

Cette musique est douce à l’orphelin qui pleure,

Douce à la nuit qui tombe et douce au point du jour.

Elle nous conduira vers la claire demeure

Où fleurit le rosier de l’éternel Amour.

Heureux si de bien loin, suivant les saints apôtres,

Parmi l’or et l’azur du royaume enchanté,

Nous pouvons, dans la paix promise à tous les vôtres,

Adorer à jamais votre virginité !

Gabriel VICAIRE (1848-1900).

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9 juillet, 2017

Tancrède de VIRIEU : Méditationnette

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 5:11

Petits oiseaux des cieux, quand j’ouvre ma fenêtre,

Alors que l’astre roi commence de paraître

Et que les saphirs bleus fondent à l’horizon ;

Pourquoi ces chants joyeux sortis du vert gazon,

Comme mille parfums qui montent de la terre ?

Dites-moi : chantez-vous les couplets de l’amour,

Ou bien saluez-vous de votre voix légère

Le plaisir de la vie ou le bonheur d’un jour ?

Petits oiseaux des cieux, quand la nuit dans ses voiles

A drapé la campagne et piqué des étoiles

Au fond du toit d’azur ; dehors je viens rêver

Et chercher un repos que je ne puis trouver :

Alors pourquoi ne plus troubler le calme immense

Qui pèse sur les monts et qui plane en tout lieu ?

Dites-moi : dans vos nids priez-vous en silence

Et chantez-vous tout bas un hymne au Seigneur Dieu ?

Petits oiseaux des cieux, oui vous chantez l’aurore

Et la vie et l’amour et le soleil qui dore

De ses rayons pourprés les épis des guérets ;

Et le soir vous priez cachés dans les bosquets :

Comme si vous aviez des tendresses secrètes

Pour les larmes du cœur que lien ne peut calmer.

Car Dieu vous a créés semblables aux poètes

Et vous fit pour prier, pour chanter, pour aimer.

Tancrède de VIRIEU (XIXe siècle).

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8 juillet, 2017

HURAULT : Le coursier du XIXe siècle (FABLE)

Classé dans : lecture, ecriture — unpeudetao @ 5:25

Un coursier noble et fier brûlait d’impatience

De voler aux champs de vaillance,

Et trouvait bien tardif le signal des combats

Qui devaient lui donner la gloire ou le trépas.

Un cheval de bourgeois, pacifique monture,

Le raillait en ces mots : « Stupide créature,

« Qui te pousse si fort dans les plaines de Mars ?

« Ce sont, ma foi, belles merveilles

« Que d’aller t’exposer à ces mille hasards,

« Sans compter la fatigue et le jeûne et les veilles ;

« Reste avec nous : je dors, moi, sur mes deux oreilles,

« Je mange quand je veux, j’ai du foin à souhait,

« Je promène mon maître, et ce mince bienfait

« Me vaut encore un picotin d’avoine.

« En regard de ces biens la gloire est chose vaine,

« Jouissons de la vie et dorons notre sort.

« On arrive toujours assez tôt à la mort. »

D’abord notre coursier frémit à ce langage,

Puis toisant du regard un vaste pâturage,

Il calma son ressentiment

Et jugea que ce serait sage

D’en essayer pour un moment.

Cependant le clairon sonnait pour la victoire ;

À ces sons belliqueux, le coursier hésita..

Partit d’un trait.. puis s’arrêta..

L’herbe était haute.. adieu la gloire !

Notre époque fourmille en chevaux de bourgeois ;

Tous les nobles élans tendent à disparaître.

Honneur, vertu, devoir, on déserte vos lois ;

Partout je n’entends qu’une voix :

Du bien-être, encor du bien-être !

HURAULT (XIXe siècle).

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7 juillet, 2017

ARMOR : Le semeur

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 5:18

I

Le semeur s’avance à pas lents

Sur la glèbe enfin reposée.

Il monte des parfums troublants

Des sillons trempés de rosée…

Et le semeur jette aux sillons

Depuis la fraîcheur de l’aurore

Le grain que de ses chauds rayons

Le grand soleil doit faire éclore.

De ce grain rien ne germera

Que par la volonté qui préside au mystère :

Le semeur ne récoltera

Que si Dieu veut bénir la terre.

II

Le soleil monte à l’horizon,

Dans l’azur lourd il étincelle.

Il faut semer, c’est la saison :

Et malgré que son front ruisselle,

Le semeur va du même pas,

Jette son grain du même geste :

Après lui ne faudra-t-il pas

Que la terre fasse le reste ?

Mais la terre ne fera rien

Sans le pouvoir sacré qui pour nous est mystère,

Et le blé ne poussera bien

Que si Dieu veut bénir la terre !

III

Voici que l’étoile du soir

À l’Occident déjà scintille,

Et le semeur, las, vient s’asseoir,

Devant la table de famille.

Ce fils du sol peut sans faiblir

Accomplir des tâches plus dures :

Car d’avance il voit resplendir

Les champs d’or des moissons futures…

Ô semeur ! sache que ton blé

N’accomplira pas seul son œuvre de mystère :

Mais de biens tu seras comblé

Si Dieu veut bien bénir la terre.

ARMOR (XIXe siècle).

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