11 février, 2018

Adolphe MONY : Le vieux roi et le lys

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 5:10

Il était un vieux roi que son peuple chassait.

Pourquoi l’exilait-on ? L’Histoire, ou la Légende,

N’a pas entre ses rois de figure plus grande ;

La gloire avait sacré le sang dont il naissait ;

Ainsi que ses aïeux, au long règne prospère,

Pour défendre les siens, les aimer comme un père,

Son sang comme son cœur largement se versait.

D’exiler le vieillard quelle était donc la cause ?

Seul, et pour sceptre d’or n’ayant plus qu’un bâton.

La foule aux reins, hurlant, pourquoi le chassait-on ?…

C’était la volonté du peuple, et, je suppose,

Nous n’avons pas besoin de chercher autre chose.

Donc le roi hors des murs allait silencieux

Sans incliner la tête et sans tourner les yeux.

Au revers du rempart, couchés, vautrés dans l’herbe,

Des bergers regardaient cet homme au pas superbe,

Et comme le vieillard s’avançait le front nu

Ils se disaient, surpris : « Quel est cet inconnu ? »

Ainsi des moissonneurs plus loin liant leur gerbe.

La foule, qui des murs comme un serpent glissait,

Criait : « Voyez ces chiens méconnaissant leur maître :

Même ses moissonneurs n’ont pu le reconnaître,

Et riant, – sans couronne un roi qu’est-ce que c’est !… »

Plus loin un mendiant, sur le bord de la route,

Robuste et jeune encore, assis rongeait sa croûte :

C’était de ces haineux qui vivent sur autrui

Tout en le maudissant, cœurs lâches, mains avides,

Et jamais du palais ses mains ne sortaient vides.

En voyant s’avancer le vieillard sans appui

Il se leva d’un bond, se dressant devant lui,

Et l’œil en feu, l’écume à ses lèvres livides :

« Te voilà donc à bas, monarque, il était temps… »

Et le ciel frémissait de ses cris insultants.

Le roi marchait toujours vers la plaine déserte.

Dans un pré, balancé sur sa tige encor verte,

Épargné par l’été, fils tardif du printemps,

Étoile de candeur brillait un lys des champs,

Le lys dont l’Écriture a dit qu’herbe flétrie,

Tombé sous la faucille il brûlera demain.

Le roi passait alors le long de la prairie.

Soudain le lys des champs, ainsi qu’un être humain,

Lentement par trois fois, s’inclinant jusqu’à terre,

Salua le vieux roi. Fou devant ce mystère,

Le mendiant gisait le front sur le chemin ;

Les moissonneurs au ciel élevaient leurs faucilles,

À genoux se signaient leurs femmes et leurs filles,

Les bergers s’écriaient : C’est un homme de Dieu.

Chacun se découvrait comme dans le saint lieu,

Et le peuple, frappé comme par le tonnerre.

Venait briser ses flots aux pieds du centenaire

Qui, soulevé, porté sur leurs bras triomphants,

Tendait sur eux les mains et disait : Mes enfants !…

Adolphe MONY (1829-1909).

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10 février, 2018

Alice NICOLET : À un ami

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 5:35

Quand la nuit a jeté ses voiles sur la terre,

Lorsque les astres d’or luisent au firmament,

Que tout semble dormir, baigné d’un saint mystère,

Ton âme se recueille et prie à ce moment.

À cette heure tardive, une voix qui t’est chère

En présence de Dieu, le supplie ardemment

Qu’il veuille te bénir, et cette humble prière.

Comme un chant dans l’éther, s’élève doucement.

Dans son élan qui va loin par delà les nues

Elle rejoint bientôt, tout en haut dans le ciel,

Ta requête qui vole aussi vers l’Éternel.

Ensemble, dépassant les sphères inconnues,

Elles touchent enfin au séjour glorieux !…

Et sur toi redescend la douce paix des cieux.

Alice NICOLET (XIXe siècle).

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9 février, 2018

Eugène PANNETRAT : Dans la douleur

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 4:50

(À Madame Noël Bazan).

Le cœur toujours saignant, l’âme toute meurtrie,

Triste et seul j’ai suivi le chemin de douleur ;

J’ai souffert en aimant ; ce fut toute ma vie :

Vous le savez, Seigneur !

Toujours éperdûment assoiffé de tendresse,

De la joie attendue et des bonheurs rêvés

Je n’eus que l’espérance en ma sombre jeunesse :

Seigneur, vous le savez.

J’ai connu tous les deuils et toutes les misères.

Le monde est dur, hélas ! au pauvre être exilé :

Toujours seul, j’ai versé bien des larmes amères

Sans être consolé.

Mais toujours devant vous mon âme resta pure :

Vous savez que jamais rien n’a souillé mon cœur…

Je me sens, dans l’angoisse, après chaque blessure,

Plus près de vous, Seigneur !

Eugène PANNETRAT (XIXe siècle).

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8 février, 2018

Stéphen LIÉGEARD : À la Bourgogne

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 5:28

Terre bénie où Dieu, dans sa bonté sereine,

A semé l’épi blond auprès du cep vermeil,

Toi qui, découronnée et pourtant toujours reine,

Vois des échelles d’or passer en ton sommeil ;

Toi qu’à travers les temps on admire et l’on aime,

Et qui, veuve jadis de tes Ducs triomphants,

Peux aujourd’hui te faire un royal diadème

De tous les noms de tes enfants :

Salut à toi d’abord, ô Bourgogne ! ô patrie !

L’hiver sur tes forêts étend son blanc manteau,

Ton pampre traîne au sol sa guirlande flétrie,

La brume est à la plaine et le givre au coteau.

Cependant, tous ici, nous sentons, dans notre âme,

D’un renouveau joyeux palpiter les frissons,

Et, sous le froid soleil qui retrouve sa flamme

Germer l’espoir d’autres moissons.

C’est que pour toi se lève, éclatant et sans ombres,

D’entre tant de beaux jours un jour encor plus beau :

C’est que, victorieux des crépuscules sombres,

Un grand souffle a passé rallumant ton flambeau ;

C’est qu’à sa clarté vive, en vrai fils que nous sommes,

Nous avons joie au cœur et noble orgueil au front,

Voyant déjà pousser, Mère, ces regains d’hommes,

Dont tes lauriers reverdiront.

Donc, le bras au travail et l’œil à l’espérance !

Les voici, les penseurs, les doctes, les lettrés,

Ces doux et fiers rayons du cerveau de la France

Qui sur nos tristes soirs descendent azurés ;

Ils portent le drapeau des revanches altières,

Preux du combat sans trêve, esprits vaillants, grands cœurs

Dont chaque battement par delà les frontières

Fait incliner jusqu’aux vainqueurs.

Par eux, la route s’ouvre aux pics où croît la palme :

Ils la montrent là-bas, bien loin, sous l’âpre nuit…

Qu’importe ? Il faut les suivre et marcher d’un pied calme ;

Si la cime est ardue où la vérité luit,

Chaque pas en avant déchire un coin du voile,

Et dans le ciel du Beau, sublime immensité,

Chacun de leurs efforts enfantant une étoile,

Ils éclairent l’humanité.

Plus haut !… Jetons du lest, nulle entrave au génie !

À tout essor il faut l’ampleur des horizons ;

D’un plus libre concert va naître l’harmonie,

La fleur de l’idéal vit mal dans les prisons.

Redresse tes autels, élargis tes vieux temples,

Saisis le mâle outil et dis aux tiens : « Créons ! »

Toi qui montras, Bourgogne, en d’illustres exemples,

Comme on emplit les Panthéons.

Oui, l’union, doux mot, irrésistible force !

Vois la Science armée à ta voix accourir ;

Du mystère rebelle elle a troué l’écorce…

Grave et tendre la suit Celle qui sait guérir ;

Elle s’appuie au Droit et répand l’ambroisie,

Tandis que, d’un regard irisant le chemin,

Belle comme Astarté, la blonde Poésie

Sème la rose à pleine main.

N’en fut-il pas de même, alors que la Nature,

S’éveillant. vierge encore, au chant pur des oiseaux,

Dénouait pour les Dieux les plis de sa ceinture, –

Quand sur le double Mont, dans le cristal des eaux,

Les neuf sœurs reflétaient pinceau, compas ou lyre,

Et l’ombreux Hélicon des Muses visité

Ne semblerait-il point, pour peu qu’on veuille y lire,

La première Université ?

La tienne, ô mon pays, est moins allégorique.

Encor qu’en Hippocrène on changeât ton Suzon

Et qu’on baptisât Pinde un coin du mont Afrique,

Les Muses n’en auraient cure, en cette saison.

Paris a des palais où loger leur mérite…

Toi, tu leur offres mieux qu’un vain marbre glacé,

Car ton large coup d’aile à jamais les abrite

Sous les gloires de ton passé.

Dois-je les évoquer pour leur faire cortège,

Ces ombres dont l’éclat nous vaut mieux qu’un soleil,

Ces morts que leur nom seul contre l’oubli protège,

Ces immortels dormeurs qu’attend le grand réveil ?

Un maître en a peuplé sa toile colossale,

Et si, s’en détachant, ils allaient revenir,

Peut-être qu’on verrait les murs de cette salle

Trop étroits à les contenir.

Et bien, qu’ils viennent donc, car c’est aussi leur fête,

Qu’ils viennent, sinon tous, du moins les plus fameux !

Ils nous diront comment du sol on monte au faîte,

Quel astre l’œil doit suivre en des sentiers brumeux,

Par quels vents l’âme humaine au feu divin s’allume,

Ou ce qu’il faut de cœur, ayant atteint son nid,

Pour prendre à l’aigle-roi la flamboyante plume

Dont on écrit sur le granit.

Sous les éclairs nimbant la lente théorie,

Saluons, fils pieux, au seuil de leur tombeau,

Ces aïeux qui, jaloux de la mère-patrie,

Ne voulaient à son front que la splendeur du beau, –

Morveau, Monge, Buffon, lèvres par qui le monde

Sent passer la fraîcheur d’un souffle rajeuni,

Hardis plongeurs jetant la corde de leur sonde

Aux profondeurs de l’Infini.

Rameau nous a charmés, son clavecin nous berce ;

Lui qui, sitôt que né, reçut l’esprit en don,

Piron, d’un arc malin, lance le trait qui perce ;

L’Art avait dit : « Prudhon », le Droit répond : « Proudhon » ;

Cette coupe de sang trahit l’auteur d’Atrée,

Pendant que les Noëls, frais enfants du terroir,

Font glisser de leurs chants la grâce incomparée

Sur le rubis de leur miroir ;

Et du siècle qui meurt au siècle légendaire,

Par la voix des Docteurs ou par la voix des Saints,

Du Moine de Cîteaux à notre Lacordaire,

J’entends bien haut sonneries sublimes tocsins…

Mais, dans la ville où Rude a conquis sa statue,

Prés du puissant qui fit parler l’airain muet,

Je cherche vainement quel marbre perpétue

La mémoire d’un Bossuet.

Oui, les voilà, tous ceux qu’avec fierté tu nommes,

Bourgogne, pieux culte en notre cœur ancré,

Sol au sein nourricier du raisin et des hommes,

Que génie et vertus ont par deux fois sacré !

Dijon te les fournit, Dijon, ta chère Athènes,

Et vraiment, des caps noirs à la Côte d’Azur,

Est-il, entre tes sœurs, des rivales certaines

De fendre l’air d’un vol plus sûr ?

Que de sa cendre donc l’oiseau divin renaisse !

Du chaume et du manoir accourent tes élus…

Ils sont la Foi, l’Espoir, la Valeur, la Jeunesse,

De l’Océan humain long et superbe flux.

La paix à ces vaillants vaut un champ de bataille ;

Car il illustre aussi, quand il est obtenu,

Le bâton étoilé que le labeur se taille

Dans la forêt de l’Inconnu,

Il fleurira sans doute en la main des plus dignes.

Qu’en leurs veines pourtant circule à flot égal

La sève de tes bois, le sang pur de tes vignes ;

De la haute culture offre-leur le régal ;

L’arbre étend ses rameaux, le fruit mûr pend aux branches,

Mêlant des grappes d’or aux fleurs du souvenir…

Ils lui devront là force, à l’heure des revanches,

Eux qui s’appellent l’Avenir !

Courage aux champions que l’assaut déjà vise !

Puisse de leur phalange allant au bon combat

La pensée être l’arme et l’honneur la devise !

Puisse en leurs rangs passer l’ardeur que rien n’abat !

À venger ses douleurs la France les convie…

Debout, l’épée au flanc, le doigt prés des fourreaux,

Afin qu’un peu plus tard, au champ clos de la vie,

Chacun fasse œuvre de héros !

Afin qu’un jour lointain, un jour d’apothéose,

– Comme ton vieil enfant, lycéen de jadis,

Qui, pour t’avoir ravi deux brins de laurier-rose,

Unit son hymne aux voix des Maîtres applaudis –,

Ils viennent, à leur tour, goûter, Mère chérie,

Le bonheur sans second, la suprême fierté

De mettre une couronne au front de la patrie,

En attestant sa royauté.

Stéphen LIÉGEARD (1830-1925).

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7 février, 2018

Michel KLIMO : L’argent de Pierre Poky (Légende de Hongrie)

Classé dans : lecture, ecriture — unpeudetao @ 5:02

Les eaux thermales de Bajmocz (département de Nyitra), étaient autrefois d’une force curative miraculeuse. Chaque année, des milliers de malades y affluaient, et tous y recouvrèrent leur santé.

Il y a bien des siècles, c’est un certain Pierre Poky qui était le propriétaire du bain. C’était un homme avide d’argent, et ne songeant qu’à s’enrichir de plus en plus, quitte à écorcher les étrangers. Il supprima donc l’usage qu’on avait eu jusque-là, de mettre les eaux gratis à la portée des pauvres qui ne pouvaient pas payer.

Or, un jour que les riches se livraient à un splendide festin, survint un pauvre malade qui avait de la peine à traîner ses membres paralytiques.

– Ôte-toi de devant nous, lui cria brusquement le propriétaire, et ne viens pas dégoûter ces seigneurs par l’aspect de ton corps infirme.

– De grâce, je ne demande qu’à me baigner dans le fossé où découle l’eau qui a déjà servi.

– Va-t’en, te dis-je. Si tu es malade, va te placer dans un hôpital, dit le cruel Poky, et il chassa à coup de cravache le pauvre mendiant.

Mais le châtiment du ciel ne fut pas long à venir. Le lendemain matin, il n’y avait pas une goutte d’eau dans les sources : elles étaient taries comme par enchantement.

Un silence sinistre remplaça le joyeux bruit de la veille, et saisis d’une peur superstitieuse, les étrangers se sauvèrent au plus vite. Le soir, l’établissement était désert. Un seul être vivant errait dans les avenues, se déchirant les cheveux, et murmurant de temps à autre :

– Que d’or j’aurais pu amasser encore !

Puis prenant, tout à coup, un air de joie maligne :

– N’importe, s’écria-t-il, qui que ce soit qui ait fait le coup, il n’a pas réussi à me désoler, car j’ai là-haut de l’argent bel et bon, dix sacs tout plein de beaux écus.

Là-dessus il s’élança vers sa chambre, et alluma une bougie pour jouir de la vue de ses ducats. Mais comme il ouvrit les sacs, il fut comme pétrifié : son or était changé en cailloux. Il poussa un hurlement farouche, et jetant par la fenêtre le contenu de ses sacs, il s’enfuit dans les ténèbres.

Personne ne l’a plus revu jamais.

Bientôt après cette expiation, les sources de Bajmocz se sont rouvertes. Les cailloux y sont encore, et les habitants des environs les appellent : L’argent de Pierre Poky.

Michel KLIMO (XIXe siècle), hongrois.

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6 février, 2018

Claude ROCCATI : Sainte Famille

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 4:52

Ainsi allaient Jésus Marie,

De Bethléem à Béthanie.

Sur ce chemin des monts, ce dimanche passé,

C’est la Sainte Famille que j’ai cru rencontrer.

Elle, elle portait en ses bras le bébé ;

Lui, sac au dos veillait, éloignait le danger.

Ainsi allaient Jésus Marie,

De Bethléem à Béthanie.

Venus par les sentiers, de majesté épris ;

Le coucher l’avaient fait en une bergerie ;

La douche à la cascade alors !… ils l’avaient pris ;

Dans son couffin l’enfant s’était bien endormi.

Ainsi allaient Jésus Marie,

De Bethléem à Béthanie.

Vêtus très simplement… de sandales chaussés…

Rien, mais rien cependant ne manquait au bébé.

Ils s’aimaient ; de ces monts admiraient la beauté ;

Ils rayonnaient de joie faite d’humilité.

Ainsi allaient Jésus Marie,

De Bethléem à Béthanie.

Ensemble nous fîmes cette fin de chemin,

Partageant dans l’émoi le sens du divin.

L’image d’une Vierge vit s’unir nos mains.

Dame de toutes grâces, veillez sur leur destin.

Ainsi allaient Jésus Marie,

De Bethléem à Béthanie.

Claude ROCCATI (XXe siècle).

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5 février, 2018

E. DRIOTON : Sursum corda !

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 6:25

Saint, saint, saint est le Dieu qui répand sur la terre

Les trésors de son ciel, les dons de son amour ;

Et son cœur paternel, adorable mystère,

Demande à ses enfants de l’aimer en retour.

Splendeurs du cœur de Dieu, vos ineffables charmes,

Vos merveilleux attraits enivrent de bonheur ;

L’âme ravie, en paix, verse de douces larmes,

Vous la comblez de biens, d’espérance et d’honneur !

Qu’il ne soit point ingrat le pauvre cœur de l’homme.

Qu’il cherche son repos dans le sein du Sauveur ;

Qu’il comprenne sa voix qui l’appelle et le nomme.

Son bien-aimé… l’objet de toute sa faveur.

Ô Jésus, oui, c’est vous, qui, brûlant de tendresse,

Venez vous incliner vers notre humanité ;

Votre regard divin, douce et sainte caresse,

Ouvre des horizons pleins de sérénité…

L’âme peut contempler l’Éternelle Lumière,

Les célestes beautés que contient votre cœur,

L’aurore du salut dans sa clarté première,

Et goûter de vos dons la suprême douceur !

L’homme est fait pour le Ciel, sa réelle Patrie,

L’homme est fait pour bénir, louer Dieu tour à tour ;

Que l’âme en s’élevant s’immole, adore et prie,

Qu’elle vive de foi, d’espérance et d’amour.

E. DRIOTON (XIXe siècle).

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4 février, 2018

Cyprien DUMAS : À mon enfant

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 5:11

Morne et silencieux,

Dans un affreux délire,

Je cherche en vain des yeux

Celle qui sut me dire,

Dans un mignon sourire :

– Papa ! sois donc joyeux !

La mort, la triste mort,

Me l’a soudain ravie !…

Depuis ce coup du sort,

Rien ne me fait envie ;

La barque de ma vie

Est toujours loin du port !

Cruel et noir destin !

Pourquoi, dans ta surprise,

M’as-tu, l’autre matin,

Enlevé ma Louise,

Cet ange à grâce exquise,

Au doux rire argentin ?…

Mais ce n’est qu’un sommeil,

Cher papa, me dit-elle :

Tu verras, dans le Ciel,

Ma couronne immortelle,

Dans la gloire éternelle,

Un jour à ton réveil !

Cyprien DUMAS (XIXe siècle).

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3 février, 2018

Bonjour

Classé dans : Non classé — unpeudetao @ 6:09

Tout le monde est un génie. Mais si vous jugez un poisson sur ses capacités à grimper à un arbre, il passera sa vie à croire qu’il est stupide.

Albert Einstein.

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A. FINK AÎNÉ : Les chrétiens à leurs persécuteurs

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 6:05

Parce que, jusqu’ici, nous avons tout souffert,

Essuyé le mépris et supporté l’outrage,

Enduré tous les coups que vous dictait la rage,

Et plié, résignés, sous votre joug de fer,

Ressentant dans vos cœurs l’orgueil de Lucifer,

Croyant qu’en nous la foi, l’amour et le courage

Ont à jamais sombré sous ce haineux orage,

Vous entonnez un chant inspiré par l’enfer.

Votre triomphe est vain. L’espérance suprême

Brille toujours au fond de notre âme, et quand même,

Lâches adorateurs de l’immonde Veau d’Or,

Vous broieriez sous vos pieds notre front dans la poudre,

Nous resterions chrétiens, car nous aurions encor

Pour soutien la prière, et pour vengeur la Foudre.

A. FINK AÎNÉ (XIXe siècle).

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