6 juillet, 2017

Ernest BARDOLET : Pauvre père !

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 5:39

(À M. Alexandre Michel).

Combien d’entre nous ont, auprès de Dieu, des anges,

Qui se sont, tout petits, jusqu’au ciel envolés !

Sans doute le Seigneuries avait enrôlés

Dès leur premier matin dans ses saintes phalanges !

Quand ces bébés chéris quittent ainsi leurs langes,

Nous en restons saignant, meurtris, comme isolés,

.. Ah ! ces lits sans enfants, aujourd’hui désolés,

Hier pleins de doux chants, tels des nids de mésanges !…

Ces visites de mort qui glacent notre seuil

Et mettent sans pitié nos âmes au cercueil

Peuvent laisser encor vivace l’espérance !

Mais quand le noir tombeau prend l’enfant de vingt ans,

C’est le père orphelin, sans baume à sa souffrance,

C’est l’hiver dans son cœur… sans l’espoir du printemps !

Ernest BARDOLET (XIXe siècle).

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5 juillet, 2017

A.-C. COCHE : Consolation

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 4:41

(À mon ami Racagel).

AMI, la Mort commet parfois l’erreur étrange

De cueillir l’humble Fleur au soleil se chauffant

Dès l’aube, et de laisser abject, mais triomphant,

Le Vautour se rouler un siècle dans la fange.

Et pourtant c’est en vain que l’être se défend

D’espérer qu’au trépas l’âpre destin se change

En un destin plus beau, car nul ne sait si l’Ange

Ne ressuscite pas du linceul de l’Enfant.

Nul ne sait si la tombe où le silence est maître

N’est pas le seuil béni par où l’âme pénètre

Dans un éden d’amour, de paix et de douceur !

C’est pourquoi, cher ami, qui sous la douleur ploie

J’ose vous murmurer : la Mort prit votre Sœur

Afin de la guider vers l’Éternelle Joie.

A.-C. COCHE (XIXe siècle).

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4 juillet, 2017

Baronne d’OTTENFELS : Mal du pays

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 4:58

Par un beau soir de juin, lorsque les hirondelles

Célèbrent dans les airs le retour de l’été,

Et, de leurs cris joyeux se poursuivant entre elles,

Plus haut, toujours plus haut, vont déployer leurs ailes,

Ivres de mouvement, d’azur et de clarté,

Alors l’aigle avorté, l’aigle incomplet qu’on nomme

Si fièrement le roi de la création

Les suit d’un oeil d’envie et s’aperçoit que l’homme

Est moins bien partagé que la bête de somme

Qui borne au champ voisin son humble ambition ;

Car elle dort en paix dans l’obscure litière

Pour retourner en paix à ses obscurs labeurs,

Heureuse d’ignorer en marchant dans l’ornière

Ce besoin de monter là-haut vers la lumière,

Âpre mal du pays qui consume nos cœurs…

Et de ne pas sentir palpiter en son être

Tous ces désirs confus sans objet ici-bas,

Oiseaux du paradis d’où nous venons peut-être,

Beaux papillons dorés qui heurtent la fenêtre,

Quand nous traînons au pied le boulet des forçats.

Mais aux rocs du chemin, le lourd boulet s’émousse,

Mais le temps, jour par jour, vient ébrécher le mur,

Et le prisonnier sent que son aile repousse

Et que Dieu lui fait signe, et que la mort le pousse

Plus haut que l’hirondelle et plus haut que l’azur.

Baronne d’OTTENFELS (18..-19..).

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3 juillet, 2017

Jacques PRABÈRE : Le banc des sous-offs

Classé dans : lecture, ecriture — unpeudetao @ 5:01

(À X..).

C’était dans un coin charmant de votre parc, vous vous en souvenez ? Les noisetiers et les charmilles faisaient à ce vieux banc de bois que je revois encore, un abri mobile et chantant contre les vents et le soleil. Un rideau de bambous au feuillage frêle le voilait aux regards indiscrets. On l’appelait le banc des sous-offs. Un vilain nom de baptême, s’il en fût, et qui lui allait si mal ! Et pourquoi ? Une pure boutade, une espièglerie de votre frère, mon turbulent et si tendre ami. Le brave sergent Chamard, son professeur d’escrime, était venu, un jour, s’y reposer après la leçon. On y avait servi du vin blanc et de la limonade… et Henry, qui aimait les contrastes, et s’était adjugé d’office la fonction de parrain, l’appela depuis, – et nous tous l’appelâmes aussi par sympathie – le banc des sous-offs, même la comtesse, votre mère, et j’avoue que c’était piquant, dans sa bouche, cet horrible mot-là.

Quel beau temps ! et comme il est déjà loin ! Qui nous les rendra, ces soirées d’automne dont le souvenir m’est resté au cœur comme un parfum ?

À peine le soleil avait-il disparu derrière le Saint-Eynard, parant notre admirable vallée du Grésivaudan de belles teintes de vert sombre et de violet, que nous venions nous asseoir dans ce poétique réduit, à la mélancolique clarté du jour mourant. Et c’était – jusqu’à ce que la cloche annonçât l’heure du dîner – de longues causeries, où votre mère apportait le charme impressionnant de sa parole toujours noble et élevée, votre frère la gaîté folle de son intarissable verve. Et quand rossignols et fauvettes mêlaient leurs voix à tous les bruits du soir, au moment où s’allumaient aux cieux les premières étoiles, que de fois nous nous sommes surpris, muets et ravis, jouissant dans un silence d’admiration et d’impuissance, d’une ineffable émotion ?

Un soir surtout – oh ! il me semble que c’était hier – après une journée dont la chaleur avait été accablante, la brise enfin, s’était levée, et nous était arrivée de branche en branche, sonore, fraîche, délicieuse. Nous lui fîmes un accueil d’amis et elle chanta, très doucement, toute la soirée.

D’abord Henry prit la parole. La comtesse le couvait des yeux : cher trésor ! Il fut impayable. Je ne sais où il prit toutes les folies qu’il nous débita. Mais nous étions exténués de rire. Peu à peu cependant la solennelle majesté de la nuit nous enveloppa, et de parole en parole, de réflexions en réflexions, notre conversation devint sérieuse, très sérieuse ; s’éleva, s’éleva ; puis, nous cessâmes de parler et votre mère seule poursuivit, de sa voix douce et pénétrante, le discours commencé. Nous écoutions. Henry lui-même était saisi. Elle nous parla de Dieu, si admirable dans ses œuvres, en des termes qui trahissaient sa grande habitude de la contemplation et ses longs tête-à-tête avec l’Imitation de Jésus-Christ, son livre de chevet. Puis, par je ne sais quelle association d’idées, sa pensée se reporta sur tout cet invisible monde des chers disparus, phalange – trop nombreuse hélas ! – d’êtres aimés qui sont partis avant nous pour le grand voyage, dont le souvenir se ravive sans cesse dans les cœurs fidèles au contact de mille choses, douces ou cruelles qui leur furent familières ; vers qui vont nos regrets et nos prières ; dont nous croyons parfois sentir la présence autour de nous, comme une sauvegarde bénie…

Trop tôt la petite cloche du château fît entendre son appel. Nous eussions voulu longtemps encore nous abandonner au charme de cette voix aimée. Mais la nuit était déjà très avancée. De la plaine envahie par l’ombre quelques lumières seulement apparaissaient çà et là. Le firmament splendide étendait sur nos tètes son dôme de saphir sombre où brillaient des milliers d’étoiles. Un seul mot sortit alors de nos poitrines, spontané comme un élan du cœur : « Oh ! que c’est beau ! » et la comtesse ajouta : « Que Dieu est bon ! »

.. Cher vieux banc de bois, cher vieux banc des sous-offs, quand me sera-t-il donné de m’y asseoir à nouveau ?… Mais, hélas ! nous n’y serions pas tous !…

Jacques PRABÈRE (18..-19..).

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2 juillet, 2017

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Classé dans : Non classé — unpeudetao @ 17:57

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Jean de LA HÈVE : La mort des ramoneurs

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 4:47

LE grand ciel était tout jonché d’étoiles ;

La bise en passant glaçait les chemins :

Les petits marchaient, soufflant dans leurs mains,

À peine vêtus de mauvaises toiles.

La neige couvrait la plaine autour d’eux ;

Des branches tombaient mille pendeloques ;

Mordus par le froid, tristes sous leurs loques,

Les petits allaient, graves tous les deux.

Or, n’en pouvant plus, haletant, le jeune

Dit : « Paul, arrêtons, vois-tu, j’ai trop faim !

« On a beau vouloir, on succombe enfin…

« Le froid fait bien mal, frère, quand on jeûne. »

Paul avait onze ans. Pierre en avait neuf.

L’homme d’onze ans fit : « Allons ! du courage !

« J’aperçois là-bas lumière au vitrage :

« On nous prêtera la paille du bœuf. »

Pierre se reprit à marcher quand même.

Il pensait : « Hélas ! pourquoi suis-je ici ?

« Mais il faut gagner de l’argent aussi,

« Pour le gai retour vers tout ce qu’on aime ! »

Et faisant claquer leurs rudes sabots,

Ils allaient au but, penchés, côte à côte,

Tandis que, pour Dieu qui serait leur hôte,

Un ange creusait leurs petits tombeaux.

« Il n’y avait pas de place à la ferme,

Ni de pain – dit-on – pour ces noirs flâneurs. »

Cela fit pleurer les deux ramoneurs,

Et Pierre tomba. Mais l’aîné plus ferme,

Dit : « Viens et fuyons vite ces méchants !

« Nous dormirons mieux sur la blanche terre ;

« Viens vite ! viens donc, mais viens, petit frère :

« Le bon Dieu nous offre un lit dans les champs. »

Et le lendemain, quand parut l’aurore,

Comme pâlissait l’étoile au ciel bleu,

Au bord d’un fossé, le curé du lieu

Trouva les petits qui dormaient encore :

Des pleurs de cristal perlaient à leurs yeux ;

La main dans la main, ils gisaient : leurs âmes

Avaient fui là-haut, aux astres en flammes

Que Dieu fait brûler au foyer des cieux.

Jean de LA HÈVE (1864-1946).

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1 juillet, 2017

A. FINK aîné : La maison natale

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 6:25

À dix-huit ans, les yeux en larmes, j’ai quitté

Le modeste logis témoin de ma naissance,

De mes jeux enfantins, de mon adolescence,

Où la première fois l’amour m’a visité.

Depuis, cinq autres toits banals m’ont abrité ;

Mon cœur a, sous chacun, trouvé deuil et souffrance ;

J’ai pour eux de la haine ou de l’indifférence,

Le premier – le meilleur – est le seul regretté.

Heureux celui qui peut passer toute sa vie

Sans folle ambition, sans orgueil, sans envie.

Gardant avec respect les souvenirs anciens ;

Et, – quand sur lui la mort pose sa main brutale, –

Rendre le dernier souffle, environné des siens,

Consolé par la Foi, dans la maison natale.

A. FINK aîné (XIXe siècle).

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30 juin, 2017

Berthe GRIEUMARD : Remember

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 4:53

St-Édouard.

MON cher fils, en ce jour de ta première fête,

Reçois, avec les vœux formés pour ton bonheur,

Reçois et grave-les pour toujours dans ta tête,

Les conseils maternels que me dicte mon cœur.

Tu vas avoir seize ans et tu sors de l’enfance ;

Ton cœur, si jeune encore, a connu la douleur ;

Cependant, ô mon fils, conserve l’espérance

Dans le plus grand danger, dans le plus grand malheur.

Reste bon et loyal, généreux et sincère ;

En conservant la Foi, tu garderas l’honneur,

Et tu pourras alors goûter sur cette terre

Tout ce que l’Âme peut y trouver de meilleur !

Berthe GRIEUMARD (XIXe siècle).

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29 juin, 2017

Georges VAN MELLE : La Mère de douleur

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 4:47

Ex-voto

Ô Vierge Sainte, je vous prie

Pour celles que le deuil attend…

Pour la douce et naïve enfant

Dont les petits bras vous supplient,

Pour les sœurs et les fiancées,

Pour les épouses éplorées,

Pour les mères, – voyez, leur cœur

Est un abîme de douleur.

Ô Vierge sainte, je vous prie

Pour celles que le deuil attend.

Georges VAN MELLE (1888-19..), belge.

 

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28 juin, 2017

José VINCENT : La Visitation

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 4:52

En ces jours-là,

Notre-Dame s’en alla

Vers la Judée.

Sa jeune âme était inondée

Des bienfaits infinis d’En-haut.

La nature sortait du nocturne repos.

Dans l’air planait une colombe.

Tout souriait. Même les tombes

Avaient un air d’attendre et d’espérer

La mort du mal, la fin du viager

Et le rayonnement d’une paix éternelle.

Marie aperçut la margelle

Du puits,

Le seuil du logis,

La terrasse

Basse,

Le rucher,

Le verger,

Des roses

D’incarnat

Moins rose,

De moins vif éclat

Que sa joue,

Sur une motte la houe,

Et, s’épanchant

À torrents

De l’abîme du ciel bleu,

La bénédiction de Dieu.

Marie

Franchit le seuil de Zacharie.

Élisabeth était là.

La Vierge la salua

D’un mot tendre et d’un sourire

Où toute la splendeur du jour se refléta.

Les colonnes des cieux sur leurs bases frémirent.

Et dans le sein d’Élisabeth

L’enfant que le monde attendait,

L’enfant, précurseur du Messie,

Bondit vers le sein de Marie.

D’une voix qui répercutait,

Immense, sonore, profonde,

Jusques aux confins du vieux monde,

La voix divine de l’Esprit,

Élisabeth reprit

Ces mots par l’Ange déjà dits :

« Salut à vous, Vierge Marie,

Sous le regard du Ciel, ô Rose épanouie !

Dieu lui-même vous a choisie,

Et béni votre Fils comme Il vous a bénie.

La séculaire épreuve avec vous est finie.

Mais pour moi-même quel honneur

Que la Mère de mon Seigneur

Ait quitté Nazareth et vienne

Abriter sous notre toit

Le Seigneur, le Maître, le Roi,

Le Dieu que ne contiennent

Qu’à peine

Le ciel et l’espace infini !

Ma maison déborde de joie

À voir entrer Celui que notre Dieu m’envoie.

Mon jardin exulte. Les nids

Comme mon cœur palpitent.

En mon sein rajeuni s’agite

Et tressaille et bondit

Mon enfant tout rempli du souffle de l’Esprit. »

Alors éclata le cantique

Unique,

Le cantique parfait qui n’aura pas de fin.

La Vierge joignant les mains

Dans l’air suave du matin

Fit retentir ces mots divins :

« Ciel et mer, écoutez. Terre, reste muette.

Ouvre-toi, mon âme, ouvre-toi

Pour contenir le ciel et Celui qui t’a faite.

Ô mon âme, exalte ton Roi.

« Il m’a vue à ras de l’herbe

De si loin et de si haut !

Il a cueilli le lys à peine éclos

Et j’enfanterai le Verbe.

Le Très Grand,

Le Très Puissant,

S’est épris de ma faiblesse

Et de ma bassesse.

Il aime les petits.

Il aime ce qui se blottit

Loin du bruit,

Dans la pénombre où rien ne luit,

L’obscure vertu de celui

Que jamais personne ne vante,

Et le néant de sa servante.

Le long désir de l’homme est enfin assouvi.

Le Seigneur a tenu ce qu’il avait promis.

Il l’a tenu par moi, il le tient par son Fils,

Qui dans mon sein repose.

En moi le Tout-Puissant a fait de grandes choses.

Ô mon âme, exalte ton Roi.

Ouvre-toi, mon âme, ouvre-toi

Pour contenir le ciel et Celui qui t’a faite.

Terre, ne reste plus muette.

Jubile et tressaille avec moi.

L’ère douloureuse est passée.

Chante la vertu du Seigneur.

Égoutte-toi, fraîche rosée,

Je vais enfanter le Sauveur. »

José VINCENT (1869-19..).

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