30 avril, 2018

Maître Eckhart : La sagesse du monde est sottise devant Dieu

Classé dans : lecture, ecriture — unpeudetao @ 5:22

Dans le livre de la Sagesse il est écrit que tous les hommes en qui l’art de Dieu n’est pas sont des insensés, parce que tous les hommes en qui Dieu lui-même n’est pas sont des insensés. En effet, qui n’a pas l’art de Dieu ne peut avoir Dieu, et qui n’a pas Dieu ne peut connaître aucune vérité, car Dieu est celui qui enseigne toute vérité. Et c’est pourquoi qui n’est pas en Dieu est dans le mensonge et sans aucune sagesse.

Un homme peut bien avoir la sagesse du monde sans la sagesse divine, mais tout cela est sottise devant Dieu et est une sagesse sans sagesse, et il vaut bien mieux l’appeler une singerie plutôt qu’une sagesse. Or la question est de savoir qui possède l’art divin. Ici Maître Eckhart dit que c’est l’homme qui se soumet totalement à Dieu, avec une humilité profonde et juste, de telle sorte que sa volonté devient totalement la volonté de Dieu, et la volonté de Dieu sa volonté, car le prophète Isaïe parle ainsi : « Dieu n’enseigne la vraie sagesse qu’aux humbles  » et il est aussi écrit dans le livre de la Sagesse : « Là où est l’humilité, là est la vraie sagesse », et Ptolémée, un maître païen, dit : celui qui est le plus humble parmi les sages, celui-là est le plus sage de tous. Et Maître Eckhart dit qu’à cette humilité l’amour appartient, parce que toute humilité serait complètement morte si l’amour n’y était pas, parce que c’est l’amour qui donne à toutes les vertus de pouvoir être appelées vertus.

Maître Eckhart (1260-1327).

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29 avril, 2018

Guy DELAHAYE : Jet de sagesse

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 5:10

Le vieux maître est là-bas courbé devant la Vierge,

La suppliant enfin de lui garder son fils ;

Son oeil plonge en arrière, au temps lointain des lys,

Et son front resplendit sous le baiser des cierges.

Y croyait-il, hier, à l’Être où tout converge ?

Le Dieu récent est-il donc celui de jadis ?

Le passé meurt-il au son du De Profundis ?

Est-ce l’enfant perdu que le pasteur asperge ?

Le vieux maître est là-bas courbé devant la Vierge,

Et son front, qu’éclairait un jour reconnu faux,

Resplendit aujourd’hui sous le baiser des cierges.

L’ange atteint chaque erreur d’une invisible faulx,

Puis, sur cette ruine où la grâce déferle,

Brillent les bons vouloirs en chapelets de perles.

Guy DELAHAYE (1888-1969), poète québécois.

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