26 mai, 2017

Pierre VALDELIÈVRE : Virgo

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 5:12

Pour la première fois, sous l’afflux de la honte,

Voyant sa nudité, elle sent que lui monte

La rougeur de sa faute, et tient son front caché.

Sa coupable faiblesse en la rendant mortelle

Du même coup la frappe en sa postérité :

Et voici qu’elle entraîne en son indignité

Le genre humain entier qui devait naître d’elle.

Mais Dieu dans ses conseils sages et souverains,

Au moment où son bras la châtie et l’accable,

Conçoit au même instant le rachat du coupable,

Voulant par le pardon limiter les chagrins.

« Puisque la femme, ouvrant à la malice infâme

Son oreille et son cœur, a bravé ma bonté,

Par un moyen semblable il faut la racheter

Et Lucifer sera vaincu par une femme.

» Et je m’incarnerai pour la Rédemption

Dans le sein d’une vierge exempte de souillure :

Il faut que plus que toute elle demeure pure,

Depuis le premier jour de sa conception.

» Par elle le serpent connaîtra la défaite :

Forte comme une armée, au seuil de l’univers

Elle se dressera dominant le pervers,

Et d’un talon vainqueur écrasera sa tête. »

Il dit, et c’est pourquoi parmi tous les humains

Ô Vierge, vous voici la seule créature

Sans faute originelle, idéalement pure,

Intacte, comme Dieu vous créa de ses mains.

Et quand l’ange du ciel ceint de son auréole

Vous apparut, porteur du message divin,

L’annonce qu’il vous fit ne fut point dite en vain :

« Qu’il me soit fait, Seigneur, selon votre parole. »

Soumise et consentante au désir de l’Époux,

Vous avez accepté votre part du mystère,

Ce miracle nouveau, qu’une vierge fût mère,

Et le Verbe fait chair habita parmi nous.

Et plus tard, vous avez voulu, dans la vallée

Où le Gave ruisselle, apparaître aux enfants

Pour nous faire connaître, en des mots triomphants

Qu’ils ne comprenaient pas : « Je suis l’Immaculée. »

Pierre VALDELIÈVRE (18..-1957).

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25 mai, 2017

Jeanne JOANNARD : Prière

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 5:45

Une détresse immense a dévasté mon âme,

Mais mon cœur rendu fort, n’a plus peur de souffrir,

Confiante je vais vers Celui qui réclame

Ma blessure à panser, ma blessure à guérir !

Seigneur, c’est Votre cœur, divin roc séculaire

D’où l’on peut voir venir sans frayeur le flot noir,

Votre cœur, plage douce où meurt la vague amère,

Votre cœur qui nous verse, et la force et l’espoir !

Ah ! tout peut me manquer dans ce désert du monde,

Mais si Vous êtes là, Seigneur, doux est l’exil…

Merci de tout ! Merci de la peine féconde,

Qui me rend mieux à Vous Seigneur ! Ainsi soit-il.

Jeanne JOANNARD (XXe siècle).

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24 mai, 2017

F.-H. BAUDRY : Les oiseaux de la Sainte Vierge

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 5:16

(À la petite Marie-Thérèse G..).

Nos gais rossignols de muraille

Ont élu chez nous un doux coin ;

Là, tout ce dont ils ont besoin :

Beaucoup de paix, un peu de paille.

Le lierre sur leur nid tressaille

Et le protège avec grand soin ;

De plus, la Madone, non loin,

Vers les fleurs incline sa taille.

Elle tient son cher Enfançon.

Sur elle, en parlant sa chanson,

Se pose l’oiselet qui l’aime.

Il forme un fleuron au-dessus

Des fleurons de son diadème,

Puis baise le petit Jésus.

F.-H. BAUDRY (XIXe siècle).

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