22 septembre, 2017

Charles MARILLIER : Souvenir et aspiration

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 6:09

(DÉDIÉE À M. DE LAMARTINE).

Amis, j’ai vu le jour au milieu des montagnes

Devant la lente d’un berger ;

Dans les sombres forêts mes première compagnes

Je fus un hôte passager.

Sur ces sommets lointains où Dieu place son trône

Un air pur gonfla mes poumons,

Et je bénis ce Dieu, parmi les biens qu’il donne,

De m’avoir fait enfant des monts !

Là, tout près du grand ciel, la superbe nature

Me berça dans ses bras mouvants ;

Et ma voix se nota sur son vaste murmure,

Mon cœur sur le bruit des grands vents.

Encore tout enfant, je courais sur les cimes

M’enivrant des parfums du ciel,

Et mon cœur aspirait vers les sphères sublimes

Ayant la terre pour autel.

Oh ! splendeurs d’un pays où tout chante et palpite,

Où l’Éternel se montre à nous ;

Grands monts, qui vous penchez dans l’azur sans limite,

Forêts où l’on prie à genoux !

Vous avez dans mon âme imprimé vos murmures,

Je suis un écho de vos voix ;

C’est dans vos vastes bras que de visions pures

Je rêvai la première fois.

En entrant dans un monde où règne l’égoïsme,

Oh ! que je me trouve à l’écart !

Où je plaçais le beau, j’aperçois le cynisme,

La vertu, l’honneur sont à part !

Reviens, rêve d’enfance, animer ma jeunesse

Qui semble gémir sous des fers ;

Car aujourd’hui, je veux, rappelant mon ivresse,

M’élever contre les pervers !

Je veux défendre l’art et les saintes doctrines

De toute prostitution ;

Les sauver, ou mourir, sous leurs vastes ruines,

Victime de ma mission !

Charles MARILLIER (XIXe siècle).

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21 septembre, 2017

J. PETIT-SENN : Les hirondelles et les écoliers

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 6:24

Sur le faîte du toit qui couvre notre école

Les hirondelles vont jaser chaque matin,

Couronnant la maison de la gaie auréole

De leur troupe joyeuse au babil argentin.

À nos âpres hivers par l’automne enlevées,

Elles vont, préludant à leur départ prochain,

Préparer sagement leurs récentes couvées

Aux fatigues qu’entraîne un voyage lointain.

Des petits écoliers, ces images fidèles

Bientôt s’éloigneront et quitteront ces lieux ;

Dans vingt pays divers fuiront les hirondelles

Ainsi que ces enfants iront sous d’autres cieux.

De la jeune exilée à l’humeur passagère

Avec le frais printemps nous verrons le retour ;

Elle doit arrivant de la rive étrangère

Au nid qui la vit naître être mère à son tour.

Mais plus d’un exilé de l’école champêtre

Loin d’elle achèvera peut-être son destin,

Pleurant le beau pays où Dieu lui donna l’être

Et l’abri fortuné de son riant matin.

L’hirondelle obéit, l’Éternel qui la mène

Fixe de son exil et le terme et le lieu.

Mais le guide orgueilleux nommé raison humaine

Ne vaut pas cet instinct donné par le bon Dieu.

Éternel, aux enfants ainsi qu’à l’hirondelle,

Donne, s’ils vont au loin chercher des cieux plus doux,

Cet instinct merveilleux à qui l’oiseau fidèle

Doit de trouver ailleurs les biens qu’il eût chez nous.

J. PETIT-SENN (XIXe siècle).

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