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31 mars, 2014

Peau de vachette (Conte arabe)

Classé dans : — unpeudetao @ 13:41

Il était une fois, un sultan qui avait deux femmes qui ne lui donnèrent pas d’enfant. Sur les conseils de son astrologue, il se remaria une troisième fois. Cette troisième épouse avait vu en songe qu’elle tenait dans ses bras une lune traversée par un rayon de lumière. Comme elle était enceinte, elle en fit la confidence à ses concubines : – Selon ce bon présage, je mettrai au monde un garçon avec, sur le front, une mèche de cheveux en or. Cette prémonition suscita la jalousie des deux femmes. Elles complotèrent et le jour de l’accouchement, elles en appelèrent à la maudite vieille Settoute en lieu et place d’une sage femme. Comme il était prédit, la mère mit au monde un beau petit garçon avec sur le front une mèche d’or. Settoute le remplaça par un chiot et l’emporta sous son voile. Le sultan s’impatientait de voir le bébé à la mèche d’or quand ses deux premières épouses lui tendirent le chiot en lui annonçant d’un air catastrophé : – Tu as épousé un monstre, voilà le fruit de ses entrailles. – Quoi ? Une femme qui accouche d’un animal mérite de vivre avec les animaux. Habillez-la d’une peau de vache et attachez-la avec les bêtes, hurla le sultan. La pauvre mère en couche n’avait pas eu le temps de voir son enfant. Accusée de monstre, elle se retrouva parmi les bêtes. Pour se débarrasser du bébé, Settoute le déposa dans une corbeille et le livra à la mer. Fort heureusement, les flots ne tardèrent pas à le rejeter sur une plage isolée à l’endroit exact où un pêcheur, très pauvre, préparait ses filets. La corbeille qui scintillait au soleil attira son attention. Il s’en approcha et découvrit le nourrisson avec de l’or sur l’oreiller. Comme il n’avait pas d’enfant, au comble du bonheur, il courut le porter à sa femme : – Notre maison se remplit ! Le ciel nous a envoyé un fils ! Un fils avec de l’or sur la tête. Nous voilà comblés. Le pêcheur et sa femme devinrent riches. Il leur suffisait de vendre au souk l’or recueilli chaque matin sur l’oreiller du petit garçon. Le temps passa dans le bonheur et la paix et l’enfant grandit en âge, en intelligence et en beauté. Un jour, l’un de ses camarades après une bousculade, lui lança avec mépris: – Pour qui te prends-tu ? Tu n’es que le fils de la vague. Ces paroles plongèrent le jeune homme dans une profonde mélancolie. Il se plaignit à ses parents. Le pêcheur et sa femme lui dirent toute la vérité : – Dieu nous est témoin, nous t’aimons comme notre enfant, mais il est temps que tu recherches ta vraie famille. Va ! Notre bénédiction t’accompagne. Retrouve tes origines. – Je reviendrai si le ciel me prête vie ! promit le jeune homme. Il enfourcha son cheval et prit la route. Il voyagea longtemps, longtemps. Il traversa des villes prospères, des contrées arides, des pays inconnus. Enfin, au bout de maintes péripéties, le hasard le conduisit dans le sultanat de son père. Lorsqu’il entendit l’histoire de Peau de Vachette, cette femme de sultan qui accoucha d’un chiot au lieu d’un fils à la mèche d’or, il reconnut sa mère ! Il était donc prince ! Et comme il était riche et de noble allure, il réussit à se faire inviter par le sultan. Il se présenta au palais avec une malle. Cette malle contenait de somptueux vêtements, des baumes, des savons et des parfums. Après dîner, il provoqua la surprise du sultan lorsqu’il lui formula cette demande : – Sire, permettez à cette créature surnommée Peau de vachette de venir dormir dans ces appartements que vous mettez à ma disposition. – Vous n’y pensez pas mon ami ! Ce n’est pas un être humain ! objecta le sultan. – Sire, je vous le demande comme une faveur au nom de l’hospitalité que vous m’accordez. – Soit ! Comme vous voudrez ! Mais demain, après votre départ, elle retournera avec les bêtes. Le prince ne dit plus rien et reçut Peau de vachette qui s’endormit, pour la première fois, depuis longtemps, à l’abri. Dans la nuit, il la réveilla discrètement, ouvrit sa malle et l’invita à se servir : – Voilà de quoi te laver, te coiffer, te parfumer et t’habiller. L’heure de la vérité a sonné. La pauvre femme obéit sans comprendre ce qui lui arrivait. Un moment après, elle apparut vêtue de magnifiques kaftans. Elle scintillait. Ce fut alors que le jeune homme ôta son turban et lui annonça d’une voix émue : – Regarde mon front ! Je suis ton fils et tu es ma mère ! Jamais tu n’as accouché d’un chiot. Elle se jeta dans ses bras. Les cris de joie alertèrent le sultan qui accourut. Il fut stupéfait de voir avec son invité une belle, plus belle que le soleil. Il se crut victime de quelque Djinn venu troubler son esprit quand son hôte lui révéla la vérité en ôtant son turban pour la deuxième fois : – Monseigneur ! Je suis votre fils et cette femme est ma mère. Regardez mes cheveux. Ainsi, rien n’empêcha la vérité de se révéler au grand jour. Les deux concubines furent chassées, exilées à tout jamais. Puis le sultan, après les pardons, organisa un nouveau mariage avec celle qu’il avait si injustement punie. Le prince n’oublia pas ses parents adoptifs qu’il fit venir auprès de lui. Et tous vécurent heureux, ensembles, et longtemps.

 

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