17 octobre, 2014

I DONOSO CORTÈS (Pensées)

Classé dans : — unpeudetao @ 19:22

Un des caractères de l’époque actuelle, c’est l’absence de toute légitimité. Les races gouvernantes ont perdu la faculté de gouverner ; les peuples, la faculté d’être gouvernés. Il y a donc dans la société absence forcée de gouvernement. Aujourd’hui, les gouverneurs des peuples peuvent s’appeler rois ou présidents, ils ne gouvernent pas. Les peuples peuvent se constituer, selon leur caprice, en républiques ou en monarchies, ils ne sont pas gouvernés. Mais, s’il n’y a pas de gouvernements, il ne peut pas y avoir de gouvernements légitimes : il faut exister pour exister d’une certaine manière. Admirable concordance des choses humaines ! Voici un siècle qui s’occupe exclusivement de la matière et qui donne tout son cœur aux jouissances matérielles ; Dieu, le récompensant dignement de ses œuvres, lui retire la protection du droit et le fait tomber sous le joug de la force ! On dit que nous allons à la barbarie. Plût à Dieu ! La barbarie a un avantage sur la civilisation : elle est féconde, la civilisation est stérile. La civilisation n’engendre pas, et la barbarie a engendré toutes les civilisations. Non, nous n’avons pas la triste consolation d’aller à la barbarie. Où sont les barbares ? N’honorez pas de ce nom les implacables Catilina qui, sur les autels du dieu de leurs orgies, jurent de lui livrer le dieu vaincu de Rome.

 

II DONOSO CORTÈS (Pensées) http://unpeudetao.unblog.fr/pensees-diverses-donoso-cortes/ii-donoso-cortes-pensees/

 

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