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24 août, 2014

Plaintes d’une jeune Israélite sur la destruction de Jérusalem, Adélaïde-Gillette Billet DUFRESNOY

Classé dans : — unpeudetao @ 16:45

Ô mes pleurs, ne tarissez pas,       Mouillez jour et nuit ma paupière ; Soleil, à mes regards dérobe ta lumière ; La fille de Sion, Jérusalem, hélas ! Sous un joug odieux courbe sa tête altière.       Ô mes pleurs, ne tarissez pas,       Mouillez jour et nuit ma paupière. Comment du Chaldéen reçoit-elle des lois,       La cité maîtresse du monde, Qui naguère imposait le tribut à cent rois ? Ô ma chère patrie ! ô douleur trop profonde ! Tout Israël captif est sans force et sans voix. Comment a succombé l’orgueil de ta puissance ? Comment tant de guerriers armés pour ta défense Laissent-ils échapper le glaive de leur main ? Deviez-vous embrasser une lâche espérance, Coupables habitants des rives du Jourdain ? Pourquoi de nos vengeurs enchaîner la vaillance ? L’ennemi, redoutant leur généreux effort, Criait : La paix ! la paix ! Il apporte la mort. Toi, que Dieu remplissait de sa majesté sainte, Temple dont Salomon avait tracé l’enceinte, L’airain, le marbre, l’or qui couvraient tes parvis, Par l’indigne vainqueur à mes yeux sont ravis ; La pitié n’entre pas dans son âme cruelle,       Il frappe et l’épouse et l’époux ; Le débile vieillard, l’enfant à la mamelle, Le lévite lui-même expirent sous ses coups. Déplorable héritier du plus illustre trône,       L’infortuné Sédécias,       Conduit esclave à Babylone, Au fond d’un noir cachot va subir le trépas. Nul ami n’entendra sa plainte et sa prière, Nul ami n’aura soin de son heure dernière.       Ô mes pleurs, ne tarissez pas,       Mouillez jour et nuit ma paupière. Voilà, voilà le fruit de tes iniquités, Sion ! de l’Éternel ta bravas les paroles ; Sur l’autel du vrai Dieu tu plaças des idoles ;       Tu t’enivras de voluptés : Ton châtiment est juste, et le Dieu des batailles Pour l’exemple du monde a brisé tes remparts,       Tes ennemis de toutes parts       Accourent à tes funérailles. Sion trahit son Dieu, Dieu punit les ingrats.       Soleil, cache-moi ta lumière :       Ô mes pleurs, ne tarissez pas,       Mouillez jour et nuit ma paupière. Ô coteau d’Engaddi, doux sommet du Carmel, Qui versez à grands flots le vin, l’huile et le miel, Je ne reverrai plus vos ombrages propices ! La main de l’étranger cueillera vos moissons ;       Le sang rougira ces buissons Où les roses d’Éden entrouvraient leurs calices. Lieux sacrés, loin de vous on nous entraîne, hélas !       Soleil, cache-moi ta lumière :       Ô mes pleurs, ne tarissez pas,       Mouillez jour et nuit ma paupière. Cependant Dieu l’a dit (il n’a jamais trompé) : Judas qu’en ce moment sa colère humilie, Des fers de son vainqueur quelque jour échappé, Verra de Salomon la cité rétablie. Mais sous un autre ciel on nous entraîne, hélas !       Soleil, cache-moi ta lumière : Ô mes pleurs, ne tarissez pas,       Mouillez jour et nuit ma paupière.

 

Adélaïde-Gillette Billet DUFRESNOY (1765-1825).

 

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