22 juillet, 2009

12 S’AIMER TEL QUE L’ON EST

Classé dans : — unpeudetao @ 6:58

 
La plupart des humains souffrent, en effet, parce qu’ils désirent être ce qu’ils ne sont pas, parce qu’ils veulent vivre une autre vie, celle d’une star
ou d’un magnat. Ils regardent avec regret et nostalgie les occasions manquées et se reprochent de n’avoir pas mieux profité de la vie, de n’avoir pas su
avancer et conquérir. “Si c’était à recommencer…”Ils s’en veulent de ne pas être le centre du monde qu’ils devaient être, qu’ils ont toujours souhaité
être. Ou simplement, ils regrettent leurs limites, n’acceptent pas d’être conditionnés: petits, laids, nés en province de parents pauvres, peu habiles
en amour, plutôt naïfs. Au point qu’ils ne verront même pas leurs qualités: générosité, chaleur, compréhension des autres, fiabilité, esprit de travail,
courage, intelligence; tant leur refus d’eux-mêmes bloque leur vision. D’autres se détestent et s’abaissent dans le but d’être relevés et loués par ceux
et celles qu’ils admirent. Ces personnes se disent seules, paresseuses, sans talent, afin de stimuler des réactions de pitié, de condoléance, d’encouragement
ou même de louange.

 
Elles cherchent l’entourage maternel et complaisant qui les couvera, les portera, qui les ramènera vers un monde passé qu’elles regrettent. Derrière toutes
ces manigances, il y a l’éternel désir d’être aimé. L’enfant en nous crie encore son insatisfaction, son manque aigu: “Maman, aime-moi”. Les humains en
grande majorité sont, en effet, infantiles par leur émotivité. Ils confondent émotivité et amour. Ils croient qu’être attirés sexuellement, c’est aimer.
Ils croient qu’être dépendants d’une personne forte et dominante, c’est vivre un grand amour. Mais une attraction ce n’est que cela, une attraction (appelée
aussi passion, coup de foudre), quelque chose de subit, comme un goût pour le sucre, quelque chose qui exprime un manque et non une générosité, une plénitude.
Car l’attraction, comme on l’a vu, est inséparable de la répulsion: l’attraction sexuelle ou sentimentale peut durer un temps, mais si l’on n’a pas développé
son autonomie et une connaissance suffisante de soi à tous les niveaux, l’attraction se transforme spontanément en répulsion: “On a décidé de se quitter,
on ne s’aime plus”.

 
En réalité, lorsque des amants se disent: “Puisqu’on ne s’aime plus, on se quitte”, ils se quittent avant d’avoir su s’aimer. Ils n’ont connu que l’étape
de la fusion, c’est-à-dire l’identification. Il leur manque de se connaître dans leur autonomie individuelle, dans leurs limites et conditionnements personnels.
C’est ensuite, après que chacun se sera connu dans ses aspects négatifs et positifs, qu’il pourra se voir indépendamment de l’autre, pour entrer dans une
union qui dépasse et guérit les différences des deux. (Curieusement, il semble qu’il faille passer par une séparation si on veut s’unir réellement. Peut-être
même que la séparation (le divorce?) Est une étape importante mais provisoire dans une relation. C’est une étape devenue un raté, un ajournement, en refusant
de se regarder plus en profondeur. Et comme cette étape est perçue comme finale dans la société, à cause de la conception idéaliste et infantile que l’on
se fait du couple, les partis concernés passent à côté du véritable amour, qui n’est jamais séparable de la véritable connaissance de soi.) Le processus
décrit ici se déroule dans toutes les relations d’amour et même dans toutes nos relations avec les choses, tout aussi bien qu’avec les émotions et les
souffrances.

 

 

Laisser un commentaire

Ilona, Mahée et Mila. |
Amour, Beauté, Paroles, Mots. |
Les Ailes du Temps |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | David Besschops
| professeur.de.français
| billierose