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17 janvier, 2012

Prière de l’âme embrasée de l’amour divin, Saint Jean de la Croix

Classé dans : — unpeudetao @ 13:47

 

Seigneur mon Dieu, mon bien-aimée, si le souvenir de mes péchés vous empêche de m’accorder ce que je demande, qu’il en soit fait, mon Dieu, selon votre volonté, qui est ce que je désire sur toute chose; et faites de moi l’objet de votre bonté et de votre miséricorde, afin que vos créatures vous y reconnaissent.
Que si vous attendez mes oeuvres, pour m’accorder ainsi ce que je demande, donnez-les moi, Seigneur, opérez-les en moi, et joignez-y les peines que vous voudrez bien accepter de moi. Mais si vous n’attendez pas mes oeuvres, qu’attendez-vous, ô mon très miséricordieux Seigneur? Que tardez-vous? Si vous voulez enfin m’accorder cette grâce et cette miséricorde que je vous demande par votre Fils, prenez tout mon petit avoir, puisque vous le voulez; et donnez-moi ce bien, puisque vous le voulez aussi. Ô tout-puissant Seigneur, mon âme s’est desséchée, en oubliant de se nourrir en vous. Je ne vous connaissais pas, ô mon Seigneur, lorsque je voulais encore savoir et goûter quelque autre chose! Oh! qui pourra se délivrer des modes et des termes d’ici-bas, si vous ne l’élevez vous-même jusqu’à vous, dans la pureté de votre amour, ô mon Dieu? Vous revenez, Seigneur, relever avec joie et avec amour celui qui vous a offensé; et moi, je me refuse à relever et honorer celui qui m’invite! Comment pourra donc monter jusqu’à vous l’homme engendré, l’homme élevé dans une si profonde bassesse, si vous ne le relevez, ô Seigneur, de cette même main qui l’a créé?

 

Ô tout-puissant Seigneur, si une étincelle de l’empire de votre justice a tant de force en un prince mortel, qui gouverne et meut les nations, que ne fera pas votre toute-puissante justice sur le juste et sur le pécheur?

 

Seigneur mon Dieu, vous ne rejetez point celui qui ne vous rejette point. Comment les hommes disent-ils que vous vous éloignez, ô Seigneur mon Dieu? Quel est celui qui, vous cherchant avec un amour pur et simple, ne vous trouvera pas, et en vous son goût et sa volonté, ô vous qui, le premier , vous montrez et venez au devant de ceux qui vous désirent?

 

Vous ne m’ôterez pas, ô Seigneur mon Dieu, ce que vous m’avez donné une fois, en la personne de Jésus votre Fils unique, en qui vous m’avez donné tout ce que je veux. Je me réjouirai donc dans la pensée que vous ne retarderez point, si je vous attends. Et que tardes-tu toi-même, ô mon âme, puisque dès à présent tu peux aimer Dieu en ton coeur!

 

Les cieux sont à moi; la terre est à moi; les nations, à moi; les justes, à moi; les pécheurs, à moi! Les anges sont à moi; et la Mère de Dieu, et toutes les choses créées! Mon Dieu lui-même est à moi et pour moi, puisque Jésus-Christ tout entier est à moi et pour moi! Que demandes-tu donc et que cherches-tu encore, ô mon âme? Tout est à toi; tout est à toi; ne te rabaisse point! Ne t’arrête pas à quelques miettes tombées de la table de ton père! Lève-toi et glorifie-toi de ce qui fait ta gloire; cache-toi en elle et réjouis-toi; les désirs de ton coeur seront exaucés!

 

Ô très doux amour de Dieu méconnu! Celui qui vous a trouvé se repose. Et que maintenant tout change, à la bonne heure, ô Seigneur mon Dieu, pourvu que je demeure avec vous et en vous! Que j’aille avec vous par où vous voudrez! Que j’aille avec vous par où vous voudrez; ce sera aussi par où je voudrai. Mon bien-aimé, tout pour vous, rien pour moi; mais rien pour vous aussi, et tout pour moi! Tout ce qui sera doux et savoureux, je le veux pour vous, et non pour moi! Tout ce qui sera âpre et pénible, je le veux pour moi, et non pour vous! Ô mon Dieu, combien sera douce pour moi votre présence, puisque vous êtes le souverain bien! Je veux m’approcher de vous en silence et découvrir vos pieds divins, afin que vous trouviez bon de m’unir à vous, en prenant mon âme pour épouse; et je ne me réjouirai qu’entre vos bras. Et maintenant, je vous en supplie, ô Seigneur, ne me délaissez jamais, moi qui pour vous ai méprisé mon âme!

 

Saint Jean de la Croix (1542-1591).

 

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Une réponse à “Prière de l’âme embrasée de l’amour divin, Saint Jean de la Croix”

  1. unpeudetao dit :

    Saint Jean de la Croix
    (1542-1591).

    Saint Jean de la Croix naquit près d’Avila, en Espagne. Jouant un jour au bord d’un étang, il glissa au fond de l’eau; une grande et belle dame vint lui offrir la main pour le sauver: « Non, dit l’enfant, vous êtes trop belle, ma main salirait la vôtre. » Alors un vieillard se présenta, marchant aussi dans l’eau, tendit son bâton à l’enfant et le ramena sur le bord. Une autre fois il tomba dans un puits; on croyait l’y retrouver mort; il était assis paisiblement :
    « Une belle dame, dit-il, m’a reçu dans son manteau et m’a gardé. » Ainsi Jean croissait sous le regard de Marie.

    Un jour qu’il priait Notre-Seigneur de lui faire connaître sa vocation, une voix intérieure lui dit: « Tu entreras dans un Ordre religieux, dont tu relèveras la ferveur primitive. » Il avait vingt et un ans quand il entra au Carmel, et dépassa de beaucoup tous ses frères, tout en cachant ses oeuvres extraordinaires.
    Il habitait un réduit obscur, mais dont la fenêtre donnait dans la chapelle, en face du Très Saint-Sacrement. Il portait autour du corps une chaîne de fer hérissée de pointes, et par-dessus cette chaîne un vêtement étroit et serré, composé de joncs enlacés par de gros noeuds. Ses disciplines étaient si cruelles, que le sang jaillissait en abondance.

    Le sacerdoce ne fit que redoubler son désir de la perfection. Il songeait à s’ensevelir à la Chartreuse, quand sainte Thérèse, éclairée de Dieu sur son mérite, lui confia ses projets de réforme du Carmel et l’engagea à se faire son auxiliaire. Jean se retira dans une maison étroite, pauvre, insuffisante, et commença seul un nouveau genre de vie, conforme aux Règle primitives de l’Ordre du Carmel. Peu de jours après, il avait deux compagnons: la réforme était fondée.

    Ce ne fut pas sans tempêtes qu’elle se développa, car l’enfer sembla s’acharner contre elle, et tandis que le peuple vénérait Jean comme un Saint, il eut à souffrir, de la part de ceux qui auraient dû le seconder, d’incroyables persécutions, les injures, les calomnies, jusqu’à la prison. Pour le consoler, Marie lui apparut et lui annonça sa délivrance prochaine; en effet, quelques jours après, il se trouva, sans savoir comment, au milieu de la ville de Tolède.
    Dieu le récompensa de ses épreuves par des extases fréquentes; sainte Thérèse l’appelait un homme tout divin. Il écrivit des ouvrages spirituels d’une élévation sublime. Une colombe le suivait partout, et une odeur suave s’exhalait de son corps. Au moment de sa mort, un globe de feu brillant comme un soleil entoura son corps.

    Le Pape Pie XI l’a proclamé Docteur de l’Église, le 24 août 1926.

    (Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Tours, Mame, 1950.)

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