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10 juillet, 2012

Prière pour un temps de calamité, Joseph MALÈGUE

Classé dans : — unpeudetao @ 4:25

 

MON Seigneur, ô mon Dieu, nous sommes plongés dans l’une des plus lourdes épreuves de l’histoire.. Seigneur, l’ampleur de ces cataclysmes nous accable.
Mais autant qu’elle, cette dure et pierreuse brutalité qu’ils portent en eux, qui leur donne l’apparence d’être comme rebelles à nos supplications et décevants nos plus sûres confiances sacrées. Ne pas comprendre ce rejet apparent nous est une douleur qui s’ajoute à l’autre. Seigneur, ayez pitié de ceux qui sont tentés de croire que tout ici-bas ne dépend point des lois de la prière, mais d’autres lois affreuses et inflexibles, fermées à tout exaucement et à toute bonté. Montrez-nous que ces calamités entrent dans votre amour pour les hommes comme nous savons bien qu’elles y entrent en effet. Éclairez-nous, Seigneur.
Ayez pitié de notre obscurité selon votre grande miséricorde..

 

Mon Dieu, c’est votre Christ que vos saints imitent lorsque, au temps choisi par Vous pour leur holocauste, conviés par Vous aux zones les plus dépouillées et les plus nues du sacrifice, ces saints n’ont pourtant pas cessé de totalement consentir. Et nous, les hommes ordinaires, donnez-nous, mon Dieu, si Vous l’exigez, la force d’imiter vos saints. Celui qui, dans l’inquiétude ou la douleur, se sait néanmoins entre les mains du Père, celui-là au sein de son angoisse terrestre, se trouve déjà dans l’Éternel. Et tous les sens des mots sont enfin changés en leur signification véritable dès que commence de s’y introduire quelque chose de votre divine demeure, ô mon Dieu !..

 

Nous-mêmes, Seigneur, qui compterons sans doute parmi ceux que ce grand heurt frappera sans en faire des saints, que ferons-nous pour notre part de collaboration dans cette pitié que nous sollicitons de Vous ? Peut-être nous perfectionnerons-nous enfin dans l’amour du prochain. Peut-être regarderons-nous avec moins de dédain et plus de charité active toute l’immense ignorance qui respire, s’agite et hélas ! gouverne et commande autour de nous. Peut-être jugerons-nous en plus stricte justice les tièdes et les médiocres qu’au sein de vos lumières et de vos grâces nous sommes nous-mêmes restés.

 

Seigneur, déjà il nous arriva, j’ose le dire, de solliciter des miracles et peut-être même de les obtenir. En fûmes-nous meilleurs ? À peine. Et même les avons-nous compris ? À peine. Pour cette inconscience dans l’ingratitude, ô mon Dieu, ne nous accablez point d’un châtiment égal à la faute, mais ayez pitié de nous..

 

Tout au moins, Seigneur, puisque ces périls de guerre qui si longtemps nous prescrivirent le face à face avec la mort nous imposent maintenant l’humiliation nationale, qu’il n’y ait dans le regard dont nous la fixons ni stoïcisme, ni acrimonie, ni mépris, ni amertume, moins encore d’indifférence et de légèreté humaine. Mais des décisions graves, humbles et persévérantes, toutes fondées sur Vous ou alimentées par votre amour. Si l’acceptation de votre très sainte volonté, au moment de la mort, enferme en elle quelque chose de sacramentel, que cette même acceptation d’écrasantes épreuves pour nous et ceux des nôtres qui souffrent au loin nous rende facile d’y reconnaître et d’y bénir la trace de votre main paternelle.. Nous acceptons de tout ignorer de la forme, de la durée, du poids de ta terrible épreuve, de ne rien voir d’elle, pour le moment, que cette petite lumière qui donne sur la Croix.

 

Joseph MALÈGUE (1876-1940).

 

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