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3 janvier, 2013

Procession de la Fête-Dieu, Philippe de LA RENAUDIÈRE

Classé dans : — unpeudetao @ 19:41

DANS UN HAMEAU.

 

Bientôt l’airain bruyant dans les airs entendu
Annonça du départ le moment attendu.
Le hameau s’avançait partagé sur deux files :
Fuyez loin de ces lieux, faste brillant des villes.

 

Là ne se montraient point ces tissus précieux ;
L’or, l’opale, l’azur n’y frappaient point les yeux ;
Des bouquets sans parfum, enfants de l’imposture,
N’y chargeaient point l’autel du Dieu de la nature ;

 

Et des puissants du jour l’orgueilleuse grandeur
N’y venait point du luxe étaler la splendeur :
Combien je préférais la pompe du village !
Modeste, sans apprêt, et même un peu sauvage,

 

Sa vue attendrissait le cœur religieux.
D’abord des laboureurs, vieux enfants de ces lieux,
Au front chauve attestant leur utile existence,
Sans ordre s’avançaient et priaient en silence.

 

Le cortège pieux, non loin, à mes regards
Se montrait précédé des sacrés étendards.
Le feuillage bientôt le couvrit de son ombre ;
Dans un sentier profond, asile frais et sombre,

 

La foule se pressait sur les pas de son Dieu,
Et de ses chants sacrés venait remplir ce lieu,
Devant le roi des rois, sous ces vertes feuillées,
Les jeunes villageois, de roses effeuillées

 

Sur la terre à l’envi parsemaient les couleurs ;
Et mêlant son parfum au parfum de ces fleurs,
L’encens qui de Saba fit l’antique opulence,
Comme un nuage au loin qui dans l’air se balance,

 

S’élevait lentement et planait dans les champs.
Aux voix des laboureurs, entremêlant leurs chants,
Les oiseaux s’unissaient à ces pompes rustiques ;
Et de son palais d’or embrassant les portiques,

 

Le soleil, couronné d’une immense splendeur,
Sur ces arbres touffus arrêtait son ardeur.

 

Non loin, couvert de lierre et rembruni par l’âge,
Un chêne vénérable étendait ses rameaux.
Là, dès le point du jour, les vierges des hameaux
Élevaient sous son ombre un trône de verdure.

 

La mousse, en longs festons, en formait la bordure ;
Le lis, aux deux côtés, balançait sa blancheur.
L’Éternel, sur ce trône orné par l’innocence,
Devait quelques instants reposer sa puissance.

 

À l’aspect de ces lieux, je sentais dans mon cœur
Couler d’un calme pur la secrète douceur,
Et ma pensée, alors tranquille et solitaire,
Pour un monde meilleur abandonnait la terre ;

 

Alors, faisant cesser ce calme solennel,
Le hameau lentement environna l’autel.
Avec quel saint respect le pasteur du village,
Seul, et foulant les fleurs qui couvraient son passage,

 

Porte le Roi des rois et l’élève à nos yeux,
Sous l’emblème immortel d’un pain mystérieux.

 

La foule tout à coup, prosternée en silence,
Du Roi de l’univers adora la présence.

 

Chacun crut que son Dieu descendait dans son cœur :
Non ce maître irrité, en monarque vengeur
Oui doit au dernier jour, s’armant d’un front sévère,
Au fracas de la foudre, apparaître à la terre,

 

Et juge sans pardon, au monde épouvanté,
De ses arrêts divins proclamer l’équité ;

 

Mais un Dieu tempérant tout l’éclat dont il brille,
Tel qu’un père adoré se montre à sa famille,
Accueillant l’infortune et portant dans les cœurs
L’espoir d’un meilleur sort et l’oubli des douleurs.

 

Philippe de LA RENAUDIÈRE (1781-1845).

 

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2 réponses à “Procession de la Fête-Dieu, Philippe de LA RENAUDIÈRE”

  1. unpeudetao dit :

    1er janvier : LA CIRCONCISION

    C’est dans ce jour béni que la terre voit couler les prémices du Sang divin qui doit purifier et sauver l’humanité déchue; Jésus, le huitième jour après Sa naissance, Se soumet à la Circoncision, et commence à souffrir pour nous. — La Circoncision était le signe de l’alliance faite autrefois par le Seigneur avec Abraham; et le peuple juif, descendant de ce grand patriarche, avait toujours été fidèle à cette pratique sacrée, considérée comme l’initiation au service du vrai Dieu. L’enfant, dans la loi ancienne, devenait enfant de Dieu par la Circoncision, comme il devient, d’une manière plus parfaite, enfant de Dieu dans la loi nouvelle par le Baptême. Jésus, Fils de Dieu et la Sainteté même, n’avait nul besoin de Se soumettre à une loi dure et humiliante, faite pour les hommes pécheurs. Mais le double but de Sa venue sur la terre Lui fait accepter de grand coeur ce premier sacrifice; Il Se montre, en ce jour, à la fois, notre Sauveur et notre Modèle: Sauveur, Il inaugure l’oeuvre de notre rédemption; Modèle, Il nous apprend à aimer la loi de Dieu, à la garder fidèlement, à ne point chercher de vains prétextes pour excuser notre lâcheté et nos désobéissances, et à guérir notre orgueil par la pratique de l’humilité. — La Circoncision corporelle cache, du reste, pour le chrétien, un beau et grand mystère, car elle est l’image de la Circoncision spirituelle qui consiste à circoncire notre coeur de toutes ses coupables affections, à détruire en nous le péché et les passions mauvaises et à vivre d’une vie surnaturelle.

    L’Apôtre saint Paul a creusé à fond le sens spirituel de la Circoncision charnelle; les Pères et les auteurs spirituels n’ont eu qu’à commenter les textes si suggestifs de ses Épîtres: « La vraie Circoncision, dit-il (Rom. II, 28), n’est pas celle qui paraît dans la chair; la circoncision est celle du coeur, dans l’esprit, et non dans la lettre. » — « Dans le Christ Jésus, ni circoncision, ni incirconcision n’ont de valeur, mais bien la foi, qui est agissante par la charité. Ce qui est tout, c’est d’être une nouvelle créature (Gal. V, 6; VI, 15). » — « En Jésus-Christ vous avez été circoncis d’une circoncision non faite de main d’homme, de la circoncision du Christ, par le dépouillement de ce corps de chair (Col. II, 11). » Toute la doctrine du grand Apôtre se résume à montrer que l’Ancienne loi n’était qu’une figure et une préparation de la Loi du Christ, que toute la vie chrétienne consiste à renoncer à la chair avec ses convoitises pour vivre intérieurement de la vie de l’esprit, et que ceux-là seuls sont vraiment au Christ qui le suivent dans la voie du sacrifice. C’est tout l’Évangile lui-même.

    (Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Tours, Mame, 1950).

  2. unpeudetao dit :

    C’est au jour de Sa Circoncision, selon la Loi de Moïse, que le divin Enfant de Bethléem reçut le Nom de Jésus, le huitième jour après Sa naissance. L’Ange Gabriel le Lui avait assigné à l’avance au jour de l’Annonciation :
     » Vous L’appellerez Jésus, car Il délivrera Son peuple de l’esclavage du péché.  »

    Qui dira la grandeur de sa signification, puisqu’il signifie Sauveur ; la grandeur de son origine, puisqu’il fut apporté du Ciel ; sa grandeur sur la terre, où il a opéré et opère toujours tant de merveilles ; sa grandeur jusque dans les enfers où il fait trembler les démons ? Qui dira sa puissance, puisque c’est par ce Nom que l’Église prie, qu’elle administre les sacrements et donne ses bénédictions, et que les apôtres et les Saints ont opéré des multitudes de miracles ? Qui dira sa douceur, ses charmes, son amabilité, puisque les Saints l’ont si bien chanté et que les chrétiens l’ont invoqué et l’invoquent toujours avec tant de confiance, de fruits et d’amour ?

    Puisse donc le Nom de Jésus être souvent sur nos lèvres, et toujours dans notre coeur pendant la vie ! Puisse-t-il être notre espérance et notre dernière parole à l’heure de la mort, notre joie et notre chant éternel dans les Cieux.

    (Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Tours, Mame, 1950.)

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