2 janvier, 2015

Pubenza, Julio ARBOLEDA

Classé dans : — unpeudetao @ 16:13

Douce comme la jeune biche au gîte Dans la fougère où elle est née, le col Tendu, guettant le limier de ses yeux Pleins de timidité et pleins de crainte ; Pure comme la colombe candide Qui, sur le bord de l’onde murmurante Où elle boit, entend le roucoulis, Premier message d’amour ignoré ; Belle comme la rose en ses prémices Éployant au printemps, toute modeste, Une beauté qui n’a point de rivale ; Tendre comme l’aimante tourterelle Qui se lamente en son nid solitaire Et, de son bien perdu, pleure l’absence, Et son amour du compagnon fidèle ; Claire comme un rayon qui se reflète Dans le cristal d’une eau de la montagne À l’heure où ni la pluie ni le nuage N’en peut ternir le pur éclat naissant, Majestueuse comme le palmier Qui dresse dans la plaine sa fierté Sous la haute couronne de ses palmes, Défi vivant à la foudre du ciel. Mais sur la pâleur de son front passaient La douleur et le noir accablement Et la tendre lumière de ses yeux S’embrumait d’une larme fugitive. Elle filait sa vie silencieuse, Dévorant son malheur et son tourment. À l’âme délicate, Dieu n’accorde Jamais hélas ! un moment de repos. Telle est Pubence, en elle ne respire Que pureté et qu’amour et que grâce. Un charme est en ses yeux et la douceur S’épanouit sur l’œillet de ses lèvres. La volupté et la réserve ensemble. Ornent cette enfant gracile, indienne Par don d’aimer et par vertu, chrétienne. Son cœur n’était qu’un vase d’innocence.

 

Julio ARBOLEDA (1817-1862), poète colombien.

 

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