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8 janvier, 2012

Quand la Mort vint à Bagdad (Conte soufi)

Classé dans : — unpeudetao @ 20:38

 

     Le disciple d’un soufi de Bagdad, assis dans un recoin d’une salle d’auberge, surprit la conversation de deux inconnus. Il comprit à les entendre que l’un d’eux était l’Ange de la Mort.
     « J’ai plusieurs visites à faire dans cette ville au cours des trois prochaines semaines « , dit l’Ange à son compagnon.
     Terrifié, le disciple se dissimula autant qu’il put et se tint coi jusqu’à leur départ.
     Il appliqua alors toutes les ressources de son intelligence à résoudre ce problème : comment échapper à une possible visite de l’Ange de la Mort ? « Le mieux, se dit-il finalement, est de quitter Bagdad et d’aller me mettre à l’abri très loin d’ici. » Il loua le cheval le plus rapide qu’il put trouver et donna de l’éperon jour et nuit sur la longue route qui va de Bagdad à Samarcande.
     Entre-temps l’Ange de la Mort avait rencontré le maître soufi. Ils parlèrent de différentes personnes.
     « Au fait, dit l’Ange, où est ton disciple untel ?
     – Il devrait se trouver quelque part dans Bagdad, dit le maître, sans doute dans un caravansérail : il consacre ses journées à la contemplation.
     – Tiens ! c’est curieux, dit l’Ange, parce qu’il est sur ma liste. Regarde, voici son nom : je dois le prendre dans quatre semaines à Samarcande. »

 

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Une réponse à “Quand la Mort vint à Bagdad (Conte soufi)”

  1. unpeudetao dit :

    Cette version de l’ »Histoire de la Mort » est tirée du Hikayat-i-Naqshia (Histoires conçues d’après un Dessin).
    C’est un conte populaire très répandu au Moyen-Orient.
    L’auteur n’est autre que le soufi Fudaïl ibn Ayad, ancien bandit de grand chemin. Il est mort au début du IXe siècle.
    Selon la tradition soufie, confirmée par des documents historiques, Haroun el-Raschid, le calife de Bagdad, avait entrepris de concentrer « la totalité de la connaissance » à la cour. Plusieurs soufis bénéficièrent de son patronage, mais aucun n’accepta de s’engager à son service.
    Des historiens soufis rapportent que Haroun, accompagné de son vizir, vint rendre visite à Fudaïl à La Mecque.
    « Commandeur des croyants ! dit Fudaïl à Haroun, je crains que ton beau visage ne s’abîme dans les feux de l’enfer ! »
    Haroun demanda au sage :
    « As-tu jamais rencontré quelqu’un de plus détaché que toi ?
    - Oui, répondit Fudaïl, je connais quelqu’un qui est plus détaché que moi : toi. Je peux me détacher de l’environnement du monde familier. Toi, tu t’es détaché de quelque chose de beaucoup plus important : tu t’es détaché de ce qui est éternel ! »
    Fudaïl dit au calife que le pouvoir sur soi était préférable à mille ans de pouvoir sur autrui.

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