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23 juillet, 2016

Remords candides, Albert GERVAIS

Classé dans : — unpeudetao @ 17:50

Un lis en moi croissait, rêvant de baiser l’Ange.

Mais une molle haleine a tenté sa rigueur ;

Il a frémi, goûté, puis courba de langueur :

Et ce calice humain n’a baisé que la fange,

Mon cœur si plein jadis se meurt d’un vide étrange.

Un plaisir douloureux a trahi mon bonheur.

À mon propre regard j’ai perdu tout honneur.

L’on dit en me fixant : « Regarde comme il change. »

J’ai tué l’Idéal comme une chose vaine :

Son lustre s’est éteint dans l’orbe de mon œil.

Mon sang humilié s’indigne dans ma veine.

La honte en moi lancine et mon front se colore :

L’azur, la fleur, l’enfant me reprochent mon deuil.

J’étouffe dans ma bourbe et je m’y tourne encore.

Albert GERVAIS (XXe siècle).

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