6 juillet, 2009

08 La santé contient la maladie

Classé dans : — unpeudetao @ 10:19

 
Tout comme la vie contient la mort et la mort la vie, ainsi la santé comprend la maladie, et celle-ci à son tour peut contenir la santé. « Un corps humain,
dit le physicien David Peat, devient malade lorsque, à cause de quelque agent nocif dans l’environnement ou d’une déchéance de son propre sens, il cesse
d’agir de façon cohérente ». Selon le médecin Joy, « la santé contient la maladie, et il n’est pas juste de dire qu’elles soient aux antipodes l’une de l’autre.
Si bien que lutter contre la maladie ne peut produire qu’une victoire temporaire puisque le combat se livre là même où la maladie a pris naissance ».

 
L’incertitude, la vulnérabilité et notre capacité de rencontrer les tensions paradoxales sont d’une importance primordiale pour la santé totale de l’être,
selon Joy. C’est ici qu’il faut parler de la volonté de vivre, cette capacité d’embrasser totalement la vie et non de déclarer la guerre à la maladie.
Il y a dans cette négation de la maladie une peur de la souffrance, une peur de l’ombre et des bas-fonds en nous. Une peur de Dieu. « Si nous sentons une
maladie intérieure, dit Jung, c’est parce que le sens spirituel de notre vie s’est perdu. Cette maladie est un signal, une lumière de détresse qui nous
invite à retrouver notre totalité, à accepter l’Etre caché ».

 
La maladie: l’ombre refoulée. La répression de l’ombre en nous est maladie. Or, selon Stephen Hoeller, la maladie peut être une crise de guérison de l’être.
La maladie n’est pas toujours un mal qui doit disparaître, ajoute-t-il, dans bien des cas elle peut jouer un rôle important dans le développement complet
de l’individu. Certains meurent en lâchant un soupir: *Je suis enfin guéri!+. La vraie guérison est celle de l’être. Ce n’est pas la cohésion organique
qui compte le plus mais le sens que l’on a de tout son être, le sens qui vient de la conscience du Transcendant en soi, de la conscience qui s’appelle
amour inconditionnel, et qui donne de la vitalité au regard et au coeur, de sorte que l’on devienne totalement libre par rapport à tout, au corps autant
qu’au mental, aux biens terrestres autant qu’aux maux de la vie.

 
« L’amour de Dieu est pur quand la joie et la souffrance inspirent une égale gratitude », écrivait la grande spiritualiste française Simone Weil. La santé
physique pas plus que la vie terrestre ne sont un bien absolu, rappelle Hoeller, de même que la maladie et la mort ne sont pas des maux absolus. « Rendre
un culte au dieu santé et être terrorisé par la maladie sont des attitudes qui n’ont pas de sens pour quelqu’un qui voit les choses comme elles sont. Santé
et maladie, comme tous les contraires, doivent être réconciliées dans un ensemble qui est le sens ultime. Une telle réconciliation est le seul objectif
de la vie, qu’il y ait santé ou maladie » (Hoeller). Ou, pourrait-on ajouter, richesse ou pauvreté, réussite ou faillite.

 

 

 

 

 

 

 

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