20 décembre, 2014

L’homme et l’ours dans l’arbre, AL-QALYÛBÎ

Classé dans : — unpeudetao @ 15:38

On raconte que, pour fuir un lion, un homme se dirigea vers un arbre, il y grimpa et fut surpris, là-haut, de voir un ours cueillir des fruits. Le lion, parvenu à l’arbre, se coucha à son pied, attendant que l’homme descende. Quand l’ours vit l’homme, il lui fit des signes avec sa patte sur le museau, comme pour lui signifier : « Ne dis rien afin que le lion ne s’aperçoive pas de ma présence. » Perplexe, l’homme ne savait que faire.. Ayant sur lui un petit couteau, il se mit à tailler la branche sur laquelle était l’ours. Une fois la branche rognée, l’ours tomba ; le lion se précipita sur lui et ils se mirent à se battre.. Puis le lion eut le dessus, et dévora l’ours. Rassasié, il quitta les lieux, et l’homme put ainsi repartir sain et sauf, avec la permission de Dieu.

 

AL-QALYÛBÎ (1580-1659).

 

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12 décembre, 2014

La hase et le lion, IBN AL-MUQAFFA

Classé dans : — unpeudetao @ 16:18

On raconte qu’un lion vivait dans une contrée fertile où abondaient les animaux, l’eau et l’herbe. Mais ces animaux ne profitaient pas de cette abondance en raison de leur épouvante du lion. Alors ils se réunirent, vinrent le voir et lui dirent : « Tu n’attrapes chaque bête qu’après grande fatigue et épuisement, alors nous avons conçu un plan qui te profitera et qui nous rassurera. Si tu nous accordes un sauf-conduit et que tu ne nous effraies plus, nous te promettons, chaque jour, une bête parmi nous que nous t’enverrons pour ton déjeuner. » Le lion accepta et conclut avec les animaux un pacte que les deux parties respectèrent. Le sort tomba un jour sur la hase qui fut désignée comme déjeuner du lion. Elle dit alors à ses compagnons : « Si vous me témoignez un peu de bienveillance, sans que cela vous porte préjudice, je vous débarrasserai du lion. » « Et que veux-tu nous confier comme tâche ? », demandèrent les animaux. « Vous ordonnez à celui qui m’accompagne, dit-elle, qu’il me permette de prendre mon temps avant d’arriver auprès du lion. » « Cela est accordé, lui dirent-ils. » La hase prit son temps pour rejoindre le lion et dépassa l’heure du déjeuner du roi des animaux. Puis elle  vint à lui, seule, à pas mesurés. Le lion avait tellement faim qu’il entra dans une grande colère ; il se leva, se dirigea vers elle et, furieux, il cria : « D’où viens-tu ? » « Sire, dit-elle, je suis la messagère des animaux auprès de toi ; ils m’ont envoyée, accompagnée d’un lapin pour ton déjeuner, mais un lion m’a suivie dans un chemin, m’a pris ce lapin de force et m’a dit : – Ne suis-je pas le meilleur sur terre, parmi les animaux, pour mériter ce repas ? Mais c’est le repas du roi, lui dis-je ; les animaux le lui ont envoyé pour son déjeuner, et je te  supplie de ne pas me le prendre. Alors il t’a injurié et traité de  tous les noms, et je suis venue en hâte t’en informer. » « Viens avec moi, ordonna le lion, et montre-moi l’endroit. » La hase l’emmena vers un puits plein d’eau claire et pure, s’y arrêta et lui dit : « C’est ici. » Le lion regarda et vit dans l’eau son image et celle de la hase près de lui ; ne doutant plus de la parole de  la hase, il sauta pour se battre avec l’autre lion et ainsi se noya dans le puits. La hase retourna vers ses compagnons et leur apprit ce qu’il était advenu du lion.

 

IBN AL-MUQAFFA (724-759).

 

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27 novembre, 2014

Le lion, le renard et l’âne, IBN AL-MUQAFFA

Classé dans : — unpeudetao @ 9:23

On raconte qu’un lion vivait dans une forêt, et auprès de lui subsistait un renard qui se nourrissait de ses reliefs. Il advint que le lion attrapa la gale, s’affaiblit et ne put chasser ; le renard lui demanda : « Qu’as-tu, ô seigneur de tous les lions, ton état a changé ? » « C’est cette gale qui m’épuise, répondit le lion, et mon seul remède est : le cœur et les oreilles d’un âne. » « Cela est très aisé, affirma le renard ; je connais un endroit où un âne travaille chez un blanchisseur ; il est chargé de transporter les habits ; je te l’amènerai. » De ce pas il alla voir l’âne, le salua et lui dit : « Pourquoi es-tu si maigre ? » « Mon maître m’affame ; il me prive de nourriture. » « Pourquoi, acceptes-tu de vivre avec lui dans ces conditions ? lui demanda le renard. » « Parce que, lui rétorqua l’âne, je  ne connais aucun subterfuge pour le fuir et je ne peux aller nulle part sans qu’un humain ne me fasse suer et ne m’affame. » « Je vais t’indiquer, reprit le renard, un endroit à l’écart des gens où personne ne passe, abondant en herbe et où paît, en toute quiétude, un troupeau d’ânes sauvages si gras et si beaux que nul oeil n’en a jamais vu. » « Qu’est-ce qui nous empêche d’y aller ? demanda l’âne ; conduis-nous vite là-bas. » Le renard l’emmena vers la forêt puis, le devançant, alla voir le lion et lui indiqua l’endroit où paissait l’âne. Le lion s’y rendit et là, il voulut sauter sur lui ; mais affaibli, il n’y réussit point et l’âne se défit de lui et s’enfuit, très effrayé. Lorsque le renard vit que le lion avait manqué sa proie, il lui dit : « Ô maître des fauves, jusqu’à quel point as-tu faibli ? » « Si tu le ramènes, reprit le lion, je ne le raterai pas. » Le renard retourna voir l’âne et lui dit : « Qu’as-tu fait ? Un des ânes sauvages, t’ayant vu seul, est venu te saluer et te souhaiter la bienvenue. Si tu n’avais pas fui, il t’aurait tenu compagnie et t’aurait présenté à ses compagnons ! » Comme l’âne n’avait jamais vu de lion, lorsqu’il entendit cela, il le crut et se dirigea de nouveau vers la forêt. Le renard le devança auprès du lion pour l’informer de l’endroit où se trouvait l’âne et lui dit : « Prépare-toi afin de ne point le rater. Je l’ai trompé pour toi. Ne te laisse pas envahir par la faiblesse car, s’il t’échappe cette fois, il ne reviendra jamais, et les bonnes occasions sont rares. » A l’incitation du renard, le lion reprit courage et se dirigea vers l’âne. Lorsqu’il le vit, il se jeta sur lui et le tua sur le coup. « Les médecins, dit-il au renard, m’ont interdit de consommer si je ne me purifie avant. Alors tu vas garder l’âne le temps que je me lave et je reviendrai manger son cœur et ses oreilles. Et je laisserai tout le reste pour toi. » Lorsque le lion s’en fut à ses ablutions, le renard s’approcha de l’âne et dévora son cœur et ses oreilles espérant que le lion verrait ainsi un mauvais présage et dédaignerait de le manger. Ensuite le lion revint ; perplexe, il demanda au renard : « Mais où sont le cœur et les oreilles de l’âne ? » « Sire, lui répondit le renard, si cet âne avait un coeur pour ressentir et des oreilles pour entendre, il ne serait pas revenu après t’avoir échappé une première fois. »

 

IBN AL-MUQAFFA (724-759).

 

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L’homme, le lion et l’ours au fond du fossé, AL-QALYÛBÎ

Classé dans : — unpeudetao @ 5:21

On raconte qu’en fuyant un lion, un homme tomba dans un fossé ; le lion y tomba à sa suite. Dans ce fossé il y avait un ours. Quand le lion le vit, il lui demanda : « Depuis combien de temps es-tu dans ce fossé ? » « Depuis de nombreux jours, répondit l’ours, et je meurs de faim. » « Mangeons donc cet homme pour résister, suggéra le lion. » « Et si ensuite la faim revient nous tourmenter, que ferons-nous ? interrogea judicieusement l’ours. Il est préférable que nous fassions serment à cet homme de ne pas lui faire de mal, il trouvera alors une ruse pour nous sortir d’ici, car il est plus malin que nous dans ce domaine. » Ils s’engagèrent par serment auprès de l’homme ; alors celui-ci trouva un stratagème qui les délivra tous les trois. L’ours avait donc raison d’agir de façon réfléchie et de ne pas suivre le conseil du lion.

 

AL-QALYÛBÎ (1580-1659).

 

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24 novembre, 2014

Le conte des sables, Frédéric De La Motte-Fouqué

Classé dans : — unpeudetao @ 7:21

Un ruisseau bouillonnant parvint à un désert et s’aperçut qu’il ne pouvait pas le traverser. Ses eaux se répandaient de plus en plus vite dans le sable fin. Le ruisseau dit tout haut :  » Mon destin est de traverser ce désert ! Mais je ne vois pas comment.  » La Voie du Désert répondit dans le langage secret de la nature :  » Le vent traverse le désert, et tu le peux aussi.  »  » Mais chaque fois que j’essaye, je suis absorbé par le Sable, et même si je devais me ruer contre le désert, je n’irai pas bien loin ! »  » Le vent ne se rue pas contre les Sables du désert.  »  » Mais le vent peut voler! Moi pas ! »  » Tu penses de façon erronée. Essayer de voler par toi même est absurde. Laisse le Vent te porter au-dessus du Sable.  »  » Mais comment cela ce peut-il ? »  » Laisses-toi absorber dans le Vent ! ». Le ruisseau s’écria qu’il ne voulait pas perdre ainsi son individualité. S’il permettait cela peut-être qu’il n’existerait plus jamais.  » C’est là  » répondit le sable  » Une façon de raisonner mais qui n’a aucun rapport avec la réalité. Quand le vent absorbe l’humidité, il lui fait traverser le désert puis il la laisse tomber sous forme de pluie ; celle-ci de nouveau devient une rivière.  »  » Mais comment puis-je savoir si cela est vrai ? »  » C’est ainsi, et tu dois le croire, autrement tu seras simplement absorbé par les sables pour former dans plusieurs millions d’années un marais stagnant.  »  » Mais si c’est ainsi, serais-je la même rivière que je suis aujourd’hui ? »  » Tu ne peux, de toute façon, demeurer le ruisseau que tu es aujourd’hui. Tu n’as pas le choix ! Il semble seulement que tu l’ais. Le Vent transportera ton essence, ta partie la plus fine; lorsque tu deviendras à nouveau une rivière dans la montagne au-delà des sables, il se peut que les hommes te donnent un autre Nom. Mais toi, essentiellement, tu sauras que tu es le même. Aujourd’hui tu te donnes le nom de telle ou telle rivière simplement parce que tu ignores quelle partie de cette rivière est ton essence « . Alors le ruisseau traversa le désert en s’élevant dans les bras du vent hospitalier qui le souleva doucement et avec précaution, dans les airs, puis le déposa avec une tendre fermeté au sommet d’une montagne d’un pays lointain.  » Maintenant, j’ai appris ma véritable identité !  » Mais il se posait encore une question en dévalant le flanc des montagnes :  » Pourquoi ai-je été incapable de faire ce raisonnement par moi-même ? Pourquoi a-t-il fallu que les sables me le disent ? Que serait-il arrivé si je n’avais pas écouté les sables ? « . Soudain, une petite voie venant d’un grain de sable répondit au ruisseau :  » Seuls les Sables savent ! Car cela, il l’ont déjà vu ! De plus, ils s’étendent de la rivière jusqu’à la Montagne ; ils forment le lien et ils ont leur fonction à remplir comme toute chose. La manière dont le ruisseau doit se conduire pendant son voyage est écrite dans les Sables « .

 

Frédéric De La Motte-Fouqué (1777-1843), allemand.

 

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19 novembre, 2014

Histoire du chien qui s’appelait « N’écoute jamais ce que disent les femmes » (Conte touareg)

Classé dans : — unpeudetao @ 15:59

Il était une fois un touareg qui vivait avec sa femme Lala dans l’oued In Azarou à plus de 150 km de Tamanrasset. L’homme était caravanier et sa femme s’occupait du campement et d’un beau troupeau de chèvres. Ce couple donnait naissance a beaucoup d’enfants qui mourraient tous en bas age. Lala la femme de Mahmoud accusait toujours les amantes supposées de son mari qu’il devait rencontrer pendant ses caravanes dans les campements vers Tin Zaouaten et qui lui faisaient des gris-gris pour qu’il n’ai pas d’enfants. Mahmoud lui répétait chaque fois qu’il n’avait pas d’amante et qu’il n’aimait qu’elle. Après de nombreuses morts d’enfants en bas age, le couple décida de quitter l’Oued In Azarou, d’aller très loin et Mahmoud arrêta aussi les caravanes pour ne plus entendre les accusations de sa femme. Chacun poursuivit sa vie, Mahmoud alla à la chasse à la gazelle puisqu’il ne faisait plus de caravane et Lala gardait les chèvres. Un jour Lala fut enceinte et donna naissance à une très belle petite fille qu’ils appelèrent Fairouz. Fairouz grandit normalement au campement et lorsque ses parents partaient pour la journée elle restait seule à garder le campement avec le chien que son père Mahmoud avait appelé « n’écoutes jamais ce que les femmes disent ». Un jour que la fille était seule au campement passa par hasard sur son chameau un beau targui qui recherchait un puits. Fairouz ne parla pas à ses parents de cette rencontre et le beau targui vint souvent la voir la nuit. Une grossesse de Fairouz fit découvrir à sa mère le secret. La mère aussitôt accusa son propre mari, Mahmoud le caravanier, puisqu’il était le seul homme du campement…… Mahmoud , comme toujours, nia toute responsabilité, et sa femme persista dans son accusation, et Mahmoud garda tout son calme malgré cette grave accusation. Une nuit le jeune targui voulu absolument rejoindre sa belle Fairouz et se déguisa en feu follet. (Jnoun) Pendant que Fairouz était dans sa zériba, les deux parents observèrent le phénomène, la femme demanda à son mari de tirer un coup de fusil dans la direction du jnoun et Mahmoud refusa pour attendre la suite.. Au bout d’un moment le jnoun disparu et devint un homme qui entra dans la zériba de Fairouz. Mahmoud demanda alors à sa femme d’aller voir dans la zériba de leur fille, sa femme refusa car elle avait trop peur de rencontrer ce fantôme. Mahmoud se dirigea vers la zériba de sa fille et lui demande de rentrer pour prendre sa selle de chameau. Fairouz refusa en lui disant qu’un père n’a pas à rentrer dans la chambre de sa fille. Mahmoud enfonça alors la porte de la zériba ,entra et trouva le jeune targui assis sur la natte de la pièce et il reconnut aussitôt le responsable de la grossesse de sa fille. Plusieurs mois plus tard un beau bébé arriva au monde et il y eu dans le campement deux couples, un bébé et un chien. Mais un jour le targui demanda à ses beaux parents de partir avec sa femme et l’enfant, la mère s’y opposa mais Mahmoud le père accepta leur départ. Le jeune couple et l’enfant partirent en chameau et à pied pour s’installer dans un oued plus au sud que In Azarou. Mahmoud avant leur départ leur prêta le chien « N’écoutes jamais ce que disent les femmes » pour garder le bébé. Un jour que Fairouz gardait les chèvres elle déposa le bébé sous un acacia et le laissa à la garde du chien « N’écoutes jamais ce que disent les femmes ». Elle était très éloignée de l’arbre quand un gros chacal s’approcha pour manger le bébé. Le chien « N’écoutes jamais ce que les femmes disent » livra un combat de lion contre le chacal, qui se termina par la mort du chacal. Le chien couvert de sang, partit en courrant et en aboyant vers la maman du bébé. Quand elle vit tout ce sang sur la tête du chien elle fut certaine qu’il avait mangé le bébé et appela en criant son mari qui n’était pas très loin. Elle lui dit : – tues le chien, regardes, il vient de manger notre bébé. Sans vérifier, le jeune targui prit son fusil et tua le chien « N’écoutes jamais ce que les femmes disent ». Quand ils revinrent sous l’arbre ils trouvèrent le bébé sain et sauf. Le père fut tout heureux de retrouver son enfant mais d’une très grand tristesse d’avoir tué le chien de Mahmoud. Le jeune targui demanda à sa femme Fairouz de l’accompagner pour annoncer la mort du chien que Mahmoud lui avait confié. Celle-ci refusa, car elle avait peur de son père et de ce qu’il allait dire de la mort de son chien. Le targui prit son courage et retourna a In Azarou annoncer la mauvaise nouvelle. Mahmoud lui dit qu’une seule chose :  » N’écoutes jamais ce que les femmes disent  »

 

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31 mai, 2014

Le lion malade, le hérisson et le loup (Conte arabe)

Classé dans : — unpeudetao @ 14:17

Il était une fois un lion, un hérisson et un loup. Un jour, le lion tombe malade. Comme il est alité, des rumeurs inquiétantes circulent au sujet de sa santé. C’est pourquoi le hérisson propose au loup d’aller ensemble rendre une visite de courtoisie au lion et s’enquérir de son état de santé. Arrivés au seuil de la maison, le loup décide d’entrer le premier chez sa majesté le lion. Par peur, par complaisance ou par imprudence, il improvise une recette médicale susceptible de guérir le maître : – Si vous buvez du sang de hérisson, vous serez guéri de votre maladie, bafouille-t-il. – Mais où vais-je trouver un hérisson ? demande le lion d’une voix fatiguée. – Il y en a un là, juste derrière la porte, s’empresse de répondre le loup. Le lion fait entrer le hérisson, le remercie de s’être proposé pour lui venir en aide et loue l’altruisme et le courage dont il fait preuve en acceptant de se sacrifier pour la bonne cause. Et il ajoute : « Le loup m’a dit que ton sang est le remède de ma maladie ». – C’est vrai, mon ami a raison, voici un peu de mon sang. Mais ce sang doit être mélangé avec la cervelle d’un loup pour être efficace. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous sommes venus ensemble. – Mais où vais-je trouver le loup ? Il vient de partir ! Le hérisson le rassure sur un ton calme : « il est encore derrière la porte, il attend votre décision ; c’est l’un de vos plus fidèles serviteurs et n’hésitera sûrement pas à vous rendre service ». Le lion appelle le loup et lui demande de revenir. Il s’adresse à lui : « Voici le sang du hérisson, mais il me semble qu’il doit être mélangé avec ta cervelle ». Sur ce, le lion, impatient de retrouver ses forces, se jette sur le loup et le dévore. Sous ses crocs, la cervelle dégouline.

 

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22 mai, 2014

L’élection d’un ministre (Conte arabe)

Classé dans : — unpeudetao @ 13:06

Le lion a depuis la nuit des temps régné seul. Il a toujours imposé sa loi en despote. Or un jour, il décide d’adopter une nouvelle façon de gouverner et de nommer un vizir à ses côtés. Il ne trouve de meilleure façon d’inaugurer cette nouvelle ère que d’organiser un concours pour la désignation de ce ministre. Il convie tous les animaux à une grande assemblée et leur annonce sa réforme : – Chers sujets, il est temps que je partage avec vous le pouvoir, que vous participiez à la prise des décisions et à la gérance des biens de notre Royaume. J’ai donc décidé de nommer un vizir, ce sera celui ou celle qui, parmi vous, demain, verra le premier le soleil se lever. Le lendemain, dès l’aube, tous les animaux sont au rendez-vous, prévu au fond de la vallée. Tous ont les yeux tournés du côté de l’Est, tous excepté le hérisson qui regarde du côté opposé et s’expose à la risée de l’assemblée. Tandis que règne un silence pesant et une tension extrême, une petite voix s’élève : – Le voici ! Le voici ! Voici le soleil Votre Majesté ! Toutes les têtes se tournent du côté de la voix. La surprise des animaux est grande lorsqu’ils voient le Roi féliciter l’ingénieux hérisson qui a remporté le concours. En effet, il a vu le reflet des rayons du soleil à l’Ouest avant que le soleil lui-même ne se lève à l’Est. Et depuis ce jour, le hérisson est le bras droit du lion, Roi de la Forêt.

 

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6 avril, 2014

Le lion et le renard cordonnier (Conte arabe)

Classé dans : — unpeudetao @ 9:14

Il était une fois un vieux lion qui ne pouvait plus chasser car ses pattes ankylosées refusaient de le porter. Compère renard se mit en tête de se moquer de lui : – Ô Monseigneur ! Tu devrais courir un peu pour te dégourdir les jambes. – Insolent ! Il fut un temps où tu n’osais même pas rôder à distance de mes terres et te voilà maintenant me narguant parce que je suis vieux et que mes jambes me lâchent. – Monseigneur ! Quelle méprise ! Je suis ton humble serviteur et je ne cherche qu’à t’aider. – En quoi un misérable comme toi pourrait m’aider ? Le renard, se maintenant à bonne distance, poursuivit : – En te soulageant de tes douleurs. Le métier de cordonnier n’a pas de secret pour moi. Nous sommes cordonniers de père en fils ! Je vais te fabriquer des bottines en cuir afin que tu puisses marcher sans avoir mal aux pieds, et même chasser comme au temps de ta jeunesse ! À ces mots, le fauve redressa la tête et un frisson parcourut sa crinière. – Voyons cela ! Allez au travail ! Et gare à toi si tu me racontes des histoires. Sans plus tarder le renard se dirigea vers un monceau de terre où on venait d’enfouir le cadavre d’une vachette. Il y découpa quatre larges morceaux de peau encore fraiche et rejoignit le roi des animaux sans crainte, sûr de son affaire. – Ô mon roi ! Tends tes pieds. Le lion s’exécuta de bonne grâce à l’idée de retrouver une nouvelle jeunesse. Le renard s’appliqua délicatement et lui couvrit chaque patte d’un morceau de peau qu’il attacha d’un lacet en tige de palmiers nains. Sous l’effet de l’humidité, le lion éprouva une agréable sensation. Le renard insista : – Maintenant il ne te reste plus qu’à mettre tes pattes à sécher au soleil et tu pourras filer. Le lion, confiant, suivit les consignes à la lettre, et patienta sous le soleil brûlant. Hélas, le cuir se rétrécit, se rétrécit… et durcit comme du bois mort ! La douleur arracha au lion de terribles rugissements. Aucun animal n’osa s’en approcher. Le renard, lui, fier de son exploit, parcourait le pays pour annoncer la nouvelle : – Je suis le vengeur ! Le lion est sous la torture. Seule la hase, madame lièvre, eut pitié et dit au lion : – Monseigneur ! Promets-moi de ne pas me dévorer et j’atténuerai tes souffrances. – Parole de roi. Tu auras même une récompense ! La hase s’activa du mieux qu’elle put en courant du point d’eau au roi des animaux. Elle remplissait son gosier et le déversait sur le cuir qui se dilatait. Elle libéra enfin les pattes du lion qui retrouvèrent quelque liberté de mouvement. L’animal, ingrat, loin de remercier madame lièvre qui s’était donnée tant de mal, leva sa lourde patte et la laissa retomber sur elle. Elle se débattit : – Tu cherches à dévorer celle qui t’a sauvé ? – Oui, c’est la providence qui t’envoie. Et gloup ! Il l’engloutit si vite, qu’elle glissa rapidement et se retrouva expulsée par derrière. Ouf ! Elle se sauva sans demander sans reste, tout en répétant : « Bonnes gens ! Craignez le mal qui vient de celui à qui vous avez fait du bien ! Bonnes gens… »

 

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4 avril, 2014

Épouser une jolie femme c’est un gros risque (Conte mauritanien)

Classé dans : — unpeudetao @ 9:37

Fatouma était une belle femme, on aurait dit une perle en diamant, sucée et crachée par Dieu en personne. Elle habitait avec son mari Moussa, une cabane située dans la forêt, non loin de Keur Mour, mon village. Moussa était un grand chasseur. En ce temps là toute la région faisait partie du royaume du roi tout puissant « Bour doley ». Un jour, le roi « Bour doley » qui se promenait sur son cheval aperçoit Fatoumata, habillée d’une robe en soie, coiffée d’un foulard assorti, assise sur le seuil de la porte de sa cabane en train de préparer du couscous pour le repas du soir. Son mari était encore à la chasse. Le roi manqua de tomber de son cheval en voyant cette beauté si rare. Ses courtisans l’aidèrent à continuer son chemin. A cette époque le royaume était en guerre contre un royaume voisin. Le lendemain, le roi Bour doley envoie le mari de Fatoumata au front. Tous les jours qui suivent, le roi passe voir Fatoumata et lui apporte des cadeaux. Une nuit, il va voir Fatoumata dans sa cabane et lui dit : – Je ne peux plus m’empêcher de te le dire, je suis follement amoureux de toi, je veux que tu sois ma maîtresse maintenant, et si ton mari ne revient pas je te prendrai comme seconde épouse. Tu vivras dans mon palais tu seras ma reine favorite. Fatoumata, calmement, répond : – Sire, vous avez le droit de vie et de mort sur tous les citoyens de votre royaume y compris sur moi bien sûr, si vous voulez me prendre par la force je ne peux pas résister. Mais si vous me demandez mon avis, j’aime un homme c’est mon mari ! À ces paroles le roi reste comme pétrifié sur le lit où il était assis. Au bout d’un long moment de silence, il se lève et rentre chez lui. Mais ce que ni le roi, ni Fatoumata ne savaient c’est que Moussa était revenu, juste au moment où le roi entrait dans la cabane et qu’il a tout entendu. Après le départ du roi, il passe le reste de la nuit dehors avec ses soucis. Au petit matin, il entre dans la case et réveille sa femme et lui apprend que la guerre est finie. Fatoumata, jubile, embrasse son mari de tous les côtés mais ce dernier reste silencieux et calme. Elle s’inquiète, lui pose des questions sur sa santé, et tout, mais lui reste très calme. Au bout d’un moment il dit à sa femme de rentrer chez ses parents jusqu’à ce qu’il y voie plus clair. – Pourquoi, répond-elle, qu’est-ce que j’ai fait ? Mais là aussi pas de réponse précise… Fatoumata fait son sac et rentre chez ses parents. Une semaine se passe. Moussa ne va pas donner d’explication aux parents de Fatoumata. Ils décident d’amener l’affaire chez le juge. En ce temps là le roi était aussi le juge. Le roi reçoit les deux parties et donne d’abord la parole à Fatoumata qui dit : – Moi je n’ai rien compris, mon mari est parti au front, j’étais contente et pressée de le voir rentrer, mais le jour où il est arrivé il m’a dit de partir chez mes parents. Alors le roi juge se tourne vers Moussa, et lui demande : – Tu n’aimes plus cette femme. – Je l’aime aujourd’hui plus qu’hier. – Alors, pourquoi lui as-tu dit de partir, demande le roi. – C’est parce que j’ai peur. – Peur de quoi, demandent le roi et ses notables qui l’entouraient. – Une nuit, continue Moussa, j’ai vu les traces d’un lion dans ma maison. Comme je n’ai pas la force de protéger ma femme, ni de me protéger, je lui ai demandé de partir chez ses parents. Le roi reste longtemps silencieux, puis dit à Moussa : – Est-ce que tu as remarqué des dégâts après le passage du lion ? – Non, dit ce dernier. Alors retournez chez vous tous les deux ; le lion ne viendra plus vous déranger.

 

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