• Accueil
  • > Recherche : conte patience

9 février, 2015

La tasse de thé (Histoire)

Classé dans : — unpeudetao @ 13:44

Il était une fois, en Inde, un grand maître spirituel, un Mahatma, qui vivait au plus profond de la forêt. Un savant vint un jour lui rendre visite. Il était très pressé et demanda au Mahatma : « Vénérable sage, pouvez-vous m’enseigner la méditation ? » Le Mahatma lui sourit et dit : « Pourquoi êtes-vous si pressé ? Asseyez-vous, détendez-vous et prenez une tasse de thé. Nous discuterons ensuite, nous avons le temps. » Mais le savant était agité et impatient. Il répondit : « Pourquoi pas maintenant ? Dites-moi quelque chose au sujet de la méditation ! » Le Mahatma insista néanmoins pour que le savant s’assoie, se détende prenne une tasse de thé avant d’aborder le sujet. Le visiteur dû céder et finit par s’asseoir. Il lui fut toutefois impossible de se détendre ; il parlait sans arrêt. Le Mahatma prit son temps. Il prépara le thé et revint auprès du savant qui l’attendait avec impatience. Il lui tendit une tasse et une soucoupe, puis se mit à verser le thé. La tasse se remplit, déborda, mais le Mahatma ne cessait pas de verser. Le savant cria : « Que faites-vous ? La tasse est pleine ! Arrêtez ! » Mais le Mahatma continuait. Le thé déborda dans la soucoupe, puis se mit à couler sur le sol. Le savant cria de toutes ses forces : « Hé ! Êtes-vous aveugle ? Ne voyez-vous pas que la tasse est pleine et ne peut contenir une goutte de plus ? » Le Mahatma sourit et cessa de verser. « C’est juste, dit-il, la tasse est pleine et ne peut contenir une goutte de plus. Tu sais donc qu’une tasse pleine ne peut recevoir davantage. Comment pourrais-tu alors, toi qui débordes de connaissances, m’écouter lorsque je parle de méditation ? C’est impossible. Fais de la place, d’abord, dans ton esprit et ensuite, je te dirai ce que je peux faire pour toi. »

 

*****************************************************

 

27 novembre, 2014

Le Vieil Homme qui plante de l’Or (Conte chinois)

Classé dans : — unpeudetao @ 9:21

Il était une fois un Padicha cruel qui se livrait jour et nuit à des orgies. L’état déclinait de jour en jour. Le peuple était si pauvre que dix familles n’avaient qu’une seule marmite. Le Padicha et ses ministres ne s’en souciaient nullement et continuaient à l’exploiter. Les simples gens étaient à bout de patience. Un jour, ils se réunirent pour se consulter. L’un dit : – Pourquoi ne présente-t-on pas une supplique au Padicha pour lui demander de réduire un peu les impôts et taxes excessifs ? Tout le monde fut d’accord avec lui. A ce moment-là, un vieil homme sortit de la foule en disant : – Je crois que la supplique ne servirait à rien. Ce n’est pas que le Padicha ignore notre souffrance, c’est qu’il ne veut pas la soulager. J’ai une idée qui pourrait faire tomber le Padicha dans un piège.. Intrigué, on lui demanda : – Dis voir qu’elle est ton idée ? Le vieil homme répliqua : – Ne m’en demandez pas plus. Si on avait de l’or, je pourrais tout arranger. Tout le monde lui fit confiance et il réussit à trouver 20 kg d’or. Le vieil homme l’enterra sous un tas de sable près d’un chemin où le Padicha passait chaque fois qu’il partait pour la chasse au jour saint. Ce jour-là, le Padicha et ses ministres sortirent de la ville pour aller chasser. Le vieil homme s’assit sur le sable, faisant semblant de le cribler avec soin. Par curiosité, le Padicha s’approcha de lui : – Qu’est-ce que tu fais là ? – Oh, Votre Majesté ! Un dicton dit : « Celui qui a un métier sera toujours joyeux, celui qui n’en a pas restera pauvre. » Je suis en train de faire mon métier ! En entendant cela, le Padicha s’étonna : – Quel est ton métier ? – Mon métier est merveilleux. Toutes les semaines, je plante de l’or sur ce sable et je le récolte au jour saint, répondit le vieil homme. Ne comprenant toujours pas, le Padicha demanda : – Comment peux-tu le récolter ? Le vieil homme continuait à cribler et dans son crible apparut de l’or brillant. Le Padicha le regardait, les yeux grands ouverts. Constatant la convoitise du Padicha, le vieil homme lui dit : – Votre Majesté ! Vous voyez, c’est un bon métier, malheureusement je n’ai pas beaucoup de capital pour planter ! Le Padicha crut qu’il tombait au bon moment et dit : – Dans ce cas-là, je te fournis de l’or et on cultive ensemble. Le vieil homme accepta avec plaisir. Le lendemain matin, il obtint 10 kg d’or fourni par le Padicha. Au jour saint, il y ajouta encore 10 kg et offrit le tout au Padicha. Le Padicha était ravi d’avoir vu sa mise doubler. Pourtant il était encore un peu sceptique. Il lui donna alors 10 kg d’or pour faire un nouvel essai. Au jour saint suivant, le vieil homme offrit à nouveau au Padicha 20 kg d’or. Cette fois, le Padicha lui fit complètement confiance et voulut planter en abondance. La décision prise, il lui donna la clé du trésor d’état. Le vieil homme distribua de l’or au peuple. Au jour saint, il se présenta tout en pleurant devant le Padicha qui lui demanda précipitamment ce qui s’était passé; cependant le vieil homme pleurait de plus belle. – Hélas ! Votre Majesté, l’or que j’ai planté est mort de sécheresse ! Hors de lui, le Padicha hurla : – Ce n’est pas vrai, je ne crois pas que l’or puisse mourir de sécheresse ! Très calme, le vieil homme répondit : – Votre Majesté, puisque vous pensez qu’on peut planter de l’or dans le sable, comment ne croyez-vous pas qu’il puisse mourir de sécheresse dans le sable ? C’est le ciel qui décide. Nulle chose n’est assurée d’une bonne croissance. Espérons une récolte abondante la prochaine fois. Sur ce, le Padicha ne sachant où donner la tête ne trouva rien à répliquer.

 

*****************************************************

 

5 novembre, 2014

L’hypocrisie du chat ? Louis PERGAUD (Conte)

Classé dans : — unpeudetao @ 9:26

Il était une fois trois amis : Miraut, chien ; Mitou, chat, et Lulu, gosse. Ils avaient bien six ans pour les trois, c’est-à-dire que, si les deux premiers comptaient environ douze mois d’âge chacun, le troisième, lui, marchait gaillardement, tantôt à deux, tantôt à quatre pattes, vers son quatrième anniversaire. À eux trois, ils emplissaient l’appartement, la cour et le jardin de leurs cris et de leurs jeux, et c’était dans la maison une joie et une fête perpétuelles.

 

Mais quelqu’un troubla cette fête.

 

Un beau jour, Lulu gosse fut séparé de ses deux compagnons et conduit dans un vaste local où d’autres enfants, sagement assis sur des bancs symétriques, écoutaient une longue personne sèche dont le lorgnon d’or chevauchait un nez pointu.

 

La femme disait :

 

– Le chien est fidèle, obéissant et dévoué à son maître ; le chat est hypocrite, gourmand et voleur.

 

Et les petits répétaient docilement ces paroles, et tous avaient un air si convaincu que cette conviction troubla Lulu. La maîtresse insista :

 

– Méfiez-vous des chats, mes amis, et ne jouez jamais avec eux.

 

Quand Lulu rentra chez lui et que ses deux fidèles compagnons, qui s’étaient bien ennuyés durant son absence, voulurent lui témoigner leur joie de le revoir, Miraut chien, qui jappait et remuait la queue, fut bien accueilli. Quant à Mitou chat, son gras dos et son ronron ne reçurent pour toute réponse que ces mots peu aimables :

 

– Va-t’en, toi, tu n’es qu’un vilain et un hypocrite !

 

La fin de l’histoire, je vous la dirai quelque jour. Il suffit, pour l’instant, que je vous aie fait entendre que la plupart des jugements que l’on porte sur les bêtes n’ont pas de base plus solide que celle de ce bébé et que les braves minets sont depuis longtemps les innocentes victimes d’une réputation calomnieuse.

 

« Tout notre mal vient d’asnerie », disait Montaigne, tout le mal dont souffrent nos frères prétendus inférieurs vient également de là.

 

Quel fut le méchant imbécile auquel son chat exaspéré décocha un coup de griffe vengeur ; quel fut l’avare dont le petit compagnon affamé fit gueule basse sur la pitance qu’on lui mesurait trop parcimonieusement ; quel fut le philosophe en chambre, plus habitué à scruter les jeux de physionomie de ses nobles contemporains que les frémissements de mufle d’un innocent minet, qui osèrent porter sur nos charmants compagnons domestiques des jugements aussi grossiers et aussi stupides ? Ma foi, je n’en sais rien, et j’aime autant ne pas le savoir ; mais ce que je tiens à dire, c’est que l’hypocrisie est une vertu, c’est-à-dire une force humaine, et non point animale.

 

Avant toute chose, il serait prudent de la définir, et cela nous pourrait mener un peu loin. Aussi, bornons-nous à dire, puisque aussi bien c’est de lui, et de lui seul qu’il s’agit, que le chat ne s’est vu attribuer cette fâcheuse réputation qu’en raison des mouvements défensifs violents qui sont sa sauvegarde au moment critique, et auxquels l’imbécillité méchante de ses tourmenteurs ne s’attendait point.

 

C’est le coup de griffe et le coup de dents qui font de lui un hypocrite et une fripouille. Mais l’égoïsme humain ne veut point voir les raisons qui ont provoqué ses gestes, et l’habitude paresseuse de ne pas sortir de nous-mêmes nous a, seule, longtemps empêchés de suivre sur des faciès poilus, un peu fermés à nos investigations et différents des nôtres, des jeux de physionomie qui sont extrêmement caractéristiques, nuancés et variés à l’infini.

 

L’homme rapporte tout à son genre de beauté, si l’on peut dire, et c’est pour cela qu’il trouve le singe si parfaitement hideux. Il est probable, d’ailleurs, que le singe doit en juger de même à notre égard.

 

Quiconque a vu un matou en train de chasser souris ou moineaux – et c’est là surtout que la bête devrait ruser et se montrer hypocrite – ne peut plus charger de ce défaut cet animal. Le parti pris, l’aveuglement de l’être à la fois juge et partie dans l’affaire peuvent seuls troubler jusqu’à l’illogisme et à l’absurde la rectitude d’un jugement, qui n’est pas toujours – et nos tribunaux nous en donnent assez souvent des preuves éclatantes – illuminé de la grâce et inspiré par la justice.

 

Pour pouvoir conclure, notre entendement épais a besoin de manifestations grossières et violentes et, en ce qui concerne le chat, la plupart des hommes sont inaccessibles aux avertissements multiples qui décèlent une patience à bout.

 

Le redressement des sourcils, le renversement des oreilles, le brandissement des moustaches, le frémissement du nez, un pli imperceptible au coin du mufle, l’agrandissement ou le rétrécissement des paupières, l’avivement de l’œil, un frétillement nerveux de la queue, certaines façons de se ramasser et de faire porter le poids du corps sur une seule patte, sont autant d’indices précurseurs de l’orage auxquels ne se trompent point ceux qui se sont donné la peine d’examiner d’un peu près nos charmants petits familiers.

 

Plus véhément, plus bruyant, plus gueulard, plus près de l’homme pour tout dire, le bon chien, qui braille fort lorsqu’on l’ennuie et ne se résout à mordre qu’après avoir manifesté à haute et intelligible voix ses sentiments, n’a jamais été taxé d’hypocrisie, mais il a joué de ce fait à son camarade chat, plus discret, un véritable tour de cochon, si l’on peut dire.

 

Car le brave minet aura beau faire sentir à sa manière qu’il est énervé et agacé et multiplier les avertissements : aveugle à ses manifestations, ne voyant dans sa patience qu’une façon de cacher son jeu, l’homme griffé ne trouvera rien de mieux que de le taxer d’hypocrisie pour masquer son ignorance et sa méchanceté.

 

Plus physionomistes que nous en ce qui les concerne, nos inférieurs frères fourrés savent bien reconnaître à notre attitude, à notre langage, au mouvement de notre face, tous les sentiments que nous leur portons. S’ils connaissaient l’hypocrisie que nous leur prêtons, nous ne pourrions pas les tromper comme le font certaines brutes qui, pour capturer les bêtes, s’affublent de gestes patelins et se gargarisent la bouche de paroles mielleuses. Jamais un chat ne vous fera le gros dos avant de vous mordre ou de vous égratigner. C’est une bête loyale comme toutes les bêtes et nous lui devons, nous aussi, la franchise.

 

Je n’ai pas de secrets sentimentaux pour le cœur de mon chat Toto, et lui n’en a pas pour moi. Je ne puis pas dire qu’à ce sujet il m’ait jamais trompé ; quant au reste, c’est-à-dire à mes préoccupations économiques, politiques ou artistiques, il sait quelles ne sont pas de son ressort ; aussi s’en fiche-t-il sereinement.

 

Louis PERGAUD (1882-1915).

 

*****************************************************

 

 

24 avril, 2014

La fourmi et le roi Salomon (Conte mauritanien)

Classé dans : — unpeudetao @ 12:52

Ce jour-là, une jeune fourmi avait osé, elle avait osé rester là, dans son trou, en train de travailler, pendant que toutes les autres fourmis se bousculaient pour se prosterner sous les pieds de Salomon, Salomon qui se promenait dans le désert, à côté de leur fourmilière. Salomon était un roi doublé d’un prophète. Il avait des dons impressionnants dont celui de dompter les animaux, de comprendre leur langage et de leur parler. Malgré les ruades et bousculades de la foule, Salomon a remarqué l’absence de la jeune fourmi. Il leva la tête, la découvrit dans son trou et lui dit : – Que fais-tu là, bête menue, et pourquoi ne fais-tu pas comme tes congénères ? – Sire, répondit-elle, ce n’est ni par impolitesse, ni par désobéissance que je ne suis pas venue comme les autres, mais tout simplement, je m’occupe à quelque chose qui me tient particulièrement à cœur : je veux déplacer cette dune de sable que vous voyez là ! – Ha ha ha ! Mon pauvre ami, rétorqua le roi Salomon, je doute que tu aies la vertu nécessaire, c’est-à-dire la patience et surtout la chance suffisante, c’est-à-dire la longévité, pour accomplir ce travail immense. – Moi non plus je n’en sais rien, confessa la fourmi, mais ce que je sais c’est que la force qui me pousse est plus puissante que la tempête du désert, je veux parler de la force de l’amour, car de l’autre côté de la dune de sable se trouve ma bien-aimée. Si je mourais avant de l’atteindre, je finirais ma vie dans la folie de cette chose qui meurt en dernier dans le cœur des êtres, c’est-à-dire l’espérance. Cet échange a fortement ébranlé le grand roi et prophète Salomon, qui, dans le désert au milieu de nulle part, a compris le vrai sens de l’amour.

 

*****************************************************

 

3 avril, 2014

Janot, le cuisinier du roi (Conte haïtien)

Classé dans : — unpeudetao @ 15:11

Au cours d’un repas qu’il partageait avec la reine, le roi Christophe racontait qu’il faisait très froid sur le Mont Laferrière où il était allé ce matin-là superviser la construction de sa Citadelle. – Il n’y fait pas froid du tout, mon roi, dit Janot, le cuisinier, en s’immisçant tout de go dans la conversation. – Si un homme reste là-haut toute la nuit, sans vêtement ou sans aucune source de chaleur, il mourra de froid, affirma le roi. – Oh non, car il n’y fait vraiment pas froid, insista Janot. – Mais qui es-tu pour tenir ainsi tête à ton roi ? Ce soir, tu iras au sommet du mont Laferrière et tu y resteras sans vêtement et sans feu jusqu’à l’aube. Si tu es vivant au lever du soleil, je te donnerai en récompense cent hectares de terre cultivable. Mais si tu meurs, et c’est ce qui t’attend, on inscrira sur ta tombe: « Ci-gît l’idiot qui a tenu tête au roi Christophe ». Le soir même, deux gardes accompagnèrent Janot au Mont Laferrière et l’amenèrent jusqu’à la tour la plus élevée de la Citadelle. Janot ôta prestement ses vêtements, en s’exclamant : – Vous voyez qu’il ne fait pas du tout froid. Janot se prit à grelotter dès que le soleil se coucha, que le vent souffla et qu’un épais brouillard s’abattit sur la Citadelle. – Pourquoi trembles-tu donc ?, lui demandèrent les gardes. – Pour garder la chaleur, répondit Janot qui ne tarda pas à claquer des dents. – Pourquoi tes dents font-elles ce bruit ? – Pour rompre le silence, dit Janot qui pleurait à chaudes larmes. – Pourquoi pleures-tu donc ? – Je pleure la mort de ma mère, chuchota Janot en se tapant les côtes. – Pourquoi fais-tu ainsi ? – Tout comme mon coq quand il se sent bien, susurra Janot avant de perdre connaissance. Les gardes hissèrent son corps sur une jument et le ramenèrent au palais. – Ah fit le roi, voilà mon stupide cuisinier mort, comme je m’y attendais. – Pas mort du tout, dit Janot en ouvrant les yeux, je me reposais. Pour vous dire la vérité sire, il fait même chaud là-haut. Je passais mon temps à regarder les étoiles et je regardais aussi les lumières de votre palais de Sans Souci. – Ah ! Ce sont donc les lumières des lampes à l’huile et des cheminées de Sans Souci qui te réchauffaient. Tu as triché Janot et pour cela tu as perdu ton pari. – Sire, mon roi, les lumières de votre palais de Sans Souci sont à des kilomètres de la Citadelle, comment peuvent-elles me réchauffer ? – N’insiste pas, fit le roi, tu n’as pas suivi les consignes. Tu n’auras pas tes cent hectares de terre. Point c’est tout. Ce soir-là, le roi et la reine se mirent à table dans la grande salle à manger du palais de Sans Souci. Ils attendirent longuement d’être servis. Une fois, deux fois et encore une autre fois, Janot fit savoir au roi et à la reine que le dîner n’est pas prêt. De guerre lasse, le roi, lui-même se rendit aux cuisines et à sa grande stupeur découvrit que la poêle qui contenait la nourriture à cuire se trouvait à une extrémité de la pièce et que le feu de charbon se trouvait à l’autre extrémité. – Qu’est-ce que c’est que cette idiotie ? Comment la nourriture peut-elle cuire si elle n’est pas sur le feu, Janot ? – Patience mon roi, la poêle n’est pas bien loin du feu. Si moi, depuis la Citadelle j’ai pu me réchauffer grâce aux lumières du palais de Sans Souci, c’est certain que les aliments cuiront à proximité du feu. – Tu as gagné Janot tes cents hectares de terre cultivable, dit le roi en éclatant de rire, et maintenant mets ta poêle sur le feu, nous avons faim, la reine et moi.

 

*****************************************************

 

26 octobre, 2013

La patience du moine Ksanti (Conte bouddhiste)

Classé dans : — unpeudetao @ 18:19

Autrefois, il y avait un moine nommé Ksanti, qui retiré dans une grande forêt, cultivait la patience et pratiquait la bienveillance.
Un jour le roi Kali, suivi de ses courtisanes, entra dans la forêt pour s’y promener et s’y divertir.
Son repas terminé, le roi s’arrêta pour dormir un peu. Les courtisanes, se promenant dans la forêt en fleur, aperçurent le moine, lui présentèrent leurs hommages et prirent place à ses côtés. Alors Ksanti leur fit l’éloge de la patience et de la bienveillance ; ses paroles étaient si belles que ces femmes ne se lassaient pas de l’entendre et restèrent longtemps près de lui.

 

Le roi Kali s’éveilla et, ne voyant plus ses courtisanes, saisit son épée et suivit leurs traces. Lorsqu’il les vit assises autour du moine, sa jalousie amoureuse déborda ; les yeux furieux et brandissant son épée, il demanda au moine :
 » Que fais-tu là ?  »
Ksanti répondit :
 » Je suis ici pour cultiver la patience et pratiquer la bienveillance.  »
Le roi lui dit :
 » Je vais aussitôt te mettre à l’épreuve. Avec mon épée, je te couperai les oreilles, le nez et jusqu’aux mains et aux pieds. Si tu ne t’irrites pas, je saurai que tu cultives la patience.  »
Le moine répondit :
 » Fais à ta guise.  »
Alors le roi tira son épée et lui coupa les oreilles, le nez, puis enfin les mains et les pieds, tout en lui demandant :
 » Ton esprit est-il agité?  »
Ksanti répondait :
 » Je cultive la bienveillance et la patience ; mon esprit n’est pas agité.  »
Le roi lui dit :
 » Ton corps est là, sans force ; tu dis bien que ton esprit n’est pas agité, mais qui pourrait te croire ?  »
Alors Ksanti fit ce serment :
 » Si je cultive vraiment la bienveillance et la patience, que mon sang devienne du lait. »
Aussitôt son sang se changea en lait ; le roi, stupéfait, s’en alla avec ses courtisanes. Mais alors, dans la forêt, un roi-dragon, prenant parti pour le moine, tonna et lança la foudre ; le roi, grièvement atteint, s’écroula et ne rentra pas dans son palais.

 

*****************************************************

 

3 octobre, 2013

L’homme blessé par la flèche (Conte bouddhiste)

Classé dans : — unpeudetao @ 17:16

Autrefois, il y avait un moine qui réfléchissait et méditait sur les quatorze questions difficiles telles que le monde et le moi sont-ils éternels ou non éternels, sont-ils finis ou infinis, le sage existe-t-il ou n’existe-t-il pas après la mort ? etc.
Il ne parvenait pas à pénétrer ces questions et il en éprouvait de l’impatience.
Prenant son habit et son bol à aumônes, il se rendit auprès du Bouddha et lui dit :
 » Si le Bouddha peut m’expliquer ces quatorze questions difficiles et satisfait mon intelligence, je demeurerai son disciple ; s’il ne parvient pas à me les expliquer, je chercherai une autre voie.  »
Le Bouddha répondit à ce fou :
 » Au début, as-tu convenu avec moi que, si je t’expliquais les quatorze questions difficiles, tu serais mon disciple ? »
Le moine répondit que non.
Le Bouddha reprit :
 » Fou que tu es ! Comment peux-tu dire aujourd’hui que, si je ne t’explique pas cela, tu ne seras plus mon disciple ? C’est pour les hommes atteints par la vieillesse, la maladie et la mort que je prêche la Loi afin de les sauver. Ces quatorze questions difficiles sont des sujets de dispute ; elles ne profitent pas à la Loi et ne sont que vaines discussions. Pourquoi me poser ces questions ? Si je te répondais, tu ne comprendrais pas ; arrivé à l’heure de la mort, tu n’aurais rien saisi et tu n’aurais pas pu te libérer de la naissance, de la vieillesse, de la maladie, et de la mort.
 » Un homme a été frappé d’une flèche empoisonnée ; ses parents et son entourage ont appelé un médecin pour extraire la flèche et appliquer un remède. Et le blessé de dire au médecin :
 » Je ne permets pas que tu extraie la flèche avant que je sache quel est ton clan, ton nom, ta famille, ton village, tes père et mère et ton âge ; je veux savoir de quelle montagne provient la flèche, quelle est la nature de son bois et de ses plumes, qui a fabriqué la pointe de la flèche, et quel en est le fer ; ensuite je veux savoir si l’arc est en bois de montagne ou en corne d’animal ; enfin je veux savoir d’où provient le remède et quel est son nom. Après que j’aurai appris toutes ces choses, je te permettrai d’extraire la flèche et d’appliquer le remède. «  »
Le Bouddha demanda au moine :
 » Cet homme pourra-t-il connaître toutes ces choses et, après seulement, laisser enlever la flèche ?  »
Le moine répondit :
 » L’homme ne parviendra pas à savoir cela, car s’il attendait de tout savoir, il serait mort avant l’opération.  »
Le Bouddha reprit :
 » Tu es comme lui : la flèche des vues fausses, enduite du poison du désir et de la convoitise, a percé ton esprit ; je veux t’arracher cette flèche, à toi qui est mon disciple ; mais toi, tu refuses que je te l’enlève et tu veux chercher à savoir si le monde est éternel ou non éternel, fini ou non fini, etc. Tu ne trouveras pas ce que tu cherches, mais tu perdras la vie de sagesse ; tu mourras comme un animal et tu seras précipité dans les ténèbres.  »

 

Le moine, peu à peu, comprit à fond les paroles du Bouddha et il obtint la Voie.

 

*****************************************************

 

2 octobre, 2013

Parabole de la vraie science de la vie (Conte des Mille et une Nuits)

Classé dans : — unpeudetao @ 15:20

On raconte que dans une ville d’entre les villes, où l’on enseignait toutes les sciences, vivait un jeune homme beau et studieux. Bien que rien ne lui manquât, il était possédé du désir de toujours apprendre d’avantage. Il lui fut un jour révélé, grâce au récit d’un marchand voyageur, qu’il existait dans un pays fort éloigné, un savant qui était l’homme le plus saint de l’Islam et qui possédait à lui seul autant de science, de sagesse et de vertu, que tous les savants du siècle réunis. Malgré sa renommée, ce savant exerçait le simple métier de forgeron, comme son père avant lui et son grand-père avant son père.

 

Ayant entendu ces paroles, le jeune homme rentra chez lui, prit ses sandales, sa besace et son bâton, et quitta la ville et ses amis sur le champ. Il marcha pendant quarante jours et quarante nuits. Enfin il arriva dans la ville du forgeron. Il alla directement au souk et se présenta à celui dont tous les passants lui avaient indiqué la boutique. Il baisa le pan de la robe du forgeron et se tint devant lui avec déférence. Le forgeron qui était un homme d’âge au visage marqué par la bénédiction lui demanda :
 » Que désires-tu, mon fils ?  »
 » Apprendre la science.  » Répondit le jeune homme.
Pour toute réponse le forgeron lui mit dans les mains la corde du soufflet de la forge et lui dit de tirer. Le nouveau disciple répondit par l’obéissance et se mit aussitôt à tirer et à relâcher la corde sans discontinuer, depuis le moment de son arrivée jusqu’au coucher du soleil. Le lendemain il s’acquitta du même travail, ainsi que les jours suivants, pendant des semaines, pendant des mois et ainsi toute une année, sans que personne dans la forge, ni le maître, ni les nombreux disciples qui avaient chacun un travail tout aussi rigoureux, ne lui adressât une seule fois la parole, sans que personne ne se plaignît ou seulement murmurât.

 

Cinq années passèrent de la sorte. Le disciple, un jour, se hasarda timidement à ouvrir la bouche :
 » Maître..  »
Le forgeron s’arrêta dans son travail. Tous les disciples, à la limite de l’anxiété, firent de même. Dans le silence il se tourna vers le jeune homme et demanda :
 » Que veux-tu ?  »
 » La science !  »
Le forgeron dit :
 » Tire la corde !  »
Sans un mot de plus tout le monde reprit le travail.
Cinq autres années s’écoulèrent durant lesquelles, du matin au soir, sans répit, le disciple tira la corde du soufflet, sans que personne ne lui adressât la parole. Mais si quelqu’un avait besoin d’être éclairé sur une question de n’importe quel domaine, il lui était loisible d’écrire la demande et de la présenter au Maître le matin en entrant dans la forge. Le Maître ne lisait jamais l’écrit. S’il jetait le papier au feu, c’est sans doute que la demande ne valait pas la réponse. S’il plaçait le papier dans son turban, le disciple qui l’avait présenté trouvait le soir la réponse du Maître écrite en caractères d’or sur le mur de sa cellule.

 

Lorsque dix années furent écoulées, le forgeron s’approcha du jeune homme et lui toucha l’épaule. Le jeune homme, pour la première fois depuis des années, lâcha la corde du soufflet de forge. Une grande joie descendit en lui. Le Maître dit :
 » Mon fils, tu peux retourner vers ton pays et ta demeure, avec toute la science du monde et de la vie dans ton coeur. Car tout cela tu l’a acquis en acquérant la vertu de la patience !  »
Et il lui donna le baiser de paix.
Le disciple s’en retourna illuminé dans son pays, au milieu de ses amis. Et il vit clair dans la vie.

 

D’après les Contes des Mille et une Nuits Ed. Bouquins.

 

*****************************************************

 

21 septembre, 2013

Fortune (Conte soufi)

Classé dans : — unpeudetao @ 6:20

      Un homme avait eu par héritage une importante fortune. Mais il la dilapida rapidement pour se retrouver bien vite dans un extrême dénuement. Car la fortune est changeante pour les héritiers.
      Il se promenait, tel un vautour, parmi les ruines, sans ressources, sans demeure. Il adressa un jour cette prière à Dieu :
« Ô Seigneur ! Les biens dont tu m’as comblé se sont vite dissipés! Renouvelle tes faveurs pour moi ou prends ma vie ! »
      Car le prophète a dit :
      « Le fidèle est comme le roseau ! Son chant est plus fort lorsqu’il est vide à l’intérieur. »
      Ainsi, notre héritier passait-il ses journées dans la prière, le visage plein de larmes.
      Mais existe-t-il quelqu’un qui ait frappé à la porte de la miséricorde sans rien recevoir ? L’héritier ruiné entendit donc une voix dans son rêve qui lui disait :
« Quitte Bagdad et rends-toi en Égypte ! On subviendra à tes besoins là-bas et tu y deviendras riche. Car tes larmes et tes prières sont acceptées ! »
      Cette même voix lui décrivit avec précision une ville, un quartier de cette ville et un lieu de ce quartier. Elle dit encore :
« Rends-toi là et tu trouveras un trésor fait de choses rares. »
      L’héritier, plein d’espoir, se rendit donc en Égypte. Il y parvint dans un état de grand épuisement, n’ayant rien mangé depuis des jours. Il lui vint l’idée de mendier mais la honte l’en empêcha. Cependant, au bout d’un moment, sa patience l’abandonna et il décida de demander l’aumône, à la nuit tombée, afin que l’obscurité couvre sa honte. Il se dit :
« Je vais crier le nom de Dieu et peut-être les gens me donneront-ils quelque chose à manger. »
      Un tiers de la nuit se passa alors qu’il hésitait encore, se demandant :
« Dois-je dormir le ventre vide ou dois-je mendier ? »
      Mais soudain, il fut capturé par un garde qui faisait la ronde de nuit et ce dernier se mit à le frapper de coups de bâton. Car il se trouvait qu’à cette époque, la population était excédée par les méfaits des voleurs de nuit et le sultan avait donné aux gardes des consignes sévères :
« Ne vous laissez pas abuser par leurs mensonges et soyez sans pitié ! Si vous trouvez un homme dans la rue en pleine nuit, coupez-lui la main, même s’il s’agit de quelqu’un de votre famille ! »
      L’héritier implora pitié et demanda à être écouté afin qu’il puisse raconter son histoire. Quand il lui eut donné de nombreux coups de bâton, le garde lui dit :
« Vas-y ! Je t’écoute. Que fais-tu à cette heure dans les rues ? Tu es étranger. Quelles sont tes intentions ? Sais-tu que le sultan nous a recommandé d’être sans pitié pour les voleurs tels que toi ? »
      L’héritier jura sur tout ce qu’il avait de sacré :
« Je ne suis ni un voleur ni un ami des voleurs. Je ne suis qu’un pauvre solitaire qui vient de Bagdad. »
      Et il raconta tout : son histoire, son rêve et son espoir de trouver un trésor. Et ses yeux firent couler une rivière de larmes. Le garde fut touché par ses paroles et lui dit :
« Tu n’as pas l’air d’être un voleur. Tu es peut-être un honnête homme mais tu es vraiment trop stupide. Tu as fait tout ce chemin à cause d’un rêve ! Cela est sûr : tu n’as pas la moindre graine d’intelligence. Il m’est arrivé des centaines de fois d’avoir de tels rêves. Une voix me disait : « Rends-toi à Bagdad. Va dans tel quartier, à tel endroit et tu y trouveras un trésor. » Mais, je ne me suis pas déplacé pour autant ! »
      Il décrivit à l’héritier l’endroit que lui indiquait la voix de ses rêves et l’héritier reconnut dans sa description l’endroit exact où il vivait.
Alors il s’écria :
« L’endroit du trésor était l’endroit même où je vivais ! Pourquoi ai-je enduré tous ces tourments ? »

 

      Puis, il remercia Dieu et se dit :
« Toutes mes peines et mes tourments m’ont guidé vers le trésor qui était chez moi. Qu’importe que l’on me prenne pour un savant ou pour un idiot : j’ai trouvé le trésor ! »

 

*****************************************************

20 juin, 2013

Renseignement SVP ! (Histoire)

Classé dans : — unpeudetao @ 5:36

Lorsque j’étais très jeune, mon père a eu l’un des premiers téléphones dans notre voisinage. Je me rappelle très bien la vieille boîte en bois, bien polie fixée au mur et le petit récepteur noir, bien lustré, accroché sur son côté.

 

J’étais trop petit pour atteindre le téléphone, mais j’étais habitué à écouter avec fascination ma mère lui parler. J’ai, par la suite, découvert que quelque part, dans ce merveilleux appareil, vivait une personne fantastique.. Son nom était « Renseignement SVP » et il n’y avait rien qu’elle ne savait pas. Renseignement SVP pouvait fournir le numéro de n’importe qui en plus de l’heure exacte.

 

Ma première expérience personnelle avec ce génie dans une bouteille s’est produite un jour où ma mère était partie chez une voisine. Je m’amusais au sous-sol, et je me suis donné un violent coup de marteau sur un doigt. La douleur était terrible, mais il ne semblait pas y avoir de raisons pour que je crie. J’étais seul et personne ne pourrait m’entendre et me réconforter.

 

Je faisais les cent pas autour de la maison, en suçant mon doigt pour finalement arriver devant l’escalier. Le téléphone !!! Rapidement, j’ai couru chercher le petit tabouret dans la cuisine et je l’ai traîné jusque devant le téléphone. Je suis monté dessus, j’ai décroché le combiné et l’ai placé contre mon oreille.
- Renseignement SVP, dis-je dans le microphone, juste au-dessus de ma tête. Un click ou deux.. et j’entends une petite voix claire me dire :
- Renseignement.

 

Je dis alors :
- Je me suis fait mal au doigt.
- Est-ce que tu saignes ? m’a demandé la voix. Je lui réponds :
- Non, je me suis frappé le doigt avec un marteau et ça fait très mal. Elle me demande alors :
- Peux-tu ouvrir la boîte à glace ?
Je lui répondis que oui je pouvais.
- Alors, prends un petit morceau de glace et pose le sur ton doigt, me dit-elle.

 

Après cette expérience, j’ai appelé Renseignement SVP pour n’importe quoi. Je lui ai demandé de l’aide pour ma géographie et elle m’a dit où se trouvait Montréal. Elle m’a aidé aussi avec mes mathématiques. Elle m’a dit que le petit écureuil, que j’avais trouvé dans le parc, la journée précédente, devait manger des fruits et des noix.

 

Un peu plus tard, mon petit canari est mort. J’ai donc appelé Renseignement SVP et lui ai raconté ma triste histoire. Elle m’a écouté attentivement et m’a dit les choses usuelles qu’un adulte dit pour consoler un enfant, mais j’étais inconsolable.

 

Alors, je lui ai demandé, la gorge serrée :
- Pourquoi les oiseaux chantent si merveilleusement et procurent tellement de joie aux familles, seulement pour finir comme un tas de plumes dans le fond d’une cage ?
Elle a probablement ressenti mon profond désarroi et m’a dit alors, d’une voix si calme :
- Paul, rappelle-toi toujours qu’il existe d’autres mondes où l’on peut chanter.
D’une certaine façon, je me sentais mieux.

 

Une autre fois, j’utilisais le téléphone :
- Renseignement SVP.
- Renseignements, me répondait la voix, maintenant devenue si familière. Je lui demande alors :
- Comment épelez-vous le mot réparation ?

 

Tout ça se passait dans la ville de Québec. Alors que j’avais 9 ans, nous avons déménagé à l’autre bout de la province, à Baie-Comeau. Je m’ennuyais terriblement de mon amie. Renseignement SVP appartenait à cette vieille boîte en bois de notre maison familiale, et, curieusement, je n’ai jamais songé à utiliser le nouvel appareil téléphonique étincelant, posé sur une table, dans le corridor, près de l’entrée.

 

Alors que je me dirigeais vers l’adolescence, les souvenirs de ces conversations de mon enfance ne m’ont jamais quitté. Souvent, lors des moments de doute et de difficultés, je me rappelais ce doux sentiment de sécurité que j’avais à cette époque. J’appréciais maintenant la patience, la compréhension et la gentillesse qu’elle a eus à consacrer de son temps pour un petit garçon.

 

Quelques années plus tard, alors que je me dirigeais au Collège, à Montréal, mon avion devait faire une escale à Québec. J’avais donc près d’une demi-heure entre le transfert d’avion. J’ai donc passé 15 minutes au téléphone avec mon frère, qui vit toujours à Québec.

 

Ensuite, sans penser vraiment à ce que je faisais, j’ai composé le « 0″ et dit :
- Renseignement SVP. Miraculeusement, j’entendis alors cette même petite voix claire que je connaissait si bien :
- Renseignement.

 

Je n’avais rien prévu de tout ça, mais je m’entendis lui dire :
- Pouvez-vous m’aider à épeler le mot réparation ?
Il y a eu un long moment de silence. Ensuite, j’entendis une voix si douce me répondre :
- Je suppose que ton doigt doit être guéri maintenant.

 

Je me mis à rire et lui dit :
- C’est donc toujours vous ! Je me demande si vous avez la moindre idée comme vous étiez importante pour moi pendant toutes ces années.
- Je me demande, dit-elle, si tu sais combien tes appels étaient importants pour moi. Je n’ai jamais eu d’enfant et j’étais toujours impatiente de recevoir tes appels.

 

Je lui ai dit comment, si souvent, j’ai pensé à elle au cours de ces dernières années et je lui ai demandé si je pourrais la rappeler, lorsque je reviendrais visiter mon frère :
- Je t’en prie, tu n’auras qu’à demander Sally, me répondit-elle.

 

Trois mois plus tard, alors que j’étais de nouveau à Québec, une voix différente me répondit :
- Renseignement. J’ai donc demandé à parler à Sally.
- Êtes-vous un ami ? me demanda la voix inconnue. Je lui répondis :
- Oui, un vieil ami. J’entendis alors la voix me dire :
- Je suis désolée d’avoir à vous dire ça, Sally ne travaillait plus qu’à temps partiel ces dernières années parce qu’elle était très malade. Elle est morte il y a cinq semaines déjà.

 

Avant même que je n’ai le temps de raccrocher, elle me dit :
- Attendez une minute. M’avez-vous dit que votre nom était Paul ? Je répondis :
- Oui.
- Et bien, Sally a laissé un message pour vous. Elle l’a écrit, au cas où vous appelleriez. Laissez-moi vous le lire.. Ce message disait :
- Dites-lui que je crois toujours qu’il y a d’autres mondes où l’on peut chanter. Il saura ce que je veux dire..
Je lui dis donc merci et raccrochai.

 

Et oui, je savais ce que Sally voulait dire..

 

Ne sous-estimez jamais l’influence que vous pouvez avoir sur les autres. La vie de qui avez-vous touché aujourd’hui ?

 

*****************************************************

12345

Ilona, Mahée et Mila. |
Amour, Beauté, Paroles, Mots. |
Les Ailes du Temps |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | David Besschops
| professeur.de.français
| billierose