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26 octobre, 2014

Invocation, Amable TASTU

Classé dans : — unpeudetao @ 19:00

Oh ! ne puis-je étouffer les vains bruits de la vie ! Éloigner son calice amer, Fuir cette route obscure, où je suis asservie, Pour des aspects plus doux, un horizon plus clair !

 

Viens donc, ô viens à moi, bienfaisante immortelle, Seule consolatrice à mes ennuis fidèle ; Accours, les yeux pensifs, le front paré de fleurs, Avec ta harpe d’or, qui vibre au fond de l’âme, Ta coupe, d’où s’épanche un breuvage de flamme, Et ton prisme aux mille couleurs !

 

Toi seule as su charmer ma route commencée ; De mes pas, qu’entravaient mille obstacles divers, Quelques-uns, mesurés au bruit de tes concerts, Laissaient sur mon chemin leur trace cadencée ;

 

Ce sont les seuls encor qui ne m’aient point lassée. Ainsi, de longs travaux le soldat rebuté, Sous la bise d’hiver, ou le soleil d’été, Accuse la lenteur d’une marche pénible ; Prêt à se révolter contre l’ordre inflexible, Il entend tout à coup résonner à la fois Des trompes, des clairons la belliqueuse voix ; Tandis qu’à leurs accords s’unit, par intervalle, Quelque refrain connu de la terre natale, Docile aux sons joyeux des instruments guerriers. Il rêve tour à tour la gloire et ses foyers ! Sa plainte s’assoupit, ses fatigues s’oublient, Aux temps du rythme égal ses pas égaux se plient, Et sans murmure il suit l’ombre de ses drapeaux, Jusqu’au but inconnu marqué pour son repos !

 

Amable TASTU (1798-1885).

 

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10 octobre, 2011

Oraison du silence, Adolphe Retté

Classé dans : — unpeudetao @ 3:39

Aie pitié de moi, Seigneur, aie pitié de moi selon ta patience et ton inlassable bonté.

 

Efface de mon âme jusqu’au moindre vestige des doctrines venimeuses que le diable y inscrivit jadis. Qu’elle soit une page blanche, où tu traceras, en lettres de lumière, ta volonté et les secrets de ta Sagesse. Qu’elle se purifie toujours davantage et qu’elle resplendisse enfin comme la neige des hauts sommets sous le soleil de ton Amour.

 

Que le rythme des heures qu’il me reste à vivre ici-bas se règle exclusivement sur la sainte doxologie : Gloire au Père, et au Fils et au Saint-Esprit, comme il était au commencement, et maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles, ainsi soit-il..
Invocation fortifiante qui fait que je me réjouis d’avoir souffert et de souffrir encore pour ton service. Chaque fois que je la prononcerai d’un cœur contrit et d’un esprit droit, je sais que ta grâce affluera dans mon âme et que le Paraclet me donnera la force de surmonter joyeusement la nature.

 

Je t’offre mon âme. C’est une masure indigente. Mais si tu daignes y habiter, elle deviendra plus splendide qu’un palais en fête.
Et je t’offre mon cœur d’où je me suis efforcé de chasser tout penchant aux choses de ce monde. Si tu daignes y habiter, il sera comme un parterre de fleurs que cultivent tes Anges.

 

Or Jésus me répond :
En croix sur le Calvaire, je souffre et je saigne pour le rachat de tous ces hommes qui m’ignorent et de tous ces hommes qui me haïssent et me méprisent.
Si tu m’aimes, viens m’y retrouver.
Je veux bien, Seigneur. Permets que je sois crucifié à ta droite comme le bon Larron. Et, de même que tu te souvins de lui, souviens-toi de moi dans ton royaume du Ciel..

 

Adolphe Retté (1863-1930). Extrait des Oraisons du Silence, Paris, Messein,1930, pp. 199-200.

 

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5 août, 2011

Canon (lorica) de saint Patrick

Classé dans : — unpeudetao @ 5:02

Je me lève aujourd’hui,
Par une force puissante,
L’invocation à la Trinité,
La croyance à la Trinité,
La confession de l’unité du Créateur du monde.

 

Je me lève aujourd’hui,
Par la force de la naissance du Christ et de Son Baptême,
La force de Sa Crucifixion et de Sa mise au tombeau,
La force de Sa Résurrection et de Son Ascension,
La force de Sa Venue au jour du jugement.

 

Je me lève aujourd’hui,
Par la force des ordres des Chérubins,
Dans l’obéissance des Anges,
Dans le service des Archanges,
Dans l’espoir de la Résurrection,
Dans les prières des Patriarches,
Dans les prédictions des Prophètes,
Dans les prédications des Apôtres,
Dans les fidélités des Confesseurs,
Dans l’innocence des Vierges saintes,
Dans les actions des Hommes justes.

 

Je me lève aujourd’hui,
Par la force du Ciel,
Lumière du Ciel,
Lumière du Soleil,
Éclat de la Lune,
Splendeur du Feu,
Vitesse de l’Eclair,
Rapidité du Vent,
Profondeur de la Mer,
Stabilité de la Terre,
Solidité de la Pierre.

 

Je me lève aujourd’hui,
Par la force de Dieu pour me guider,
Puissance de Dieu pour me soutenir,
Intelligence de Dieu pour me conduire,
Oeil de Dieu pour regarder devant moi,
Oreille de Dieu pour m’entendre,
Parole de Dieu pour parler pour moi,
Main de Dieu pour me garder,
Chemin de Dieu pour me précéder,
Bouclier de Dieu pour me protéger,
Armée de Dieu pour me sauver :
Des filets des démons,
Des séductions des vices,
Des inclinations de la nature,
De tous les hommes qui me désirent du mal,
De loin et de près,
Dans la solitude et dans une multitude.

 

J’appelle aujourd’hui toutes ces forces
Entre moi et le mal,
Contre toute force cruelle impitoyable
Qui attaque mon corps et mon âme,
Contre les incantations des faux prophètes,
Contre les lois noires du paganisme,

 

Contre les lois fausses des hérétiques,
Contre la puissance de l’idolâtrie,
Contre les charmes des sorciers,
Contre toute science qui souille le corps et l’âme de l’homme.

 

Que le Christ me protège aujourd’hui :
Contre le poison, contre le feu,
Contre la noyade, contre la blessure,
Pour qu’il me vienne une foule de récompenses.

 

Le Christ avec moi,
Le Christ devant moi,
Le Christ derrière moi,
Le Christ en moi,
Le Christ au-dessus de moi,
Le Christ au-dessous de moi,
Le Christ à ma droite,
Le Christ à ma gauche,
Le Christ en largeur,
Le Christ en longueur,
Le Christ en hauteur,
Le Christ dans le coeur de tout homme qui pense à moi,
Le Christ dans tout oeil qui me voit,
Le Christ dans toute oreille qui m’écoute.

 

Je me lève aujourd’hui,
Par une force puissante,
L’invocation à la Trinité,
La croyance à la Trinité,
La confession de l’unité du Créateur du monde.

 

Au Seigneur est le Salut,
Au Christ est le Salut,
Que Ton Salut Seigneur soit toujours avec nous.

 

Amen ! Amen ! Amen !

 

Saint Patrick (390-461?).

 

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8 août, 2010

Invocation au soleil, Nikos Kazantzakis

Classé dans : — unpeudetao @ 20:27

Invocation au soleil

 

Soleil, mon grand oriental, et bonnet d’or de mon esprit,
il me plaît de te porter ainsi de travers, ah, je n’en pouvais plus !
Aussi longtemps que tu vivras, nous vivrons nous aussi, et que nos coeurs se réjouissent !
Et cette terre est bonne, elle nous plaît, comme une grappe de raisin
frisée dans le vent bleu, mon Dieu, elle pend, et remue dans le vent de la Crète,
et la becquettent les esprits et les oiseaux du vent :
si nous pouvions en faire autant pour y rafraîchir notre esprit !
Entre mes deux tempes, dans le grand pressoir,
le raisin cède, je piétine, et le moût coule à flots bouillants,
et la tête rit, toute fumante dans le jour debout.
La terre a largué ses grandes voiles, lancé au plus loin ses ailes, et voici
qu’elle tremble, et les yeux noirs du Besoin
se sont enivrés, et le chant commence.

 

Violent au-dessus de moi, le ciel ; et au-dessous mon ventre,
les mouettes, là-bas, buvant au fil des mers,
le sel emplit mes narines, les vagues entrechoquent leurs épaules,
les vagues qui s’en vont, rapides, et moi qui m’en vais avec.
Soleil, trois fois soleil, qui passes très haut et regardes en-bas,
je vois là le bonnet marin d’un destructeur de forteresse,
donnons-lui donc un coup de pied, histoire de voir jusqu’où il va ?
Le temps, tout cela tourne, le destin a des roues,
et l’esprit de l’homme reste au-dessus et les fait tourner.
Aïdé ! donnons un coup de pied à la terre, qu’elle roule un bon coup !
Ah, soleil, toi mon beau clin d’oeil, mon lévrier, mon chien d’arrêt,
la proie que j’aime, débusque-la, vas-y, prends-la en chasse,
et quoi que tu puisses voir sur la terre, et quoi que tu entendes, fais-le moi savoir,
moi, je le passerai au laboratoire secret de mes entrailles,
et tout cela sans te presser, et de cela te ries, te joues,
que les pierres bercées, l’eau, le feu, la terre ne soient plus qu’esprit,
et l’âme aux ailes lourdes de boue lentement sortira du corps
et montera comme une flamme sereine et se perdra dans le soleil. . .

 

Vous avez bien bu, bien mangé, les gars, sur le rivage tout en fête,
rires, danse et bécots, la conversation qui languit,
la joie pour vous n’est plus que plénitude de la chair,
mais en moi le vin s’est levé, et voici la viande à nouveau
hantée, la chanson d’un marin s’élance et va me faire tomber,
j’ai besoin de chanter, faites-lui la place, mes frères !
Ah, la fête est bien grande et la place est toute petite,
ouvrez vos rangs, que j’aie de quoi m’allonger à l’aise,
que j’aie de quoi jeter mes cannes, planter mes coudes,
et que la nudité n’effraie pas vos femmes et enfants.
Comme ils vont me prendre à la gorge, je parie, aussitôt que j’aurai
lancé mes paroles à la chasse à l’homme sur les plages !
Mais lorsque mon larynx sera bien serré, la douleur devenue esprit,
alors je me lèverai, et je veux de la place aussi pour danser au bord de l’eau.

 

Délivre-moi, mon Dieu, de la sagesse, que mes tempes s’ouvrent enfin,
que s’ouvrent les trappes de l’esprit, et que le monde prenne l’air !
Eh vous, les paysans, fourmis le dos courbé sous une granule de blé,
je jette un coquelicot rouge et la prairie va prendre feu !
Vous, filles, qui gardez des colombes sauvages dans la fraîcheur de votre sein,
et vous, les jeunes gens, poignard à la ceinture,
vous avez beau vous battre, la terre reste un arbre sec,
tandis que moi, avec mon chant, je lui ferai porter ses fleurs !
Artisans, laissez là vos outils, pliez vos tabliers, laissez
le joug de la nécessité, aussitôt la liberté crie.
La liberté n’est pas du vin, hommes, finissons-en,
pas même une très douce épouse,
la richesse dans vos greniers et votre fils dans le berceau :
c’est une chanson haute, et qui ne descend pas, et qui s’efface dans le vent (. . .).

 

Nikos Kazantzakis (Grèce, 1883 1957).
(« Invocation au soleil », extrait, dans 37 poètes de l’Indépendance à nos jours)
(Traduit par Dominique Grandmont)

 

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