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20 février, 2011

L’Avantage de la science, Jean de LA FONTAINE

Classé dans : — unpeudetao @ 1:27

 

            Entre deux Bourgeois d’une Ville
            S’émut jadis un différend.
            L’un était pauvre, mais habile,
            L’autre riche, mais ignorant.
            Celui-ci sur son concurrent
            Voulait emporter l’avantage :
            Prétendait que tout homme sage
            Etait tenu de l’honorer.

 

C’était tout homme sot ; car pourquoi révérer
            Des biens dépourvus de mérite ?
            La raison m’en semble petite.

 

            Mon ami, disait-il souvent
                              Au savant,
            Vous vous croyez considérable ;
            Mais, dites-moi, tenez-vous table ?
Que sert à vos pareils de lire incessamment ?
Ils sont toujours logés à la troisième chambre,
Vêtus au mois de Juin comme au mois de décembre,
Ayant pour tout Laquais leur ombre seulement.
            La République a bien affaire
            De gens qui ne dépensent rien :
            Je ne sais d’homme nécessaire
Que celui dont le luxe épand beaucoup de bien.
Nous en usons, Dieu sait : notre plaisir occupe
L’artisan, le vendeur, celui qui fait la jupe,
Et celle qui la porte, et vous, qui dédiez
            À Messieurs les gens de finance
            De méchants livres bien payés.
            Ces mots remplis d’impertinence
            Eurent le sort qu’ils méritaient.
L’homme lettré se tut, il avait trop à dire.
La guerre le vengea bien mieux qu’une satire.
Mars détruisit le lieu que nos gens habitaient.

 

            L’un et l’autre quitta sa ville.

 

            L’ignorant resta sans asile ;
            Il reçut partout des mépris :
L’autre reçut partout quelque faveur nouvelle.
            Cela décida leur querelle.

 

Laissez dire les sots ; le savoir a son prix.

 

Jean de La Fontaine.

 

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19 avril, 2010

Chapitre 25

Classé dans : — unpeudetao @ 14:52

 

 

- Les hommes, dit le petit prince, ils s’enfournent dans les rapides, mais ils ne savent plus ce qu’ils cherchent. Alors ils s’agitent et tournent en rond…

 

Et il ajouta:

 

- Ce n’est pas la peine…

 

Le puits que nous avions atteint ne ressemblait pas aux puits sahariens. Les puits sahariens sont de simples trous creusés dans le sable. Celui-là ressemblait à un puits de village. Mais il n’y avait là aucun village, et je croyais rêver.

 

- C’est étrange, dis-je au petit prince, tout est prêt: la poulie, le seau et la corde…

 

Il rit, toucha la corde, fit jouer la poulie. Et la poulie gémit comme gémit une vieille girouette quand le vent a longtemps dormi.

 

- Tu entends, dit le petit prince, nous réveillons ce puits et il chante…

 

Je ne voulais pas qu’il fît un effort:

 

- Laisse-moi faire, lui dis-je, c’est trop lourd pour toi.

 

Lentement je hissai le seau jusqu’à la margelle. Je l’y installai bien d’aplomb. Dans mes oreilles durait le chant de la poulie et, dans l’eau qui tremblait encore, je voyais trembler le soleil.

 

- J’ai soif de cette eau-là, dit le petit prince, donne-moi à boire…

 

Et je compris ce qu’il avait cherché !

 

Je soulevai le seau jusqu’à ses lèvres. Il but, les yeux fermés. C’était doux comme une fête. Cette eau était bien autre chose qu’un aliment. Elle était née de la marche sous les étoiles, du chant de la poulie, de l’effort de mes bras. Elle était bonne pour le cœur, comme un cadeau. Lorsque j’étais petit garçon, la lumière de l’arbre de Noël, la musique de la messe de minuit, la douceur des sourires faisaient ainsi tout le rayonnement du cadeau de Noël que je recevais.

 

- Les hommes de chez toi, dit le petit prince, cultivent cinq mille roses dans un même jardin… et ils n’y trouvent pas ce qu’ils cherchent.

 

- Ils ne le trouvent pas, répondis-je…

 

- Et cependant ce qu’ils cherchent pourrait être trouvé dans une seule rose ou un peu d’eau…

 

- Bien sûr, répondis-je.

 

Et le petit prince ajouta:

 

- Mais les yeux sont aveugles. Il faut chercher avec le cœur.

 

J’avais bu. Je respirais bien. Le sable, au lever du jour, est couleur de miel. J’étais heureux aussi de cette couleur de miel. Pourquoi fallait-il que j’eusse de la peine…

 

- Il faut que tu tiennes ta promesse, me dit doucement le petit prince, qui, de nouveau, s’était assis auprès de moi.

 

- Quelle promesse ?

 

- Tu sais… une muselière pour mon mouton… je suis responsable de cette fleur !

 

Je sortis de ma poche mes ébauches de dessin. Le petit prince les aperçut et dit en riant:

 

- Tes baobabs, ils ressemblent un peu à des choux…

 

- Oh!

 

Moi qui était si fier des baobabs !

 

- Ton renard… ses oreilles… elles ressemblent un peu à des cornes… et elles sont trop longues !

 

Et il rit encore.

 

- Tu es injuste, petit bonhomme, je ne savais rien dessiner que les boas fermés et les boas ouverts.

 

- Oh ! ça ira, dit-il, les enfants savent.

 

Je crayonnai donc une muselière. Et j’eus le cœur serré en la lui donnant:

 

- Tu as des projets que j’ignore…

 

Mais il ne me répondit pas. Il me dit:

 

- Tu sais, ma chute sur la Terre… c’en sera demain l’anniversaire…

 

Puis, après un silence il dit encore:

 

- J’étais tombé tout près d’ici…

 

Et il rougit.

 

Et de nouveau, sans comprendre pourquoi, j’éprouvai un chagrin bizarre. Cependant une question me vint:

 

- Alors ce n’est pas par hasard que, le matin où je t’ai connu, il y a huit jours, tu te promenais comme ça, tout seul, à mille milles de toutes les régions habitées ! Tu retournais vers le point de ta chute ?

 

Le petit prince rougit encore.

 

Et j’ajoutai, en hésitant:

 

- A cause, peut-être, de l’anniversaire ?…

 

Le petit prince rougit de nouveau. Il ne répondait jamais aux questions, mais, quand on rougit, ça signifie « oui », n’est-ce pas ?

 

- Ah! lui dis-je, j’ai peur…

 

Mais il me répondit:

 

- Tu dois maintenant travailler. Tu dois repartir vers ta machine. Je t’attends ici. Reviens demain soir…

 

Mais je n’étais pas rassuré. Je me souvenais du renard. On risque de pleurer un peu si l’on s’est laissé apprivoiser…

 

Chapitre 26 :
http://unpeudetao.unblog.fr/le-petit-prince-antoine-de-saint-exupery/chapitre-26/

 

 

Chapitre 16

Classé dans : — unpeudetao @ 6:18

 

 

La septième planète fut donc la Terre.

 

La Terre n’est pas une planète quelconque ! On y compte cent onze rois (en n’oubliant pas, bien sûr, les rois nègres), sept mille géographes, neuf cent
mille businessmen, sept millions et demi d’ivrognes, trois cent onze millions de vaniteux, c’est-à-dire environ deux milliards de grandes personnes.

 

Pour vous donner une idée des dimensions de la Terre je vous dirai qu’avant l’invention de l’électricité on y devait entretenir, sur l’ensemble des six
continents, une véritable armée de quatre cent soixante-deux mille cinq cent onze allumeurs de réverbères.

 

Vu d’un peu loin ça faisait un effet splendide. Les mouvements de cette armée étaient réglés comme ceux d’un ballet d’opéra. D’abord venait le tour des
allumeurs de réverbères de Nouvelle-Zélande et d’Australie. Puis ceux-ci, ayant allumé leurs lampions, s’en allaient dormir. Alors entraient à leur tour
dans la danse les allumeurs de réverbères de Chine et de Sibérie. Puis eux aussi s’escamotaient dans les coulisses. Alors venait le tour des allumeurs
de réverbères de Russie et des Indes. Puis de ceux d’Afrique et d’Europe. Puis de ceux d’Amérique du Sud. Puis de ceux d’Amérique du Nord. Et jamais ils
ne se trompaient dans leur ordre d’entrée en scène. C’était grandiose.

 

Seuls, l’allumeur de l’unique réverbère du pôle Nord, et son confrère de l’unique réverbère du pôle Sud, menaient des vies d’oisiveté et de nonchalance:
ils travaillaient deux fois par an.

 

Chapitre 17 :
http://unpeudetao.unblog.fr/le-petit-prince-antoine-de-saint-exupery/chapitre-17/

 

 

Chapitre 17

Classé dans : — unpeudetao @ 6:11

 

 

Quand on veut faire de l’esprit, il arrive que l’on mente un peu. Je n’ai pas été très honnête en vous parlant des allumeurs de réverbères. Je risque de donner une fausse idée de notre planète à ceux qui ne la connaissent pas. Les hommes occupent très peu de place sur la terre. Si les deux milliards d’habitants qui peuplent la terre se tenaient debout et un peu serrés, comme pour un meeting, ils logeraient aisément sur une place publique de vingt milles de long sur vingt milles de large. On pourrait entasser l’humanité sur le moindre petit îlot du Pacifique.

 

Les grandes personnes, bien sûr, ne vous croiront pas. Elles s’imaginent tenir beaucoup de place. Elles se voient importantes comme des baobabs. Vous leur conseillerez donc de faire le calcul. Elles adorent les chiffres: ça leur plaira. Mais ne perdez pas votre temps à ce pensum. C’est inutile. Vous avez confiance en moi.

 

Le petit prince, une fois sur terre, fut donc bien surpris de ne voir personne. Il avait déjà peur de s’être trompé de planète, quand un anneau couleur de lune remua dans le sable.

 

- Bonne nuit, fit le petit prince à tout hasard.

 

- Bonne nuit, fit le serpent.

 

- Sur quelle planète suis-je tombé ? demanda le petit prince.

 

- Sur la Terre, en Afrique, répondit le serpent.

 

- Ah!… Il n’y a donc personne sur la Terre ?

 

- Ici c’est le désert. Il n’y a personne dans les déserts. La Terre est grande, dit le serpent.

 

Le petit prince s’assit sur une pierre et leva les yeux vers le ciel:

 

- Je me demande, dit-il, si les étoiles sont éclairées afin que chacun puisse un jour retrouver la sienne. Regarde ma planète. Elle est juste au-dessus de nous… Mais comme elle est loin !

 

- Elle est belle, dit le serpent. Que viens-tu faire ici ?

 

- J’ai des difficultés avec une fleur, dit le petit prince.

 

- Ah! fit le serpent.

 

Et ils se turent.

 

- Où sont les hommes ? reprit enfin le petit prince. On est un peu seul dans le désert…

 

- On est seul aussi chez les hommes, dit le serpent.

 

Le petit prince le regarda longtemps:

 

- Tu es une drôle de bête, lui dit-il enfin, mince comme un doigt…

 

- Mais je suis plus puissant que le doigt d’un roi, dit le serpent.

 

Le petit prince eut un sourire:

 

- Tu n’es pas bien puissant… tu n’as même pas de pattes… tu ne peux même pas voyager…

 

- Je puis t’emporter plus loin qu’un navire, dit le serpent.

 

Il s’enroula autour de la cheville du petit prince, comme un bracelet d’or:

 

- Celui que je touche, je le rends à la terre dont il est sorti, dit-il encore. Mais tu es pur et tu viens d’une étoile…

 

Le petit prince ne répondit rien.

 

- Tu me fais pitié, toi si faible, sur cette Terre de granit. Je puis t’aider un jour si tu regrettes trop ta planète. Je puis…

 

- Oh! J’ai très bien compris, fit le petit prince, mais pourquoi parles-tu toujours par énigmes ?

 

- Je les résous toutes, dit le serpent.

 

Et ils se turent.
Chapitre 18 :
http://unpeudetao.unblog.fr/le-petit-prince-antoine-de-saint-exupery/chapitre-18/

Chapitre 14

Classé dans : — unpeudetao @ 6:03

 

 

La cinquième planète était très curieuse. C’était la plus petite de toutes. Il y avait là juste assez de place pour loger un réverbère et un allumeur de réverbères. Le petit prince ne parvenait pas à s’expliquer à quoi pouvaient servir, quelque part dans le ciel, sur une planète sans maison, ni population, un réverbère et un allumeur de réverbères. Cependant il se dit en lui-même:

 

- Peut-être bien que cet homme est absurde. Cependant il est moins absurde que le roi, que le vaniteux, que le businessman et que le buveur. Au moins son travail a-t-il un sens. Quand il allume son réverbère, c’est comme s’il faisait naître une étoile de plus, ou une fleur. Quand il éteint son réverbère ça endort la fleur ou l’étoile. C’est une occupation très jolie. C’est véritablement utile puisque c’est joli.

 

Lorsqu’il aborda la planète il salua respectueusement l’allumeur:

 

- Bonjour. Pourquoi viens-tu d’éteindre ton réverbère ?

 

- C’est la consigne, répondit l’allumeur. Bonjour.

 

- Qu’est-ce que la consigne ?

 

- C’est d’éteindre mon réverbère. Bonsoir.

 

Et il le ralluma.

 

- Mais pourquoi viens-tu de le rallumer ?

 

- C’est la consigne, répondit l’allumeur.

 

- Je ne comprends pas, dit le petit prince.

 

- Il n’y a rien à comprendre, dit l’allumeur. La consigne c’est la consigne. Bonjour.

 

Et il éteignit son réverbère.

 

Puis il s’épongea le front avec un mouchoir à carreaux rouges.

 

- Je fais là un métier terrible. C’était raisonnable autrefois. J’éteignais le matin et j’allumais le soir. J’avais le reste du jour pour me reposer, et le reste de la nuit pour dormir…

 

- Et, depuis cette époque, la consigne a changé ?

 

- La consigne n’a pas changé, dit l’allumeur. C’est bien là le drame ! La planète d’année en année a tourné de plus en plus vite, et la consigne n’a pas changé !

 

- Alors? dit le petit prince.

 

- Alors maintenant qu’elle fait un tour par minute, je n’ai plus une seconde de repos. J’allume et j’éteins une fois par minute !

 

- Ça c’est drôle ! Les jours chez toi durent une minute !

 

- Ce n’est pas drôle du tout, dit l’allumeur. Ça fait déjà un mois que nous parlons ensemble.

 

- Un mois ?

 

- Oui. Trente minutes. Trente jours ! Bonsoir.

 

Et il ralluma son réverbère.

 

Le petit prince le regarda et il aima cet allumeur qui était tellement fidèle à la consigne. Il se souvint des couchers de soleil que lui-même allait autrefois chercher, en tirant sa chaise. Il voulut aider son ami:

 

- Tu sais… je connais un moyen de te reposer quand tu voudras…

 

- Je veux toujours, dit l’allumeur.

 

Car on peut être, à la fois, fidèle et paresseux.

 

Le petit prince poursuivit:
- Ta planète est tellement petite que tu en fais le tour en trois enjambées. Tu n’as qu’à marcher assez lentement pour rester toujours au soleil. Quand tu voudras te reposer tu marcheras… et le jour durera aussi longtemps que tu voudras.

 

- Ça ne m’avance pas à grand’chose, dit l’allumeur. Ce que j’aime dans la vie, c’est dormir.

 

- Ce n’est pas de chance, dit le petit prince.

 

- Ce n’est pas de chance, dit l’allumeur. Bonjour.

 

Et il éteignit son réverbère.

 

Celui-là, se dit le petit prince, tandis qu’il poursuivait plus loin son voyage, celui-là serait méprisé par tous les autres, par le roi, par le vaniteux, par le buveur, par le businessman. Cependant c’est le seul qui ne me paraisse pas ridicule. C’est, peut-être, parce qu’il s’occupe d’autre chose que de soi-même.

 

Il eut un soupir de regret et se dit encore:
- Celui-là est le seul dont j’eusse pu faire mon ami. Mais sa planète est vraiment trop petite. Il n’y a pas de place pour deux…

 

Ce que le petit prince n’osait pas s’avouer, c’est qu’il regrettait cette planète bénie à cause, surtout, des mille quatre cent quarante couchers de soleil par vingt-quatre heures !

 

Chapitre 15 :
http://unpeudetao.unblog.fr/le-petit-prince-antoine-de-saint-exupery/chapitre-15/
 

18 avril, 2010

Chapitre 03

Classé dans : — unpeudetao @ 1:34

 

 

Il me fallut longtemps pour comprendre d’où il venait. Le petit prince, qui me posait beaucoup de questions, ne semblait jamais entendre les miennes. Ce sont des mots prononcés par hasard qui, peu à peu, m’ont tout révélé. Ainsi, quand il aperçut pour la première fois mon avion (je ne dessinerai pas mon avion, c’est un dessin beaucoup trop compliqué pour moi) il me demanda:

 

- Qu’est ce que c’est que cette chose-là ?

 

- Ce n’est pas une chose. Ça vole. C’est un avion. C’est mon avion.

 

Et j’étais fier de lui apprendre que je volais. Alors il s’écria:

 

- Comment! tu es tombé du ciel !

 

- Oui, fis-je modestement.

 

- Ah! ça c’est drôle…

 

Et le petit prince eut un très joli éclat de rire qui m’irrita beaucoup. Je désire que l’on prenne mes malheurs au sérieux. Puis il ajouta:

 

- Alors, toi aussi tu viens du ciel ! De quelle planète es-tu ?

 

J’entrevis aussitôt une lueur, dans le mystère de sa présence, et j’interrogeai brusquement:

 

- Tu viens donc d’une autre planète ?

 

Mais il ne me répondit pas. Il hochait la tête doucement tout en regardant mon avion:

 

- C’est vrai que, là-dessus, tu ne peux pas venir de bien loin…

 

Et il s’enfonça dans une rêverie qui dura longtemps. Puis, sortant mon mouton de sa poche, il se plongea dans la contemplation de son trésor.

 

Vous imaginez combien j’avais pu être intrigué par cette demi-confidence sur « les autres planètes ». Je m’efforçai donc d’en savoir plus long:

 

- D’où viens-tu mon petit bonhomme ? Où est-ce « chez toi » ? Où veux-tu emporter mon mouton ?

 

Il me répondit après un silence méditatif:

 

- Ce qui est bien, avec la caisse que tu m’as donnée, c’est que, la nuit, ça lui servira de maison.

 

- Bien sûr. Et si tu es gentil, je te donnerai aussi une corde pour l’attacher pendant le jour. Et un piquet.

 

La proposition parut choquer le petit prince:

 

- L’attacher ? Quelle drôle d’idée !

 

- Mais si tu ne l’attaches pas, il ira n’importe où, et il se perdra…

 

Et mon ami eut un nouvel éclat de rire:

 

- Mais où veux-tu qu’il aille !

 

- N’importe où. Droit devant lui…

 

Alors le petit prince remarqua gravement:

 

- Ça ne fait rien, c’est tellement petit, chez moi !

 

Et, avec un peu de mélancolie, peut-être, il ajouta:

 

- Droit devant soi on ne peut pas aller bien loin…

 

Chapitre 04 :
http://unpeudetao.unblog.fr/le-petit-prince-antoine-de-saint-exupery/chapitre-04/
 

14 octobre, 2008

L’auteur et les souris, Jean-Pierre Claris de FLORIAN

Classé dans : — unpeudetao @ 7:06

Un auteur se plaignait que ses meilleurs écrits
Etaient rongés par les souris.
Il avait beau changer d’armoire,
Avoir tous les pièges à rats
Et de bons chats,
Rien n’y faisait : prose, vers, drame, histoire,
out était entamé ; les maudites souris
Ne respectaient pas plus un héros et sa gloire,
Ou le récit d’une victoire,
Qu’un petit bouquet à Chloris.
Notre homme au désespoir, et, l’on peut bien m’en croire,
Pour y mettre un auteur peu de chose suffit,
Jette un peu d’arsenic au fond de l’écritoire ;
Puis, dans sa colère, il écrit.
Comme il le prévoyait, les souris grignotèrent,
Et crevèrent.
C’est bien fait, direz-vous ; cet auteur eut raison.
je suis loin de le croire : il n’est point de volume
Qu’on n’ait mordu, mauvais ou bon ;
Et l’on déshonore sa plume
En la trempant dans du poison.

 

 

 

Jean-Pierre Claris de FLORIAN (1755-1794).

 

 

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