28 août, 2014

Solitude, Andrée PINCÉ

Classé dans : — unpeudetao @ 13:14

Debout sur le gibet, je te regarde, Foule ! Mains tendues, tordues de tous ceux Qui ne savent pas aimer, Aussi cruels et perfides que le fauve Dans sa tanière puante. Qu’il est clair le chemin des solitudes, Loin de vous ! Christ sanglant, livide, flagellé, Insulté, Les yeux clos sur ta douleur, Pâle figure d’Hostie, je te remercie. Je te remercie, Christ, de m’avoir donné La puissante carène de la mer Pour m’évader, La sauvage clameur du vent Descendu des cimes originelles Pour chanter, L’arbre pour appuyer mon front, Écorce amère, odeur de la terre Où je dormirai. Petite lune soyeuse, nénuphar Au jardin des étoiles, Blanches caravelles des nuages, Bruit sourd des coquillages Pétales de sable, Fleur éblouissante de la nuit Dans le silence aux gerbes de cristal, Loin des cris, loin des yeux de ceux Qui ne savent pas aimer Ni te regarder en face, soleil ! Ô Christ, Qu’elle est belle la douce rose Sur la branche posée, la rose Que tu m’as donnée.

 

Andrée PINCÉ (XXe siècle).

 

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