22 août, 2013

Sonnet, Auguste BLONDEL

Classé dans : — unpeudetao @ 18:45

Le laboureur prudent, au retour de l’automne,
Confie à ses sillons la graine de froment,
Quand même la forêt perd sa verte couronne,
Que l’hirondelle a fui vers un ciel plus clément.

 

Quand viendra le printemps, où tout rit et rayonne,
Il sait que de ce grain naîtra l’épi charmant :
Qu’importe de semer aujourd’hui tristement,
Pourvu que l’an prochain, en chantant, il moissonne !

 

Ainsi nos bien-aimés que la mort a fauchés,
Au cimetière, tous paisiblement couchés,
Attendent le signal de leur réveil étrange :
Alors tous les élus, la gloire sur le front,
De ce champ de repos au ciel s’élanceront :
Chaque tombe, d’un homme, aura su faire un ange !

 

Auguste BLONDEL (1854-1922), poète suisse.

 

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