11 mai, 2013

Sonnet, Gaston BOURGEOIS

Classé dans : — unpeudetao @ 14:47

Heureux celui qui peut, s’asseyant à la table,
Dire, en participant aux douceurs du festin :
« Je ne crains rien, Seigneur, et n’étant pas coupable,
D’un cœur pur et serein j’affronte mon destin.

 

« Je sais que ta colère est juste et redoutable
Mais je n’ai pas pris part au combat clandestin ;
J’ai construit sur le roc, j’ai prié sur le sable
Et ma maison s’élève au soleil du matin.

 

« J’ai célébré ta gloire et fleuri ton église,
J’ai refusé la haine et ma seule hantise
Fut de toujours chercher à respecter ta loi.

 

« De mes efforts jamais je ne fus économe,
Et le doute n’a pu s’élever jusqu’à moi
Dans un ciel insensible à la peine de l’homme. »

 

Gaston BOURGEOIS (1910-1988).

 

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