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7 février, 2017

Souvenir, Théodore MONOD

Classé dans : — unpeudetao @ 16:00

Le ciel était bleu, la mer était haute.

Les flots blanchissaient autour des écueils…

Au fond de la fosse étaient deux cercueils,

Deux cercueils d’enfant, couchés côte à côte.

Et l’on se disait, en baissant la voix :

« Des pauvres parents l’épreuve est cruelle !

« Le voir s’en aller en même temps qu’elle !

« Elle avait un an, il en avait trois. »

Lentement la foule, après la prière,

Pour l’adieu suprême enfin s’ébranla…

Le cœur se serrait de les laisser là,

De les laisser seuls dans le cimetière.

Mais, comme un sourire au milieu des pleurs.

Comme dans la nuit l’aurore vermeille,

Voici qu’on nous offre, à pleine corbeille,

Tout ce qu’un printemps peut donner de fleurs.

Et chacun, penché sur la tombe ouverte,

Y jette à son tour son frêle trésor :

Une rose pâle, – une étoile d’or, –

Des myosotis, – une branche verte ;

Plus blanc que les flots autour des écueils,

Le lis embaumé suivait la pervenche…

Lorsque s’arrêta la douce avalanche,

On ne voyait plus les petits cercueils.

Le ciel était bleu, la mer était haute,

Les oiseaux chantaient sous le soleil clair,

Et nous entendions chuchoter dans l’air

Deux âmes d’enfant, volant côte à côte.

Théodore MONOD (1836-1921).

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