21 octobre, 2017

Stella, F.-E. ADAM

Classé dans : — unpeudetao @ 21:04

(À N. B).

Hier au soir, à l’heure où tu devais dormir, je rêvais à ma fenêtre, les yeux levés au ciel ; j’aperçus une étoile au-dessus de ta demeure… je regardais l’étoile, mais je pensais à toi !

Étoile aux feux si doux, perle de la couronne

De l’Éternel,

Brillant flambeau des nuits, bel astre qui rayonne

Au front du ciel !

Où vas-tu ? d’où viens-tu ? quelle est ta destinée ?

Du Créateur

Serais-tu le séjour ? de l’âme infortunée

Es-tu la sœur ?

Entends-tu les soupirs que la douleur exhale

Dans le secret,

Et d’un premier amour la plainte virginale,

Témoin discret ?

Ton rayon descend-il pour calmer la souffrance,

Quand fuit le jour ?

Riante étoile, es-tu l’astre de l’espérance

Ou de l’amour ?

N’as-tu pas vu, dis-moi, dans ta course rapide

Au firmament,

Une vierge au front pur, au sourire timide,

Frais et charmant ?

Quand tu la vois, le soir, pensive et solitaire,

Baisser les yeux,

C’est elle ! oh ! verse-lui ta tremblante lumière

Du haut des cieux !

Si parfois en secret elle répand des larmes,

Glisse en son cœur,

Dis-lui qu’en cette vie on peut trouver des charmes

Et du bonheur !

Dis-lui qu’il ne faut pas être seul en ce monde

Pour être heureux,

Qu’il nous faut ici-bas une âme qui réponde

À tous nos vœux !

Fais entendre à son cœur ta céleste parole :

Tu dois savoir

Sans doute plus d’un mot qui plaît et qui console,

Doux mot d’espoir,

Qui fait chanter soudain la lèvre qui soupire

Sur ses douleurs,

Et qui sait faire éclore un pur et frais sourire

Au sein des pleurs !

Descends et viens près d’elle, et dis-lui, quand sa bouche

Aura gémi,

Qu’à l’âme qui repose, il ne faut d’autre couche

Qu’un sein ami !

Si tu la vois, hélas ! qui pleure avec mystère

En son séjour,

Dis-lui que le bonheur sur cette pauvre terre

Est dans l’amour !

Et quand son œil alors, souriant d’espérance,

Se fermera,

Ton rayon bien-aimé sur son front en silence

Se posera.

Comme un ange gardien tu veilleras sur elle

Dans son sommeil,

Et pour la protéger tu déploieras ton aile,

Astre vermeil !…

Va donc, rayon divin, et reste en sa demeure

Jusques au jour ;

Porte-lui les soupirs de mon âme qui pleure

Et mon amour !

F.-E. ADAM (XIXe siècle).

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