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6 avril, 2012

Sur la hauteur, Johan Ludvig RUNEBERG (Conte)

Classé dans : — unpeudetao @ 12:27

 

Sur la hauteur, dans la lande de Saarijärvi – Pavo avait sa terre où il gelait tôt. – Le travail était dur mais il avait des bras robustes. Et il attendait la récolte du Seigneur. C’est là qu’il vivait avec femme et enfants – Partageant son pauvre pain durement gagné. Creusant des fossés, labourant et semant.

 

Quand vint le printemps et la fonte des neiges. Les eaux emportèrent la moitié du blé vert.
Puis ce fut l’été : des averses de grêle Détruisirent la moitié des épis.
Enfin vint l’automne : le gel prit le reste.

 

La femme de Pavo se lamenta, disant :
« Pavo, tu es né pour le malheur ! Partons sur les chemins, le Seigneur nous a abandonnés. Il vaut mieux mendier que mourir de faim. »
Alors Pavo prenant la main de sa femme dit :
« Le Seigneurne nous abandonne pas. Il nous éprouve seulement. Mélange d’écorce le pain désormais. Moi je creuserai deux fois plus de fossés et j’attendrai la récolte du Seigneur. »
La femme fit un pain moitié d’écorce. Et Pavo creusa double de fossés. – Il vendit ses moutons pour du seigle qu’il sema.

 

Quand vint le printemps et la fonte des neiges. Les eaux n’emportèrent point le blé vert.
Puis ce fut l’été : des averses de grêle Détruisirent la moitié des épis.
Enfin vint l’automne : le gel prit le reste.

 

La femme de Pavo, se frappant la poitrine, dit :
« Pavo, tu es né pour le malheur ! Il faut mourir, le Seigneur nous a abandonnés. Il est dur de mourir, mais vivre est pire encore. »
Alors Pavo, prenant la main de sa femme, dit :
« Le Seigneur ne nous abandonne pas. Il nous éprouve seulement ; mets le double d’écorce dans le pain ; je creuserai des fossés deux fois plus grands. Et j’attendrai la récolte du Seigneur. »
La femme mit double d’écorce dans le pain et Pavo creusa des fossés deux fois plus grands. Il vendit ses vaches pour du seigle qu’il sema.

 

Quand vint le printemps et la fonte des neiges. Les eaux n’emportèrent point le blé vert.
Puis ce fut l’été : les averses de grêle ne brisèrent pas un seul épi.
Enfin vint l’automne, avec ses gelées : Elles n’approchèrent point du champ de Pavo qui resta doré ; et le moissonneur s’agenouilla alors disant :
« Le Seigneur éprouve les hommes mais Il ne les abandonne pas. »
Sa femme s’agenouilla aussi et dit :
« Le Seigneur éprouve les hommes mais ne les abandonne pas. »
Joyeuse alors s’adressant à Pavo, elle dit :
« Pavo, prends ta faucille dans la joie. Voici venus les jours heureux. Nous aurons enfin du pain de vrai seigle. »
Pavo prit la main de sa femme et dit :
« Femme, celui qui traverse l’épreuve n’abandonne pas son prochain dans la misère. Mélange moitié d’écorce notre pain car le champ du voisin est gelé. »

 

Johan Ludvig RUNEBERG (1804-1877), poète finlandais de langue suédoise.

 

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