• Accueil
  • > Toujours aimer, Clara FRANCIA-MOLLARD

20 avril, 2012

Toujours aimer, Clara FRANCIA-MOLLARD

Classé dans : — unpeudetao @ 18:16

 

Quand nous sentons en nous une peine secrète
Qui nous brûle le coeur et nous ôte la voix ;
Quand nous sentons pencher notre front de poète,
Et que nul ne nous dit : Courage, je te vois ;
Je suis là pour veiller, la nuit, si tu reposes
Et pour te faire un lac où tu puisses ramer ;
Je suis là pour sécher tes larmes sous des roses
               Je suis toujours là pour t’aimer !

 

Alors on se refait une vie, un espace ;
On se pose debout devant l’homme et le temps,
Et l’on rit de l’amour et du soleil qui passe,
Et l’on brave la mort, comme à ses premiers ans,
Et l’on se fait impie, et l’on rêve un supplice ;
On insulte la croix où Christ a trépassé ;
Ou ne croit plus au miel du divin sacrifice,
               Quand le calice est renversé !

 

Alors nous n’avons plus rien de saint, rien de chaste ;
Plus de frais avenir qui nous fasse penser ;
Plus de perle à trouver dans la mer bleue et vaste ;
Plus de fleurs à cueillir quand le jour va passer ;
Plus de nid à garder quand la mère le laisse
Pour chercher le brin d’herbe ou l’épi dans les champs ;
Plus d’étoiles à suivre au ciel qui nous délaisse ;
               Plus de larmes dans de doux chants !

 

Alors nous n’avons plus de ces choses divines
D’où s’échappe un parfum qui vous fait tout amour.
Alors nos pieds errants saignent dans les épines,
Et le mal loin du bien nous pousse sans retour.
On marche sans croyance, hélas ! et l’on dévie ;
Notre âme est sans prière à l’heure de la mort ;
Pour nous ouvrir les cieux quand nous quittons la vie,
               Nous n’avons pas même un remord !

 

Mon Dieu ! mon Dieu ! pourquoi me laissez-vous sans cesse
Me nourrir d’un amour qu’il ne comprendra pas ?
Le coeur se fait méchant, ici, dans sa faiblesse ;
Éloignez la douleur qui s’attache à mes pas ;
Purifiez mes jours au feu de vos lumières,
Je ne veux plus aimer que vous seul aujourd’hui ;
Je vous rendrai, mon Dieu ! dans mes humbles prières
               Tout l’amour que j’avais pour lui.

 

Clara FRANCIA-MOLLARD (1804-1843).

 

*****************************************************

 

 

Laisser un commentaire

Ilona, Mahée et Mila. |
Amour, Beauté, Paroles, Mots. |
Les Ailes du Temps |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | David Besschops
| professeur.de.français
| billierose