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4 février, 2012

Trois conseils (Conte soufi)

Classé dans : — unpeudetao @ 10:26

    
     Un homme attrapa un oiseau. « Captif, je ne te serai d’aucune utilité, dit l’oiseau. Rends-moi ma liberté : je te donnerai trois bons conseils. »
     L’oiseau promit de lui donner le premier conseil alors qu’il serait encore entre ses mains, le deuxième lorsqu’il se serait posé sur la branche d’un arbre, le troisième après qu’il aurait atteint le sommet d’une colline.
     L’homme accepta et attendit le premier conseil.
     L’oiseau lui dit :
     « Si tu perds quelque chose, même si tu y tiens comme à ta propre vie, ne regrette pas de l’avoir perdu. »
     L’homme laissa partir l’oiseau, qui vint se percher sur une branche, d’où il donna le deuxième conseil :
     « Ne crois jamais rien qui soit contraire au bon sens, sans preuves. »
     Puis l’oiseau vola jusqu’au sommet d’une colline toute proche, d’où il cria :
     « Ô malchanceux ! mon corps renferme deux énormes joyaux. Si tu m’avais tué, ils t’appartiendraient ! »
     L’homme fut très contrarié à l’idée d’avoir perdu pareil trésor.
     « Eh bien, donne-moi au moins le troisième conseil ! dit-il à l’oiseau.
     – Ce que tu peux être idiot ! répondit celui-ci. Tu me demandes encore un conseil alors que tu n’as pas prêté attention aux deux premiers ! Je t’ai dit de ne pas te tourmenter si tu perds quelque chose, et de ne pas ajouter foi à ce qui est contraire au bon sens. Or tu ajoutes foi à une affirmation ridicule, et tu te désoles d’avoir perdu quelque chose ! Je ne suis pas assez gros pour contenir deux énormes joyaux.
     « Tu es un idiot : tu resteras enfermé dans les limites imposées à l’homme ordinaire. »

 

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Une réponse à “Trois conseils (Conte soufi)”

  1. unpeudetao dit :

    Dans les groupes derviches, on considère ce conte comme très important en ce qu’il « sensibilise » l’esprit de l’élève et le prépare ainsi à des expériences qui ne peuvent être suscitées par les méthodes ordinaires.
    Il est d’usage courant chez les soufis. On le trouve dans le Mathnavi de Rumi et dans Le Livre divin d’Attar, un des maîtres de Rumi. Ils vivaient l’un et l’autre au XIIIe siècle.

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