13 janvier, 2016

Un soir, Fernand FLEURET

Classé dans : — unpeudetao @ 9:14

La fanfare des cors rend son âme légère,

Et le soir se recueille en l’église des bois ;

Car au ciel qui se fane, à d’invisibles doigts,

Tremble l’hostie lunaire.

 

– Seigneur, dieu du Silence auguste et de la Nuit,

Sanctifiez les fleurs qui meurent embaumées,

Et les vieilles maisons, expirantes aussi,

Qui râlent leurs fumées.

 

Seigneur, acceptez l’âme humide de sanglots

Des grands parcs éplorés et des forêts d’automne ;

Seigneur, bénissez la louange monotone

Qui monte des jets d’eau.

 

S’il est, par ce beau soir, une humble destinée

Qu’il vous faille choisir pour en orner les cieux,

Au moins qu’indolemment la mort lui soit donnée,

En souffle sur les yeux ;

 

Que son cœur ait la paix de l’abside fermée

Qui vous priait encor tantôt, depuis mille ans ;

Et que le sol lui soit moins lourd que les buées

Que voici sur les champs.

 

Fernand FLEURET (1884-1945).

 

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