12 septembre, 2010

Une lumière, Byron

Classé dans : — unpeudetao @ 19:49

Une lumière

 

Une lumière illumina mon âme,
C’était le chant d’un oiseau ;
Il cessa, puis vint à nouveau :
Jamais oreille n’entendit chant plus suave.
La mienne fut reconnaissante, au point
Que mes yeux fondirent de joyeuse surprise,
Et ne virent plus, un instant,
Que j’étais compagnon de Misère.
Puis, par tristes degrés, revinrent
Mes sens au sillon coutumier ;
Je vis les murs et le pavé de ma prison
Se fermer lentement sur moi, comme avant.
Je vis les taches de soleil
Ramper, comme elles venaient de faire.
Mais au bord de la fente où il était venu,
L’oiseau restait perché, aussi doux et confiant,
Plus confiant même que sur l’arbre,
Un bel oiseau aux ailes bleues
Dont le chant disait mille choses
Et ne les disait que pour moi !
Je n’ai jamais vu son pareil,
Et ne le reverrai jamais :
Il semblait, comme moi, manquer d’un compagnon,
Mais paraissait moins affligé,
Et il était venu m’aimer
Quand nul ne vivait plus pour m’aimer de la sorte,
Et, joyeux, du bord du gouffre du cachot,
Il m’avait ramené au sentiment, à la conscience.
Je ne sais pas s’il était libre
Ou s’il avait brisé sa cage
Pour se percher sur la mienne,
Mais connaissant captivité, mon doux oiseau,
Je ne te la souhaitais pas !
Ou s’il était, avec ses ailes, un envoyé du Paradis..

 

Byron (Angleterre, 1788 1824).
« Une lumière », dans Le Prisonnier de Chillon, 1816, Traduit par Jean-Pierre Darmon.

 

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