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11 juillet, 2015

Une mère au tombeau de son enfant, Jules SAUZET

Classé dans : — unpeudetao @ 9:28

Sous les cyprès du cimetière Combien de fois ai-je pu voir, À genoux sur la froide pierre, Une femme en long manteau noir ? D’un jeune enfant, tendre espérance ! Elle pleurait le prompt départ ; De son pauvre cœur, la souffrance Était peinte dans son regard. De ses yeux tout remplis de larmes, Hélas ! elle épanchait les flots ; Au ciel redisait ses alarmes Par des soupirs et des sanglots.. Mais bientôt son âme abattue Éprouvait du soulagement, Car son œil par-delà la nue Voyait son fils, assurément ! Son âme alors quittait la terre Pour la cité du Tout-Puissant ; Et la fidèle et tendre mère Conversait avec son enfant.. De sa voix plaintive et sonore, Ainsi qu’aux jours de son bonheur, Elle lui témoignait encore L’amour qui remplissait son cœur. Mon cher enfant, lui disait-elle, Chantes-tu dans le beau séjour, Où de Dieu la gloire éternelle Doit inspirer des chants d’amour ? Sens-tu le doux parfum des roses Qui fleurissent sur ton tombeau, Lorsque ton œil en voit d’écloses Sous les rayons d’un jour nouveau ? Dis, te souviens-tu de ta mère ?.. L’entends-tu pleurer et gémir Quand, seule, à genoux sur la pierre, Elle cherche ton souvenir ?.. Quittes-tu parfois ta demeure Pour venir à notre foyer, Lorsque l’aiguille a marqué l’heure Où la famille va prier ? Veilles-tu pendant la nuit sombre Près de nous quand nous reposons ? Et le jour, te tiens-tu dans l’ombre Contemplant ce que nous faisons ? Peux-tu souffrir de nos misères, Et t’affliger de nos douleurs ? Peux-tu t’unir à nos prières, Mêler tes pleurs avec nos pleurs ?.. Non, nul ne peut verser des larmes Dans le séjour des bienheureux : L’agneau de Dieu fait tous leurs charmes, Son amour comble tous leurs vœux !.. Jamais les soucis de la terre Ne compromettent leur bonheur ; Une béatitude entière En tout temps remplit chaque cœur !.. Si tu savais combien j’aspire, Hélas ! au bonheur éternel, Et combien mon âme soupire. Après les demeures du ciel ! Tu comprendrais pourquoi ta mère Vient pleurer ici chaque soir, Et dire en sa douleur amère : Adieu, cher enfant, au revoir !.. Au revoir ! la douce parole ! Elle fait tressaillir mon cœur ; Elle me calme et me console ; Elle me fait croire au bonheur !.. Au revoir, fils de ma tendresse, Qui, quoiqu’absent, fais mon espoir ; Auprès de toi plus de tristesse ! Adieu, mon enfant !.. Au revoir !.. Déjà la nuit couvrait de voiles Le paisible séjour des morts ; Aux cieux brillaient quelques étoiles, Les oiseaux chantaient leurs accords. La mère en deuil, vers sa demeure, Se retirait à pas pressés, Craignant d’avoir dépassé l’heure En donnant cours à ses pensers.

 

Jules SAUZET (XIXe siècle).

 

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