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5 mai, 2012

Yusuf, fils de Hayula (Conte soufi)

Classé dans : — unpeudetao @ 17:17

 

      Des soldats, accompagnés d’un juriste, se présentèrent un soir chez Yusuf.
      « Les œuvres d’Ibn el-Arabi, dirent-ils, ont été aujourd’hui livrées aux flammes dans toute l’Andalousie. Tu es réputé étudier la sagesse orientale (le soufisme). Il nous faut te traduire en justice.
      – De quel droit ? s’enquit Yusuf.
      – Notre droit, c’est celui du faquih Ibrahim, le savant-juriste qui est là, devant toi.
      – La culpabilité par association n’est reconnue ni par la justice de Dieu ni par celle des hommes, dit Yusuf à Ibrahim. J’étudie la « sagesse orientale », certes, mais tu ne peux pas dire que je la pratique.
      – Tu as écrit trois traités sur le sujet, dit Ibrahim, et tes œuvres sont étudiées par des jeunes gens, indifférents à cause de cela à des sources plus autorisées.
      – La loi permet à quiconque d’étudier et de citer, elle ne stipule pas qu’un étudiant est un praticien par définition, dit Yusuf.
      – Nies-tu que tu pratiques le soufisme ? insista Ibrahim.
      – Si tu me fais passer en jugement, je nie que tu puisses échapper au ridicule. Quand Aristote a écrit sur les minéraux, ses concitoyens ne l’ont pas accusé d’être un minéral. Si aujourd’hui nous en sommes là, alors il est temps de revenir à la situation antérieure.
      – Ils ne pouvaient pas interroger les minéraux, reprit Ibrahim.
      – Ils ne connaissaient pas la méthode.
      – Tu es fou !
      – Si je suis fou, je suis sous la protection de la loi : il est interdit de persécuter ceux qui ont perdu la raison. Les fous sont sous la protection de Dieu, car ils n’ont pas d’autre protecteur naturel, et l’État doit protéger ceux qui sont sous la protection de Dieu. »

 

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2 réponses à “Yusuf, fils de Hayula (Conte soufi)”

  1. unpeudetao dit :

    Pourquoi laisses-tu les autres faire ce qui devrait être ta tâche ?
    Et pourquoi, étant si paresseux, déprécies-tu leur travail ?
    Anwar-i-Suhaili.

  2. unpeudetao dit :

    Le temps a apporté mille impressions. Je n’en avais vu aucune dans le miroir de l’imagination.
    Anwar-i-Suhaili.

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