9 septembre, 2011

Les oreilles du Lièvre, Jean de LA FONTAINE

Classé dans : — unpeudetao @ 10:41

Un animal cornu blessa de quelques coups
            Le lion, qui plein de courroux,
            Pour ne plus tomber en la peine,
            Bannit des lieux de son domaine
Toute bête portant des cornes à son front.
Chèvres, Béliers, Taureaux aussitôt délogèrent,
            Daims et Cerfs de climat changèrent ;
            Chacun à s’en aller fut prompt.
Un lièvre, apercevant l’ombre de ses oreilles,
            Craignit que quelque Inquisiteur
N’allât interpréter à cornes leur longueur,
Ne les soutînt en tout à des cornes pareilles.
Adieu, voisin grillon, dit-il, je pars d’ici.
Mes oreilles enfin seraient cornes aussi ;
Et quand je les aurais plus courtes qu’une Autruche,
Je craindrais même encor. Le Grillon repartit :        Cornes cela ? Vous me prenez pour cruche ;
            Ce sont oreilles que Dieu fit.
            On les fera passer pour cornes,
Dit l’animal craintif, et cornes de Licornes.
J’aurai beau protester ;  mon dire et mes raisons ; Iront aux Petites-Maisons.

 

Jean de LA FONTAINE (1621-1695).

 

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Une réponse à “Les oreilles du Lièvre, Jean de LA FONTAINE”

  1. unpeudetao dit :

    « J’aurai beau protester ; mon dire et mes raisons ; Iront aux Petites-Maisons. »
    - Petites-Maisons : hôpital réservé aux malades mentaux.

    Celui qui doit passer sa vie sous un tyran, est souvent condamné comme coupable, même s’il est innocent.
    Molière dira dans Les femmes savantes : » Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage « . Cet état de terreur tyrannique existait au XVIIe siècle. Il existe encore à notre époque dans plusieurs pays du monde, hélas ! La fable est toujours actuelle.

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